Depuis l’annonce de la gratuité des soins au profit d’une catégorie de femme et des enfants de moins de 5 ans, les formations sanitaires semblent débordées de malades mais aussi de faux malades…. Constat au Centre de santé et de promotion sociale(CSPS) de l’ex secteur 20.
Depuis l’annonce de la gratuité des soins au profit d’une catégorie de femme et des enfants de moins de 5 ans, les formations sanitaires semblent débordées de malades mais aussi de faux malades…. Constat au Centre de santé et de promotion sociale(CSPS) de l’ex secteur 20.
Une longue file de femmes avec des enfants au dos est dressée devant le dépôt pharmaceutique. La maternité est bondée de femmes enceintes où chacune attend impatiemment son tour d’être reçu par le maïeuticien. De l’autre côté, ce sont des cris des enfants qui se font entendre. C’est sous ce visage que le CSPS de l’ex secteur 20 se présentait lorsque nous nous sommes rendus pour observer de visu l’effectivité de la gratuité des soins, le 25 avril dernier. Une affluence qui frappe à vue d’œil même pour celui qui s’y trouve pour la première fois.
Selon le maïeuticien, Fulbert Sawadogo, depuis la mise en œuvre effective de cette stratégie, les femmes ne font que des va-et-vient entre leur domicile et le centre de santé. « On ne parle plus d’affluence mais plutôt de la mauvaise foi de certains patients », a-t-il déploré avec un air très épuisé.
Ils viennent parce qu’ils ont entendu que c’est gratuit
Et de poursuivre avec le même ton, qu’il y a trop de faux malades qui fourmillent actuellement les centres de santé. « Des malades qui viennent par plaisir. Ils viennent parce qu’ils ont entendu que c’est gratuit. Pour un moindre « bobo », ils sont là », a-t-il regretté. A titre d’exemple, l’agent de santé a pris l’exemple d’une dame qui a passé toute une journée a défilé avec plus de 5 enfants différents disant qu’ils étaient malades.
Un autre cas choquant c’est l’exemple de cette femme qui se faisait passer pour une femme enceinte afin de bénéficier gratuitement de certains produits. Et lorsqu’on lui demande d’apporter les urines pour des examens, la dame eue encore la folle idée de solliciter les urines d’une « vrai femme enceinte » pour tromper la vigilance des agents de santé.
Une autre femme se serait présentée avec son fils soit disant qu’il bâillait depuis le matin alors que l’enfant ne souffrait d’aucun mal. « Il y a tellement d’histoire et de banalité autour de cette gratuité qu’on ne saurait les relater ici », a laissé entendre un autre agent de santé. Ces comportement des populations, selon Fulbert Sawadogo nuisent aux vrais malades.
Des comportements qui nuisent aux vrais malades
La première responsable du centre, Dr Emmanuelle Simporé/Ouédraogo, souligne également l’incivisme de certains riverains. « Au-delà même des maladies bénignes (superficielles) qui nous sont présentées, les agents ont été victimes d’agression verbale de la part de la population », a-t-elle souligné. Pour résoudre cette incompréhension entre les agents de santé et la communauté, elle a dû tenir une assemblée générale qui a permis de réduire considérablement les situations conflictuelles Malgré les difficultés, le médecin-chef se réjouit de la fréquentation du centre surtout la maternité ou elle a augmenté et même doublé. Du coup, affirme Dr Simporé, « elle a permis de résoudre un peu les problèmes comme les accouchements à domicile qui entraînent souvent des décès
Issa KARAMBIRI
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Quelques chiffres statistiques du CSPS de l’ex secteur 20 avant après la gratuité des soins
Pour le mois de mars 2016
Consultations des enfants de moins de 5ans : 800
Consultations prénatales : 479
Accouchements : 64
Début de la gratuité des soins
Du 02 au 25 avril 2016
Consultation des enfants de moins de 5ans : 1379
Consultation prénatale : 402
Accouchement : 96