De la vente d’habits au succès culinaire : le parcours inspirant de Joséphine Bouda dite Tarogo

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Joséphine Bouda, plus connue sous le nom de Tarogo, a commencé sa carrière dans le commerce en vendant des vêtements et du savon. Après le décès de son mari, elle décide de se lancer dans la restauration de mets locaux. Avec seulement 1000 francs CFA et une marmite n°10, elle commence à vendre du babenda au bord de la route. Aujourd’hui, elle emploie huit personnes et son entreprise est florissante.

Ce mercredi 22 novembre 2022, il est 8h20mn chez Joséphine Bouda, domicile situé au quartier Tampouy, à Ouagadoudou. Dans cette cour, cour impeccablement propre et bien organisée, quatre marmites n° 30 sont déjà sur le feu, préparant le babenda et le gonré (des mets locaux).

Pendant ce temps, le personnel (femmes et filles) s’active pour le lavage des feuilles alimentaires dans quatre différentes bassines. Une fois lavées, les feuilles sont reversées dans les marmites pour cuisson. Cette étape sera suivie de l’ajout de la poudre de riz et d’arachide. Puis, ces dernières se remettent au travail pour une deuxième vague de cuisson.

Une marmite de babenda

Joséphine Bouda revient à 8h36mn avec des marchandises sur sa moto. Sans attendre, la patronne des lieux se met vite à la tâche et entame la préparation du zamnin. Elle invite les femmes à redoubler d’effort pour que la commande du jour soit prête à 11h.

Joséphine est une femme de caractère. Elle est douce et joviale, mais n’hésite pas à rappeler à son équipe l’importance du sérieux et du travail acharné. “Il ne sert à rien de se croiser les mains. Il faut se mettre au travail”, explique-t-elle.

Malgré les défis, Joséphine reste optimiste et déterminée. À 52 ans, elle rêve d’avoir un local dédié à son commerce, qu’elle pourra aménager et équiper pour élargir son champ d’activités.

La réussite de Joséphine est une source d’inspiration pour beaucoup. Ses clients, dont certains sont fidèles depuis plusieurs années, apprécient non seulement la qualité de sa cuisine, mais aussi la propreté de son établissement et la variété des mets proposés. Parmi eux, Eléonore Nikièma, qui fréquente régulièrement le restaurant de Joséphine depuis six ans. “ « On ne peut que l’encourager parce ce que c’est une battante et ce dont elles ont besoin, c’est surtout d’être accompagnée. Quoi qu’on dise, elles se battent mais rencontrent toujours des difficultés » déclare-t-elle.

Eléonore Nikièma, cliente

Avec 15 ans d’expériences, Joséphine invite toutes les personnes en quête d’emploi, à commencer avec le peu qu’elles ont. « Même si ça ne va pas, il faut persévérer et avec l’aide de Dieu, tout ira bien, un jour », conseille-t-elle

En cette journée animée, nous avons quitté le domicile de Joséphine vers 12h10, laissant derrière nous une cour remplie de clients satisfaits.

Reportage réalisé par Valérie Rachel Ouédraogo, stagiaire

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