"La plupart des filles domestiques sont en réalité des victimes de trafic d'enfant", Paul Kabré, Directeur de la protection contre les violations des droits humains au MJDHPC

Partager ce contenu

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to Twitter

 

La Gendarmerie a intercepté il y a quelques jours, un car transportant des enfants en partance pour le Mali. Que prévoit la législation dans une telle situation qui s'apparente fort bien à un trafic d'enfant ? Voici les explications du directeur de la protection contre les violations des droits humains, Paul Kabré.

.

Queen Mafa : Dans quel contexte la loi La Loi n°011 2014 du 17 avril 2014 se situe-t-elle ?

Paul Kabré: Le Burkina Faso a ratifié d’importantes conventions relatives au droit de l’enfant et surtout son protocole relatif à la vente d’enfants, à la pornographie, la prostitution des enfants, ratifié le 31 mars 2006. Ces deux instruments nous obligent à prendre des dispositions législatives, administratives et judiciaires pour éviter que les enfants ne soient soumis à des exploitations notamment sexuelles et économiques. C’est dans cet objectif, combiné avec les recommandations de l’examen public et universel que nous avons voté la loi n°11 du 17 avril 2014 portant répression de la vente d’enfants, de la pornographie et de la prostitution des enfants.

 

Quelle est l’importance de cette loi pour la protection des enfants ?

Cette loi est venue renforcer le cadre institutionnel burkinabé, c’est pour pouvoir réprimer les personnes qui abusent des enfants notamment dans la sexualité, dans le travail domestique etc.

QM : Quelle est l’ampleur de ce phénomène au Burkina Faso ?

 L’ampleur est énorme. Il vous suffit de faire le tour dans la ville de Ouagadougou à partir de 22h, parmi les filles prostituées au bord de la route il y a des enfants. Il vous suffit également de faire le tour au niveau des domiciles, il y a des enfants qui travaillent sous le vocable de bonnes ou filles domestiques. Mais quand on regarde au fond ce sont des transactions et le revenu qu’on leur verse n’est pas suffisant, n’est pas légal et est reversé à leurs parents qui sont restés au village. Et ce sont les parents qui profitent du travail de ces enfants et là, c’est la vente d’enfants.

 

Quelles sont les mesures prises pour l’application de la loi ?

Quiconque abuse d’un enfant sexuellement est puni d’une peine privative de liberté qui peut aller de 5 ans minimum à la peine à vie, lorsque la personne décède des suites d’abus que ça soit économique ou sexuel. Est enfant est toute personne âgée de moins de 18 ans. Au niveau des juridictions on a déjà connu ces cas et des personnes ont été sanctionnées.

 

Comment se fait la réinsertion sociale des enfants victimes de ces pratiques ?

Pour la réinsertion sociale de ces enfants, nous sommes en train de mettre en place des centres dans le cadre de l’application de la loi n°15 du 13 mai 2014, relatif à l’enfant en danger pour tous les enfants. La meilleure des mesures est de les remettre à leurs parents. Mais, si les parents sont faillibles ou ne sont pas en mesure d’assumer leurs responsabilités, il y a des centres qui existent pour les enfants qui sont en conflit avec la loi. On a inauguré un centre à koumi dans la région des Hauts Bassins et nous sommes en train d’étendre à d’autres régions. Même les enfants de la rue ont besoin d’une protection dans le cadre de cette loi. La difficulté est qu’au niveau de ces enfants, on ne sait pas ou les mettre. La mesure prioritaire est de les remettre à leurs parents sinon dans le cas échéant c’est de les prendre en charge au niveau de ces centres.

                                                                                                             Assétou W. Maiga

                                                                                                             Madeleine Kienou

Partager ce contenu

Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to Twitter

Envoyer a un(e) ami(e)/Imprimer

comment1

  • Assétou DABIRE

    Assétou DABIRE

    13/03/2017

    Il faut que les gouvernants songent à ce que le Burkina ratifie la Convention 189 sur le travail décent pour les travailleurs et travailleuses domestiques. Cet instrument juridique permettra de diminuer l'exploitation de cette couche sociale.

POSTER UN COMMENTAIRE

Nos Contacts

03 BP 7162 OUAGA 03

Télephone      : +226 25 40 84 76

Mobile            : +226 70 09 74 21

                     : +226 70 69 08 70

Email : info@queenmafa.net

 

 

Newsletter

Abonnez-vous à la lettre d'information de QUEENMAFA
captcha