Hummm… Femmes, ne battez pas vos hommes !

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Dans sa chronique, Mariam Vanessa Touré donne son analyse sur la violence faite aux hommes, un phénomène tabou mais qui fait quand même des victimes. Pour Vanessa, le foyer n’est pas un ring. Loin de là car les coups de poing entraînent souvent mort d’hommes… et de femmes.

Dans l’entendement populaire, la violence conjugale est surtout physique et exercée par l’époux sur son épouse. On attribue généralement à la femme les violences verbales qui se caractérisent notamment par des injures. Mais toutes les violences au sein du couple -physiques, verbales, sexuelles et psychologiques – sont traumatisantes aussi bien pour l’homme que pour la femme.

Toutefois, si l’on parle généralement des violences faites aux femmes au sein du couple, on évoque rarement celles exercées par l’épouse sur son compagnon. En effet, certains hommes souffrent le martyr dans leurs foyers et préfèrent garder le silence, tenaillés par la honte ou la pudeur. Et si nous portions leur voix et crions à leur place : « Au secours, ma femme me bat ! ».

Hummm…Tout peut partir d’une dispute qui entraîne des éclats de voix et des injures. La femme subit ainsi gifles, coups de poing ou de ceinture, qui alertent tout le voisinage avec force cris, pleurs et objets qui se brisent… La voix perçante d’une femme, battue et violentée par son compagnon, brise alors le calme de la nuit. Le monsieur n’a en effet rien trouvé de mieux que ses biceps pour répondre à son épouse qui le met face à ses manquements, le confrontant courageusement à ses mensonges répétés, son impayable infidélité, ses rentrées tardives.

La scène est tellement devenue quotidienne qu’elle devient banale aux yeux de la famille et même du voisinage qui ont fini par ne plus en faire un problème. Et ceux-ci ont vite fait de la classer dans « les disputes de couples », qui se distinguent pourtant des violences conjugales. Une situation de pugilat qui se vit aussi bien chez les classes modestes que chez les élites intellectuelles.

Hummm ! À force de subir, la femme finit par craquer et cherche à rendre coup pour coup. Abusée et désabusée, elle contre-attaque et ouvre les hostilités dans le foyer. En plus des injures très dures pour qualifier ce mari violent, volage et toujours absent, l’épouse bafouée se ceint les reins et attend le moindre faux pas pour se venger, parfois à coup de pilon. Surpris par la détermination de madame, l’homme s’enferme à double tour dans la chambre ou les toilettes. Mais jamais il ne s’enfuit chez les voisins ni n’émet aucun cri. Il y va de sa virilité, de sa dignité. Un homme ne fuit pas devant une femme, ne doit pas montrer qu’il est battu par une femme et ne pleure pas en public.

Par honte de parler d’un sujet tabou, par culpabilité, l’homme battu peut se taire longtemps et minimiser les violences physiques ou morales qu’il subit sans chercher de protection. Il s’isole, ou à l’opposé flatte son ego au travail. À la limite, il terrorise ses collaborateurs, mettant un zèle inouï à compenser sa déchéance conjugale par un autoritarisme déplacé. En attendant de rentrer dans ses petits souliers à la maison.

Hummm… Les bagarres conjugales ne sont pas toutes dues à la riposte de la femme aux coups du mari, elles peuvent venir en premier de l’épouse. Trop autoritaire, possessive, impulsive, voire agressive. Certaines femmes adorent « porter la culotte » dans le foyer. D’autres sont tout simplement masochistes, adeptes de la manière forte et ne détestent pas « quelques gifles de temps en temps » qui, selon elles, raviveraient la flamme de l’amour.

Sauf qu’on ne sait jamais quel serait le coup de trop, le coup fatal. La violence conjugale d’où qu’elle vienne est un échec de la communication dans un couple. En venir aux mains et porter le premier coup est condamnable, donc à bannir. Le foyer n’est pas un ring, ne soyez pas là au second round. Les coups de poing entraînent souvent mort d’hommes… et de femmes.

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