Le cabinet Wassa Miria, en collaboration avec Queen Mafa et Perspectives, a organisé un webinaire ce 28 novembre 2025. Cette rencontre a réuni plusieurs spécialistes de la santé et du développement de l’enfant. L’objectif a été d’analyser l’impact des écrans sur les enfants et adolescents et de fournir des recommandations concrètes pour les parents.
Pendant plus d’une heure, le pédiatre Dr Fousséni Dao, le neuropsychologue Achille Lankouandé, la thérapeute familiale Laurence Tyano et la psychologue clinicienne Yvonne Ouattara ont dressé un tableau précis des dangers liés à l’usage excessif des écrans. Mais aussi, des pistes d’accompagnement adaptées à chaque âge.
Au début des échanges, le Dr Dao a insisté sur un point essentiel. Le sommeil est la première victime de l’exposition aux écrans. La lumière bleue émise par les téléphones, tablettes ou téléviseurs perturbe la sécrétion de mélatonine qui est une hormone régulant le cycle veille et sommeil.
Par conséquent, il y a un retard d’endormissement, des insomnies, une fatigue chronique, une baisse de la concentration et des capacités d’apprentissage. « Ce que vit un adulte après une mauvaise nuit, un enfant le ressent de façon multiplier car son cerveau est en plein développement », a souligné le pédiatre.
La seconde alerte est l’inactivité liée au temps d’écran. Scotchés à leurs téléphones ou devant les vidéos, les jeunes bougent moins et grignotent davantage. Selon Dr Dao, c’est un « facteur propice pour le surpoids, l’obésité infantile, l’hypertension, le diabète et à long terme, les maladies cardiovasculaires.
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Des symptômes oculaires
Avec l’augmentation du temps d’écran vient une nouvelle pathologie courante chez les jeunes. Il s’agit du syndrome de la vision numérique. Il cause les yeux rouges, des picotements, des maux de tête, une vision floue et une fatigue oculaire.
« L’exposition prolongée fragilise des yeux encore immatures », rappelle le spécialiste.
L’autre conséquence non moins négligeable est le retard de langage, les troubles moteurs et des difficultés d’apprentissage. Dans la communication du neuropsychologue Achille Lankouandé, donnée par Yvonne Ouattara, l’accent a été mis sur cet impact majeur. L’on retient que les écrans freinent le développement du langage et des compétences motrices. L’enfant a besoin d’interactions humaines, de manipuler, d’explorer. Devant un écran, il est passif et cela entraîne un retard de langage, une faible motricité, des troubles de l’attention, une mauvaise mémoire de travail et des difficultés scolaires.
« L’enfant apprend en jouant et en imitant. Face à un écran, il ne joue plus et il imite moins », a-t-elle expliqué.
Également, les professionnelles ont aussi insisté sur l’impact socio-affectif que sont la perte d’empathie, les difficultés à interagir, l’agressivité et l’isolement. Certaines situations peuvent même imiter des symptômes proches de l’autisme, un phénomène appelé autisme électronique.
Toutefois, les spécialistes se sont montrés clairs. L’écran ne provoque pas l’autisme, mais une exposition excessive peut créer des troubles qui y ressemblent.
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Des recommandations fortes : encadrer, limiter et accompagner
Les spécialistes ont rappelé les recommandations internationales.
De 0 à 2 ans : zéro écran. Le cerveau est trop immature. L’exposition est « extrêmement nocive » ;
De 2 à 5 ans : maximum 1 heure par jour avec présence obligatoire d’un adulte et contenus éducatifs,
Après 6 ans : introduction progressive et accompagnée ;
Les activités numériques doivent être équilibrées avec des interactions sociales, des jeux physiques, des activités créatives et du temps en plein air.
Pour les adolescents, il faut limiter l’exposition nocturne en ce sens qu’il faut éviter absolument, les écrans dans le lit ou dans le noir.
Pour les adultes, pas plus de 2 h d’écran.
Fabrice Sandwidi/Queenmafa.net







