Paix et cohésion sociale au Burkina : L’association Dialogue sans frontières apporte sa contribution

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L’association Dialogue sans frontières à travers le projet « Sous l’arbre à palabre : inclusion et dialogue pour le vivre-ensemble dans la paix » a présenté son ouvrage d’étude sur les pactes culturels de non-agression de la région du Centre-Est. Ce mercredi 6 décembre 2023, à Ouagadougou, le document a été rendu officiel.

L’association Dialogue sans frontières en partenariat avec l’ambassade du Danemark a dévoilé les résultats d’une étude réalisée en 2022 sur les pactes de non-agression de la région du Centre-Est. Le projet encore appelé « Promotion de l’approche « Se regarder dans le miroir », Dr Jean-Pierre Salamberé a conduit les travaux qui ont permis de toucher les trois provinces (Boulgou, Koulpélogo, Kouritenga) et les douze communes (Bagré, Bittou, Tenkodogo, Comin-Yanga, Dourtenga, Lalgaye, Sangha, Yargatenga, Gounghin, Koupela, Pouytenga).

Dans cet ouvrage, il ressort que les pactes culturels de non-agression sont une autre forme de communication dans la gestion des conflits entre individus, communautés et groupe sociaux. D’un volume de 145 pages, il est composé de plusieurs parties qui met à nu, les réalités sociales dans les trois provinces et dans les douze communes de la région du Centre-Est notamment la présence des différents groupes ethniques, le vivre-ensemble.

Aperçue de la page de couverture du livre

En second lieu, il permet de comprendre les sources possibles de tension qui peuvent exister entre les différents groupes sociaux vivant dans ces localités  tels que les facteurs relevant du passé (des questions de chefferie, de fonciers…) et ceux émergeant des éléments beaucoup plus récents (des questions d’exploitations aurifères, des questions religieuses et politiques, la question d’argent…). S’il existe des sources de conflits, il existe aussi des acteurs endogènes dans les différentes communautés qui sont des référents reconnus comme intervenant dans la résolution des conflits.

Pour la troisième partie, il est question de faire l’état des lieux des pactes culturels de non-agression existants afin de faire face à cette période de tension pour réguler les relations sociales qui existent entre les communautés.


Lire aussi : Cohésion sociale : Le document d’orientation stratégique harmonisé est validé


Au titre des pactes culturels de non-agression, il y’a trois niveaux à prendre en compte à savoir les aspects liés aux relations humaines ou les relations à plaisanterie (parenté à plaisanterie, alliances à plaisanterie…), les aspects liés à des usages socio-culturels (les salutations, le respect des personnes âgées…) et les relations avec l’environnement immédiat (les totems et les interdits liés à l’environnement…). Dr Jean-Pierre Salamberé a mentionné qu’au-delà de l’existence de ces pactes culturels de non-agression, il y a aussi des défis auxquels ils sont confrontés. Défis liés à l’évolution du contexte.

Dr Jean-Pierre Salamberé

Aux termes de la cérémonie, le président de Dialogue sans frontières, l’ambassadeur Filippe Savadogo s’est prononcé sur le choix de la thématique de l’étude. Selon lui, les pactes culturels de non-agression sont véritablement les fondamentaux des droits coutumiers en matière d’accompagnement. « Aussi, parce que l’on croit toujours qu’il n’y a aujourd’hui, que le droit d’origine napoléonienne, il y a cependant, dans les communautés, un droit coutumier, des régulateurs de société qui permettent de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble », a-t-il soutenu.

L’ambassadeur Filippe Savadogo, président de DSF

En rappel, l’association Dialogue Sans Frontières existe depuis près d’une dizaine d’années. Elle réfléchit sur plusieurs questions afin de proposer des solutions alternatives notamment sur la paix, le vivre-ensemble, la cohésion sociale.

Fabrice Sandwidi

 

 

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