Journée de l’hygiène menstruelle : les élèves interpellent les chefs d’établissements sur l’état des toilettes

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De plus en plus, des acteurs se mobilisent pour sensibiliser les élèves sur la gestion et l’hygiène  des menstrues à l’école. Cette initiative permet aux filles  de suivre normalement les cours et d’être surtout épanouies. Dans le cadre de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, Queen Mafa a rencontré les écolières dans quelques établissements de Ouagadougou.

Des études ont montré que plusieurs filles abandonnent leurs études au moins quatre jours dans le mois à cause de leurs menstrues. Cela est dû aux règles douloureuses et à aux difficultés liées à la gestion de ces menstrues.

Cette situation préoccupante interpelle les responsables d’écoles à se pencher d’une part sur leur cas et d’autre part, à construire des latrines adaptées pour permettre à la jeune fille scolarisée d’être épanouie au moment de ses règles. Car pour le moment, le constat est alarmant, selon les jeunes filles.

Les premières règles, une expérience inoubliable.

Fatou Ouédraogo, 21 ans est élève en classe de terminale A4 au lycée municipal de Nongr-Massom. Pour elle, l’hygiène menstruelle, c’est le fait d’être propre pendant la période des règles pour éviter les infections vaginales.

Fatou Ouédraogo, élève en classe de terminale A4 au lycée municipal de Nongr Massom

La jeune fille, très à l’aise en abordant le sujet raconte ses premières expériences.

« J’ai paniquée quand j’ai vu mes règles pour la première fois. Je passais tout le temps à changer de dessous. Je n’ai pas pensé à en parler avec ma maman, car j’avais honte. Jusqu’à présent, ma maman ne m’a pas demandé voir si j’ai vu mes règles ou pas », confie-t-elle.

Au lieu de la mère, la jeune fille a fait recours à sa grande sœur, qui l’a conseillée en lui montrant comment utiliser le coton hygiénique.

Quant à Delphine Regisca Koné, 17 ans élève en classe de 1re au collège protestant de Ouagadougou, elle définit l’hygiène menstruelle étant l’ensemble des précautions qu’on doit prendre pendant les règles pour éviter toute contamination.

Koné Delphine Régisca, 17 ans, élève en classe de 1re au collège Protestant de Ouagadougou

D’un air calme, elle relate « Quand j’ai vu mes règles pour la première fois, j’ai eu peur et j’ai demandé à maman qui m’a tout expliqué. Elle m’a fait savoir que c’est une chose normale chez toutes les femmes. Donc, ça m’a pas attristé ».

Sylvie Nikièma, élève en lasse de terminale A4 au groupe scolaire sainte Collecte contrairement à Fatou Ouédraogo, bien qu’elle ait déjà une notion, la peur l’a envahie quand elle a vu ses premières règles.

Sylvie Nikièma, élève en classe de terminale A4 au groupe Scolaire Sainte Collette

« J’ai couru voir ma mère qui m’a dit que c’était normal. Elle a essayé de m’expliquer et j’ai compris. A l’école, je fréquentais des filles qui étaient plus âgées que moi et tout le temps, elles en parlaient, mais moi je ne comprenais rien », raconte-t-elle.

Glwadys Kaboré 16 ans est élève en classe de 3e au collège Protestant de Ouagadougou. Elle aussi a vécu une expérience similaire à celle de Sylvie. Surprise de voir ses règles pour la première fois, elle courut vers sa mère qui lui donne des explications. Cette dernière lui a donné des conseils et montré comment utiliser les serviettes hygiéniques. En plus des premières assistances, elle lui suggéra d’être propre pendant ses règles.

Ces adolescentes n’ont pas été préparées physiquement et psychologiquement aux menstrues encore moins, à la gestion. Toute chose qui pourrait expliquer le vent de panique qu’elles ont subi.

 

Des toilettes propres, il en faut.

Ce qui est déplorable, selon mademoiselle Fatou Ouédraogo, c’est la qualité des toilettes au sein de leur établissement, le lycée municipal de Nongr-Massom.

«  Les toilettes ne sont pas adaptées. Elles sont très sales et ça ne donne pas envie d’y entrer », se lamente-elle.

Pour ce faire, elle souhaite que des latrines uniquement pour se soulager soient construites à part et d’autres pour les filles en menstrues qui veulent se changer.

Pour Sylvie Nikièma, à Sainte Collecte, c’est le même son de cloche.

« Il y a des latrines, mais elles ne sont pas adaptées à la gestion des menstrues. On peut rentrer pour se changer. Mais, les latrines sont sales », déplore-t-elle.

Son cri de cœur est que son établissement dispose de serviettes hygiéniques pour aider les filles pendant leurs menstrues.

« Quand ta jupe est tachetée et que tu n’as pas de coton pour te changer, c’est gênant et difficile à surmonter », fait-elle remarquer.

Selon Delphine Regisca Koné, au collège protestant de Ouagadougou, les toilettes manquent d’hygiène et beaucoup de filles contractent des infections vaginales hémorragiques.

Elle souhaite avoir des toilettes plus propres au sein du lycée et interpelle les élèves à une bonne utilisation.

Pour l’état des toilettes, son cri de cœur va à l’endroit des responsables. De son point de vue, elles ne sont pas adaptées.

Malgré son jeune âge, Glawdys Kaboré émet le vœu de voir les toilettes des filles dissociées de celles des garçons. Elle préconise en plus, une ressource d’eau disponible à côté ainsi que des serviettes de rechange en cas de besoin.

Aminata Ouédraogo et Abdoulaye Ouédraogo (stagiaires)

 

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