Violences basées sur le Genre : Des filles désormais outillées pour le combat

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La psychologue Andrinette Yvonne Ouattara, a tenu une séance de formation sur les Violences basées sur le Genre (VBG) et leurs conséquences sur la santé mentale, ce samedi 02 octobre 2023. Organisée par « Les héroïnes du Faso », cette activité est une occasion donnée à plus d’une vingtaine de femmes et jeunes filles de discuter d’un mal qui mine la société.

La formation qui a réuni une vingtaine de personnes vise non seulement à mettre en lumière, les aspects essentiels de la lutte contre les VBG, allant de la reconnaissance des différentes formes de violences au partage de témoignages poignants, mais aussi d’outiller les participantes de compétences nécessaires à la gestion des violences basés sur le genre.

Andrinette Yvonne Ouattara, psychologue

Selon Yvonne, formatrice du jour, les VGB sont visibles à travers les représentations sociales selon lesquelles, homme et femme ont chacun une place prédéfinie. Lorsqu’elles ne sont pas respectées ou inconfortables, elles deviennent sources de violences.

Elle poursuit en expliquant que ces violences se manifestent à travers certaines pratiques notamment les mariages forcés, les violences physiques dans les couples, la violation des droits psychiques, mentaux et sociaux, etc.

Au cœur des discussions, la question cruciale de la gestion des conséquences des VBG a émergé. Un volet qui prend en compte les aspects médicaux, sociaux et psychothérapeutiques, offrant ainsi des pistes concrètes pour aider les survivantes à reconstruire leur vie.

Awa Naïma Go, participante, étudiante à l’Université Libre du Burkina (ULB)

Les compétences acquises visent un impact à long terme, permettant aux participantes d’aborder les victimes de VBG même sans qualifications professionnelles. Au nombre des compétences acquises en ce jour, Awa Naïma Go de l’Université libre du Burkina (ULB) retient le type de comportement à adopter face à une victime. « Si j’ai une proche victime de VBG, je dois plus développer mon sens de l’écoute envers elle, lui faire comprendre que je suis un confident fiable. Je dois surtout éviter les préjugés au risque de la déprimer. », a expliqué l’étudiante.

Avec l’implication des hommes, une baisse des VBG semble envisageable.

Andrinette Yvonne Ouattara, toujours franche dans ses propos, évoque le rôle crucial que peuvent jouer les hommes dans la lutte. Pour elle, le combat contre les VBG doit aller au-delà de l’engagement féminin, il faut une participation masculine. Pour ce faire, il faut dores et déjà, dès le bas âge, inculquer cette valeur aux jeunes filles et garçons. « Ces violences sont structurelles et présentes dans la société. Hommes, Femmes, enfants doivent tous prendre conscience », a-t-elle précisé.

Marie Collette Sanon Sandwidi, conseillère en genre, déplore la concentration des actions uniquement sur la gent féminine. « On ne peut pas continuer à victimiser les femmes et à rendre les hommes auteurs de toutes ces violences. Certes, elles sont la plupart du temps, des victimes, mais il s’agit-là d’un phénomène sociétal. C’est pourquoi il faut prendre en compte tous les genres et toutes les couches sociales. »

Marie Collette Sanon Sandwidi , participante, conseillère en genre

Selon la conseillère en genre, il est clair que les femmes à elles seules, ne peuvent pas vaincre les violences basées sur le genre sans l’implication des hommes et des garçons. Impliquer davantage les hommes devient une solution décisive. En favorisant le dialogue et la compréhension mutuelle, les hommes peuvent devenir des agents du changement dans cette lutte. Cette séance de formation s’est voulue interactive pour permettre à chacune des participantes d’apprendre de l’autre.

En rappel, cette formation rentre dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, qui se déroule depuis le 25 novembre et ce, jusqu’au 10 décembre 2023.

Arouna Romba

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