Hawa Bilgo  Ly, « la maman jeunesse »  de Tenkodogo

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A Tenkodogo, chef-lieu de la région du Centre-Est, nous avons fait la connaissance de Hawa Bilgo Ly, une dame qui force l’admiration de tous, par son dynamisme et son humanisme. Toujours active et toujours prête à soulager les âmes en détresse, il est difficile de parler de femmes leaders à Tenkodogo sans mentionner cette guerrière. Connue sous le nom de madame Ly ou de maman jeunesse, elle se consacre à aider les jeunes de sa communauté, surtout les filles, à réaliser leurs rêves.

Avec un sourire franc et radieux illuminant son visage aux couleurs d’ébène, Hawa Bilgo Ly, dite « maman jeunesse » est une femme de la quarantaine bien connue dans la ville de Tenkodogo.

Awa Ly Bilgo dite Maman jeunesse

Si elle peut être considérée aujourd’hui comme une femme leader qui impacte positivement son entourage, surtout les jeunes, c’est surtout grâce à sa détermination et à son courage. Pourtant, Hawa Ly Bilgo a  un parcours scolaire assez élémentaire,  a quitté les bancs en classe de 4e   pour se lancer dans quelques projets d’animation villageoise au Sahel, dans les années 1994.

 

Mais, à son arrivée à Tenkodogo dans la région du Centre-Est, elle se retrouve au chômage par manque de projets similaires. Elle décide donc, de se lancer dans la coiffure et le commerce pour joindre les deux bouts. En 2007, elle décide de reprendre ses études pour chercher le Brevet d’Etudes du premier Cycle (BEPC). Après un échec, elle marque une pause et reprend la classe de 3e en 2017 soit dix ans plus tard. Mais, c’est en 2018 qu’elle décroche enfin le BEPC. L’appétit venant en mangeant, madame Ly ne compte pas s’arrêter là. Elle suit toujours les cours en parallèle afin décrocher le baccalauréat.

Une femme aux multiples casquettes

Journaliste et animatrice en langue fulfuldé, présidente de l’association des animateurs en langue et présidente des pasteurs (pastoralisme) du Burkina Faso, entrepreneure et responsable d’une agence de communication,Hawa Ly Bilgo est une dame aux multiples casquettes.

Elle souhaite laisser son empreinte dans le paysage médiatique burkinabè. Membre de l’association des animateurs et journalistes en langue, elle et ses collaborateurs ont formé à travers un partenariat, plusieurs animateurs et journalistes sur la communication en période de crise.

Au regard de l’insécurité qui prévaut au Burkina Faso, Hawa Ly est souvent amenée à former des femmes et des journalistes sur le vivre-ensemble, la prévention à la radicalisation des femmes dans les groupes armés terroristes. « A Tenkodogo et à Koupéla, on a également formé, hommes et femmes sur la collaboration entre les forces de sécurité et les hommes de médias », se rappelle dame Ly.

Hawa Bilgo Ly n’est pas seulement la mère de ses propres enfants, elle est aussi la mère de tous les jeunes de sa communauté. Elle leur témoigne une affection sincère et les accompagne dans leurs activités. Pour Hawa Ly, les jeunes veulent se battre, surtout les jeunes filles. Elle essaie ainsi de faire de son mieux pour les encourager avec des conseils et des orientations nécessaires pour une jeunesse responsable. « Je ne peux qu’être fière d’eux. Je sens qu’ils ont vraiment envie d’être des jeunes dynamiques comme je les appelle », souligne-t-elle.

Elle est une source d’inspiration pour ces jeunes, qui voient en elle une maman. C’est d’ailleurs pour cet engagement auprès des jeunes qu’elle a été surnommée maman jeunesse. Un nom qu’elle porte fièrement et qui fait d’elle, une personne populaire dans la ville de Tenkodogo.

Accompagner les jeunes et son entourage, c’est un geste que Hawa Ly Bilgo accomplit naturellement sans rien attendre en retour. « Si on m’approche, je ne cherche pas à savoir combien je gagne, j’ai toujours accompagné les jeunes dans leurs activités », se souvient-elle.

Larba Ouédraogo femme de ménage apprécie madame Ly

Très généreuse, « maman jeunesse », ne cesse de porter assistance à son entourage qui ne tarit pas d’éloges à son égard. Larba Ouédraogo, boulangère et ménagère chez madame Ly depuis 07 ans ne cache pas profonde gratitude envers celles qu’elle appelle sa bienfaitrice. « Elle m’a trouvée un emploi à la boulangerie et je travaille chez elle, aussi. Je suis veuve et c’est elle qui s’occupe de moi. Elle me respecte et m’appelle yaaba. Elle me confie souvent sa famille lors de ses voyages et je m’en occupe comme si c’était la mienne », témoigne cette dame du troisième âge.

Rosalie Zouré aime bien la personnalité de madame Ly.

En plus de son élan de solidarité, dame Ly marque sa personnalité par son sens de l’humour toujours dans l’optique d’apaiser des cœurs. « Depuis que je l’ai connue, ma vie a changé. Elle a l’art d’apaiser les cœurs de toute personne en détresse. Elle a vraiment un bon cœur. Je ne veux pas qu’elle change. Je souhaite que Dieu continue de la bénir, elle, son mari et ses enfants », révèle Rosalie Zouré, une proche de Hawa Ly Bilgo.

Hwa Bilgo Ly et son mari

Si maman jeunesse, a un tel niveau d’engagement au plan social, c’est bien grâce à sa famille, notamment son époux avec qui, elle vit en complicité, la soutient. Ce dernier lui offre un environnement favorable pour mener à bien ses activités. « Elle a beaucoup d’initiatives et nous l’accompagnons comme il se doit. Nous lui accordons la compréhension nécessaire et les conseils appropriés », souligne l’autre moitié de Hawa.

Une mère de famille qui met ses enfants au premier plan

Mère de six enfants qu’elle aime plus que tout, Hawa Bilgo Ly fait tout son possible pour leur offrir une bonne éducation et les encourager à poursuivre leurs études. Lorsqu’elle a commencé sa carrière à Bagré, une ville située à environ 50 km de Tenkodogo, elle a refusé de s’y installer pour rester proche de ses enfants, qui étaient alors très jeunes (neuf, treize et une vingtaine d’années). Elle faisait donc la navette chaque jour entre les deux villes, malgré la fatigue et les difficultés. « Tout ce qu’on gagne sur cette terre, si tu n’as pas réussi à bien éduquer tes enfants, je crois que c’est zéro. Nous travaillons pour eux et nous devons œuvrer pour leur éducation. », dit-elle avec fierté. Elle reconnaît être sévère avec eux par moment.  Mais, elle ne regrette pas car aujourd’hui, ce sont eux qui l’aident et la soutiennent.

Le souci majeur de maman jeunesse reste la situation d’insécurité qui frappe le Burkina Faso, un pays qui connaît depuis plusieurs années, des attaques terroristes meurtrières. Elle espère que la paix reviendra bientôt et que la situation s’améliorera positivement pour que chacun puisse trouver son compte.

Saïbata Guiro

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