Le 28 août 2025, Samia Suluhu Hassan a officiellement lancé sa campagne pour l’élection présidentielle du 29 octobre. Arrivée au pouvoir en 2021 à la suite du décès de son prédécesseur John Magufuli, celle qui fut longtemps surnommée la « mère de la nation » entend désormais briguer sa propre légitimité dans les urnes.
La foule était nombreuse au stade de Dar es Salaam, lorsque Samia Suluhu Hassan a officiellement lancé sa campagne pour les élections présidentielle. Dans son discours, Samia Suluhu a insisté sur le chemin parcouru depuis quatre ans. Investissements dans les infrastructures, stabilisation économique et apaisement du climat politique après l’ère Magufuli. « Nous avons posé les bases, il est temps d’accélérer », a-t-elle lancé, promettant notamment de renforcer les services de santé et d’éducation, de soutenir les petites entreprises et de relancer le processus d’une nouvelle Constitution.
Toutefois, le plus intriguant dans cette histoire est l’absence d’opposants de poids. Le principal parti d’opposition, CHADEMA, a été disqualifié en avril pour avoir refusé de signer un code de conduite électorale jugé contraignant. Son leader emblématique, Tundu Lissu, croupit toujours en prison, accusé de trahison.
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De son côté, le parti ACT-Wazalendo, qui incarnait l’autre grand pôle contestataire, a vu son candidat Luhaga Mpina écarté pour « irrégularités » lors de sa nomination. Il reste seize prétendants marginaux, peu susceptibles d’inquiéter la présidente sortante.
Dans ces conditions, le scrutin d’octobre ressemble déjà à une formalité. « Ce sera une élection sans véritable compétition », commente un analyste politique de Dar es Salaam. Et d’ajouter, « le CCM a verrouillé le terrain, l’opposition est muselée et la victoire de Samia semble acquise ».