Jeune femme Sénégalo-Burkinabè basée au Canada, Diary Ly est informaticienne de formation mais également entrepreneure. Dynamique et déterminée, elle évolue dans plusieurs domaines dont le commerce des produits capillaires et la restauration. Nous l’avons rencontré lors de la dernière édition des Tuumdé Awards à Ouagadougou, Burkina Faso. Zoom sur une femme qui ambitionne d’amener les femmes à se réapproprier leur identité et à aimer leurs cheveux naturels .

Sénégalaise d’origine, d’ethnie Peul, Diary Ly est une femme imposante, du haut de sa taille. Née au Sénégal dans une famille musulmane, Diary Ly est inscrite dans une école coranique au Sénégal dès le bas âge. « À l’âge de six ans, j’ai quitté Dakar, Sénégal, pour m’installer à Ouagadougou, Burkina Faso, avec ma mère qui est entrepreneure d’origine sénégalaise », nous précise-t-elle.
À son arrivée au Burkina Faso, Diary Ly, connaît une nouvelle vie marquée par un changement de système éducatif. En effet, après des tests de niveau, elle intègre le système scolaire français. « J ’ai directement rejoint la classe de CP2 car je savais déjà lire. J’apprenais à compter à la maison », révèle-t-elle. Très tôt, le changement, l’adaptation et l’apprentissage font partie du parcours de Diary Ly qui effectue son cycle primaire au Groupe Scolaire Azimut.
Une transition précoce, qui selon elle, lui a appris la résilience et la capacité à évoluer dans des contextes différents. « Mon adaptation n’a pas été simple. À mon arrivée, je ne parlais pratiquement que le peul. J’ai dû apprendre le français, le mooré, comprendre un nouveau système scolaire et m’adapter à un nouvel environnement », rappelle -t-elle. La suite du parcours scolaire de Diary Ly, se fera au Lycée International de la Jeunesse. Là-bas, elle obtient son diplôme de Baccalauréat série D en 2021.

Plus tard, Diary Ly quitte le Burkina Faso, avec pour destination, le Canada. Dans ce sens, son objectif est de poursuivre ses études au Canada, sous instructions de ses parents. Élevée par sa mère entrepreneure, l’entrepreneuriat fait partie de l’environnement de Diary Ly depuis sa tendre enfance. En observant sa mère bâtir et maintenir son activité malgré les défis, elle développe naturellement le désir de créer ses propres projets. « Je ne voulais pas simplement suivre un parcours établi. Je voulais construire quelque chose qui me ressemble et qui ait un impact », rassure-t-elle.
Très jeune, elle comprend que seul le travail est un fidèle allié du désir. Soit, travailler est le seul moyen de dignement obtenir ce que l’on désire. Celle qui incarne aujourd’hui des valeurs telles que l’indépendance, la dignité dans le travail et la persévérance connaît une enfance tumultueuse. « Mon enfance n’a pas été simple mais, elle a été profondément structurante. Alhamdoulilah, chaque épreuve a contribué à forger mon caractère », dit-elle.
Désormais installé au Canada, cette expérience de la vie à l’étranger aux dires de Diary Ly, est une ouverture internationale précieuse dans sa vision des affaires. « C’est une expérience qui m’a rendue plus autonome et plus disciplinée », clarifie-t-elle.

Alors qu’elle se spécialise en réseau informatique, Diary Ly est entrepreneure. Fondatrice de l’entreprise DILY HAIR, une marque de produits capillaires dédiée à la valorisation du cheveu naturel africain, elle participe à la gestion du restaurant familial TERAL, fondé par sa mère. Loin de se contenter de porter ses responsabilités qui ne sont pas les moindres, Diary Ly développe parallèlement des projets agricoles au Burkina Faso.

En 2025, les efforts de Diary Ly sont remarqués. Nominée aux Tuumdé Awards dans la catégorie entrepreneure de la diaspora , elle est encouragée avec une attestation de reconnaissance. « Cette attestation a représenté pour moi un encouragement fort et une validation du travail accompli », reconnait-elle. Comme il est presque de coutume dans tous les domaines, entre difficultés et défis, Diary Ly rencontre souvent des ondes négatives en milieux entrepreneurial. « La gestion, le financement, la pression des responsabilités et la nécessité de maintenir une vision claire tout en gérant l’opérationnel, sont des énormes défis », avoue-t-elle.
Être jeune et porter plusieurs projets exige une organisation rigoureuse, une grande patience et une capacité constante d’apprentissage. Mais, face à cette pression du monde professionnel, Diary Ly sait vers qui s’orienter afin de ne pas perdre son repère. La foi, dit-elle, occupe une place centrale dans ma vie et je mets Dieu au cœur de toutes mes décisions. « La prière m’apporte l’équilibre et la force nécessaires pour avancer malgré les obstacles », nous dévoile-t-elle.
Cependant, autant Diary Ly se réfère à Dieu, autant elle multiplie les efforts car selon elle, le travail, la discipline, la constance et régularité, finissent toujours par produire des résultats.

Diary Ly, une femme ambitieuse
Le rêve de Diary est de développer davantage DILY HAIR, afin d’en faire une référence dans l’univers des soins capillaires africains. À travers cette marque, Diary Ly souhaite encourager les jeunes femmes à se réapproprier leur identité et à aimer leurs cheveux naturels.

Selon elle, pendant longtemps, l’image de la beauté africaine a été marginalisée alors que le cheveu est une identité, une histoire voire une affirmation de soi. Positionner le restaurant TERAL parmi les établissements africains les plus reconnus, en modernisant l’image de la restauration africaine tout en préservant son authenticité, est également un objectif qu’elle vise.

Quand vient le moment de s’adresser à celles qui voudraient s’inspirer de son parcours, Diary Ly le fait sans langue de bois. Pour elle, il faut revenir à l’essentiel, qui est la formation, le développement personnel et surtout l’origine de tout un chacun. « On ne peut pas construire un avenir solide si l’on ne connaît pas ses racines. Quand on est ambitieux et qu’on rêve d’aller loin, il est indispensable de ne jamais oublier son point de départ », prévient-elle.

Au-delà des discours, elle encourage les jeunes, particulièrement les jeunes filles à se mettre réellement au travail. Le talent, les rêves de ainsi que les réseaux sociaux, clarifie-t-elle, ne suffisent pas. « Acceptez de commencer petit. Acceptez les sacrifices. Personne ne viendra construire votre vie à votre place. Investissez-en vous-mêmes et apprenez à développer vos compétences », interpelle-t-elle.
Abdoulaye Ouédraogo/Queenmafa.net






