Le 1er septembre 2009, Ouagadougou a connu une pluie entraînant des inondations dans la ville. Une pluie estimée entre 260 à 300 millimètres d’eau est tombée en quelques heures. Plusieurs quartiers ont été touchés avec des dizaines de morts et de milliers de sinistrés, enregistrés. 1er septembre 2026. 17 ans après cette inondation, les souvenirs de cette journée restent encore présents dans les esprits. Maisons détruites, véhicules emportés, routes impraticables, pertes innombrables, des décès… Nous avons sillonné la ville pour recueillir la parole de quelques citoyens qui ont vécu cette situation.
Jean-Noël Bazié, ouvrier

« Il y a eu trop de dégâts. Des maisons sont tombées et des véhicules ont été emportés par l’eau. La pluie a commencé dès le matin et s’est prolongée jusqu’au lendemain.
Beaucoup de quartiers ont été touchés, comme Dapoya, où des véhicules avaient été emportés par les eaux. 17 ans après, c’est une journée difficile à oublier pour ceux qui l’ont vécue ».
Harouna Sawadogo plombier résidant au secteur 17

« Comme nous sommes un peu sur une colline, il n’y a pas eu tellement de dégâts dans notre zone. Si j’ai bonne mémoire, seulement deux ou trois maisons avaient été touchées.
Mais du côté du barrage, c’était différent : l’eau avait atteint certaines voies et les déplacements étaient devenus difficiles. Il y avait un pont dont il ne restait pratiquement que les garde-fous visibles. Entre 9 heures et 12 heures, on aurait dit un robinet qui coulait. Ce n’était pas de la pluie. »
Joachim Kabré, habitant d’un quartier situé en zone basse

« Si tu es sur le lit, tu ne sais même pas ce qui se passe. En voulant poser tes pieds, tu vois qu’il y a déjà de l’eau. Même le goudron, on ne le voyait plus. C’était seulement de l’eau.
Après les inondations, des gens avaient reçu des parcelles et des matériaux de construction pour se réinstaller, ailleurs. Mais, des années plus tard, certains ont revendu leurs parcelles. D’autres sont revenus s’installer ici ».
Evelyne Congo, commerçante

J’ai vécu cette pluie. J’ai personnellement perdu ma maison. Le barrage était plein et il n’y avait pas de route pour le passage. Je me rappelle de la fille de notre voisin qui a été retrouvée morte le lendemain, après avoir voulu récupérer leur thermos tombé dans l’eau.
La cour de l’hôpital Schiphra était remplie d’eau. Le personnel était surchargé, les lits des patients…, tout était inondé. De même, les murs de l’hôpital Yalgado Ouédraogo ont été touchés par cette catastrophe.
Mon mari est sorti très tôt pour travailler en ville. Mais, il était bloqué à la descente car il n’y avait plus de voie. On ne voyait plus le goudron. Il a dû attendre que ça diminue pour rentrer. Cette pluie n’a pas vite cessé ».
17 ans après, ces voix rappellent que le 1er septembre 2009 reste, pour ceux qui l’ont vécu, bien plus qu’une date dans l’histoire de Ouagadougou.
Fadima Cissé stagiaire



