Dans le cadre de la célébration de ses 25 de carrière, Korotimi Dao dit Koro Dk a organisé un panel, ce jeudi 27 novembre 2025 à Ouagadougou. Les costumes dans le domaine du cinéma, l’identité textile et le parcours de Koro DK ont été abordé au cours des échanges.
Avec un présidium composé de Pathé’O Ouédraogo, Apolline Traoré, Francois 1er Yaméogo et Koro DK, ils ont développé à tour de rôle, différents thèmes sur la mode.
Le premier panel animé par Apolline Traoré s’est tenue sous le thème « Quand le costume devient récit : la mode comme langage cinématographique ».
« On ne peut pas dissocier la mode du cinéma », a déclaré Apolline Traoré, dès l’entame de son intervention avant de définir le cinéma, comme une ouverture, une vue de la société.
Selon elle, en représentant la société, les acteurs qui délivrent les histoires que nous avons sont habillés par rapport à la société dans laquelle nous vivons.
« Ça peut être des films d’époque tout comme des films d’autres genres où l’histoire et le costume doivent marcher ensemble », a-t-elle précisé.
Apolline Traoré a laissé entendre que les costumes que l’on voit dans les films sont très importants même si dans d’autres films, on constate une certaine négligence.

« Sur plusieurs plateaux où j’ai assisté à des tournages, les réalisateurs disent malheureusement aux comédiens d’amener leurs propres habits. Ce qui est catastrophique parce que l’écriture d’une histoire, d’un récit, ce que vous voulez représenter à l’écran, ne va pas seulement sur le choix des acteurs, ni sur le choix des décors. Mais aussi, sur le choix des costumes », a déploré Apolline Traoré.
Donc, le costume représente le caractère de la personne, son état d’âme ainsi que la raison pour laquelle, elle est habillée de cette manière, y compris son rang. L’habillement montre tous ces aspects dans un film.
A l’en croire, ce sont des choses à ne pas négliger même si les réalisatrices et réalisateurs ont du mal à aller très souvent, vers les grands stylistes. Une difficulté, qu’elle renvoie au mode de tournage, qui ne sied pas forcément avec de nombreux stylistes.
« Vous savez, quand on tourne un film, on ne le fait pas de façon linéaire. Ça ne se fait pas du début, milieu et fin. Nous le faisons de scène en scène. Peut-être qu’on commence à la fin, on revient au début. Ou du milieu, on revient au début, etc. Il y a aussi une technique de dépouillement que, si le styliste n’est pas souvent ancré dans le cinéma, il a du mal à comprendre comment faire ce dépouillement », a-t-elle déclaré.
Apolline Traoré souligne également le manque de temps au niveau des stylistes notamment le fait de passer un mois, deux mois, trois mois voire plus, sur un plateau de tournage.
« Quand j’étais dans le désert, Papa Pathé’O, vous n’allez pas me suivre pour aller dans le désert quand-même », a ironisé Apolline Traoré.
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François 1er Yaméogo, pour sa part, a développé ce thème « De l’identité textile à l’innovation stylistique : la mode au carrefour d’histoire et de la modernité ». La mode burkinabé, selon François 1er est née de la matière première qui est le coton.
Tout tourne, a déclaré François 1er, autour du Faso Dan Fani, qui est le coton burkinabè et la couture vient après.
Selon le panéliste, la mode burkinabé est mélangé entre traditions et modernité. « C’est au moment de l’indépendance dans les années 60 qu’on a essayé d’aller un peu plus, vers le côté modernité », a-t-il déclaré.

A l’en croire, quand on rentre dans la mode burkinabé, chaque peuple, chaque région, avait sa manière de s’habiller ainsi que ses matières premières qui convenaient à tous. Afin de permettre de mieux comprendre ses déclarations, François 1er a pris l’exemple des peuples mossi et dagara qui utilisaient respectivement le benda et les boubous.
« C’est un caleçon qu’on attache avec le tapis long ou un petit haut avec une culotte qu’on appelle toblondji », a-t-il précisé.
Pendant ce temps, les dagara, a-t-il poursuivi, avaient leurs boubous qui ressemblent un peu, aux boubous ghanéens.
C’est alors, après les années 60, avec l’indépendance, qu’on a essayé d’adapter le Faso Dan Fani à la mode contemporaine. Un exploit selon lui, qui remonte dans les années 1983 – 1987, que l’on doit au feu Capitaine Thomas Sankara.
« C’est Thomas Sankara qui nous a décomplexés, qui nous a montrés qu’avec cette matière, nous pouvions faire des vêtements portables et tradi-modernes », a confié le styliste François 1er Yaméogo.
Abdoulaye Ouédraogo/Queenmafa.net









