France : Une patiente recouvre la parole après une greffe du larynx, une première

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Elle n’avait pas parlé depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui, Karine, âgée de 49 ans recouvre la parole grâce à une greffe du larynx. Cette réussite chirurgicale est une première dans l’histoire de la France.

Karine a perdu l’usage de la parole depuis 1996 à cause de complications liées à une intubation après un arrêt cardiaque. Depuis lors, elle respirait par trachéotomie. La trachéotomie est une ouverture pratiquée de manière chirurgicale dans la trachée haute sous le larynx afin d’assurer une perméabilité permanente des voies aériennes. Aujourd’hui elle a bénéficié d’une greffe du larynx qui lui a permis de recouvrir la voix. « Cela me fait bizarre de parler à nouveau » a-t-elle laissé entendre. C’est la toute première fois qu’une telle intervention se réalise en France.

Portée volontaire depuis 10 ans afin de retrouver une vie normale, Karine a subi la greffe les 2 et 3 septembre 2023 à Lyon. La réalisation à succès de cette opération a permis à cette dernière de prononcer quelques mots d’une voix encore très faible. Suivant des séances de rééducation  des cordes vocales, de la déglutition et de la respiration avec une orthophoniste pour recouvrer toutes ses capacités, le traitement immunosuppresseur a été renforcé à la suite d’un début de rejet. Ce qui lui a permis de regagner le domicile familial dans le Sud de la France, le 26 octobre 2023.

Pour le professeur Philippe Céruse, chef du service ORL et chirurgie cervico-faciale de l’hôpital de la Croix-Rousse qui a réalisé cette greffe, l’idée est née de la première greffe mondiale de larynx, réalisée en 1998 à Cleveland, aux Etats-Unis, sur un homme qui avait perdu ses cordes vocales dans un accident de moto.

Cette intervention ayant été inspirante pour le chirurgien le pousse à se renseigner sur le processus. C’est en 2010, qu’il se lance pleinement dans l’apprentissage de cette intervention avec l’aide du Dr Luis Fernando Tintinago Londono. Il a appris d’abord le prélèvement du larynx, ensuite s’en est suivi le test sur des cochons ou des cadavres. Une fois les autorisations obtenues, il a commencé à chercher les patients éligibles. C’est en 2019 que Karine est identifiée. Mais le Covid interrompt tout.

Le 1er septembre, avec l’accord de la famille, l’intervention a commencé et a duré cumulée  27 heures. Au total, douze chirurgiens et une cinquantaine de personnels du CHU de Lyon ont participé à cette première sous la coordination du Pr Céruse et de son confrère Lionel Badet, chef du service d’urologie et de chirurgie de la transplantation de l’hôpital Edouard Herriot. Après récupération c’est un sentiment de bonheur qui anime la patiente car dit-elle « Mes filles ne m’avaient jamais entendue parler ».

Fabrice Sandwidi

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