Lauréate de l’édition 2025 de l’atelier d’écriture de la Women’s Empowerment Foundation, Flora Eugénie Hien, à l’occasion de la publication prochaine de son premier roman Mariage Piégé, se confie dans une interview exclusive. Dans cet entretien, l’autrice revient sur son parcours, sa passion pour la littérature et les thématiques majeures de son œuvre, notamment la condition féminine et la remise en question des schémas sociaux imposés.
Qui est Flora Eugénie Hien au-delà de la plume?
Au-delà de la plume, Flora Eugénie Hien est conseillère financière, artiste visuelle, scénariste et dorénavant écrivaine.
Suivre Flora Eugénie Hien sur Instagram ici : https://www.instagram.com/flora_blessing_?igsh=MmkzeHo5Z2kwd3p5
Parlez-nous de votre parcours
Je n’ai pas eu un parcours lisse car je ne savais pas réellement ce que j’allais faire. J’ai eu mon BEPC au Groupe scolaire Saint Viateur, et par la suite, j’ai continué mes études en comptabilité au Centre de Formation Professionnelle de l’ENAM, où j’ai eu un BAC G2 en comptabilité. Puis s’en est suivi les études universitaires à l’université Saint Thomas d’Aquin où j’ai eu une licence en Science de Gestion, Comptabilité financière et audit. Par la suite je suis allée à l’institut international de formation à l’expertise comptable (CNAC Paris) où j’ai obtenu un Master II en comptabilité contrôle audit. Je suis sortie auditrice financière. J’ai été en cabinet d’expertise comptable. Mais en cabinet, il y a un rythme élevé et j’étais passionnée par les arts. Et si je voulais explorer les arts, il me fallait trouver un juste milieu. J’ai donc décidé de me lancer en conseil financier afin d’avoir le temps d’explorer les arts.

Femme de plusieurs casquettes, aujourd’hui vous êtes autrice. Dites-nous comment est née votre passion pour la littérature africaine ?
Ma passion pour la littérature africaine est née depuis longtemps. Depuis l’école primaire j’aimais déjà lire et écrire, surtout ces moments où on faisait les rédactions et les résumés des vacances. Et même dans mon parcours, vous pouvez remarquer sur mon bulletin, on parle de bilan littéraire, bilan scientifique. Il y a des trimestres où les bilans littéraires sont plus que les bilans scientifiques et vice-versa. Je peux dire que j’ai les deux en moi. Aussi, il y a un de mes professeurs de philosophie qui m’avait dit qu’il me voyait bien dans une filière littéraire.
Quelles sont les auteures qui ont influencé votre choix d’écrivaine ?
Il y a beaucoup d’auteurs, surtout au Burkina Faso. Il y a Monique Ilboudo, qui est une pionnière du roman au Burkina Faso et également Bernadette Dao. Il y a également Anzanta Ouattara de la Côte d’Ivoire. Aussi, il y a une dame qui m’a beaucoup influencé mais qui n’est plus de ce monde, c’est Mariama Bâ. Aujourd’hui, personne ne peut dire qu’elle n’a jamais entendu parler de cette auteure, pourtant elle n’est plus. Mais ses écrits continuent à impacter de génération en génération. Et c’est ce que je recherche aussi. Également, je peux aussi citer des jeunes autrices burkinabè qui me motivent aussi. Il y a Priscille Jinette Bancé et Rébéka Lankoandé.
Écrire pour vous, est-ce un refuge, un combat, une responsabilité ou autre chose?
Écrire pour moi est d’abord une thérapie car quand j’écris, je me libère de mes pensées. Quand on écrit, on a de nouvelles idées qui viennent. Je dirai aussi qu’écrire est une responsabilité parce qu’une fois qu’on décide de rendre nos écrits publics, cela va toucher des gens. Donc il y a une responsabilité derrière chaque mot. Et chaque mot à un pouvoir et pour moi, c’est cela l’écriture.
Récemment vous avez participé à un atelier d’écriture. Quelle est la motivation derrière cette participation ?
Ma motivation, c’est encore l’envie d’explorer plus les arts. J’ai vu l’appel à candidature pour participer à cet atelier d’écriture lancé par la Women’s Empowerment Foundation et j’ai décidé de me lancer, d’abord pour chasser le syndrome de l’imposteur. Ce syndrome, c’est lorsque vous savez que vous avez le potentiel de faire quelque chose mais que vous avez peur en vous disant que vous n’êtes pas légitime puisque je ne suis pas de la filière littéraire de prime abord. Mais parce que je suis passionnée, j’ai décidé de me lancer, de dépasser cette peur. J’ai été retenue pour participer à l’atelier après avoir envoyé un texte de deux pages où je parlais un peu d’amour.
En quoi cet atelier a contribué à affiner votre écriture ?
Cet atelier a beaucoup aidé à affiner mon écriture parce que lorsqu’on écrit étant seul, il n’y a pas quelqu’un pour juger si ce qu’on écrit est bien ou pas. À travers donc cet atelier, j’ai eu la chance d’avoir un coach, Carole Agossa qui nous a beaucoup coachés car nous étions un groupe de 10 à 15 personnes et j’ai pu apprendre l’univers de l’écriture, chasser le syndrome de l’imposteur et surtout trouver mon style d’écriture, affiner mon style d’écriture à travers cet atelier.
Que représente pour vous cette distinction en tant que lauréate de la présente édition d’atelier d’écriture ?
C’est d’abord un sentiment de joie pour avoir pu participer à cet atelier d’écriture. Lorsque nous avons été retenues pour participer à l’atelier, il y a eu plusieurs étapes. D’abord la première phase où on nous a demandé nos manuscrits. Puis nous sommes passés devant un jury pour faire un speech et j’ai été choisie. C’était un sentiment de joie et surtout de responsabilité de pouvoir passer le message que je voulais faire passer à travers mon roman et toucher la cible à qui le message est passé.
Parlons de votre roman qui sera publié en mars. Comment est née l’idée de “Mariage Piégé” ?
Je m’inspire de ce qui est réel pour écrire. L’idée de mariage piégé est née de mon envie de parler de la condition de la femme. Sur les réseaux sociaux, j’ai ma propre page où je motive les femmes. Et avec mes échanges avec certaines femmes, j’ai eu vent de pas mal d’histoires de femmes ayant eu des problèmes. C’est cela qui m’a motivé à parler de mariage. Également, c’est pour faire ressortir que le mariage peut être un havre de paix ou de prison parce que souvent, on idéalise le mariage mais si on ne prend pas le temps de choisir le bon partenaire, on peut se retrouver dans une sorte de prison.

Sans trop dévoiler l’intrigue, quels sont les grands thèmes abordés dans ce livre ?
A travers Mariage piégé, j’aborde le thème du choix du partenaire. Il faut choisir un partenaire qui nous ressemble. Aussi, lorsqu’on rentre dans le mariage, il y a des attentes. Ces attentes peuvent ne pas être ce qui va réellement se passer. Donc j’amène les femmes à savoir se connaître d’abord avant de s’engager dans un mariage. Je parle également de la notion de pouvoir se révéler en tant que femme lorsqu’on s’engage dans un mariage et on se rend compte que ce ne sont pas les attentes que nous avions du mariage. Le dernier point, c’est la renaissance d’une femme nommée Victoria à travers Mariage piégé.
Quel message aimeriez-vous adresser aux jeunes femmes qui désirent emprunter la même voie que vous, celle de l’écriture ?
Au jeunes filles qui voudraient se lancer dans l’écriture, je leur dirais tout simplement d’oser. Oser croire en elle, oser croire en la vision que Dieu a mis en elle parce que moi je crois en Dieu, je crois qu’Il a une mission pour chacun et chacune d’entre nous sur terre. Pour moi c’est de dire à ces femmes d’oser croire en elles, en la vision qu’elles ont et d’oser passer à l’étape d’écriture parce que quand on écrit pas, on ne peut pas trouver son style. Tant qu’on ne passe pas à l’acte, on ne peut pas savoir. Il faut donc se lancer. Aussi, je leur dirai de participer à l’atelier d’écriture de la Women’s Empowerment Foundation.
Votre mot de fin
Pour conclure, je dirai d’abord merci à Dieu de m’avoir permis d’écrire Mariage piégé. Merci à la Women’s Empowerment Foundation de m’avoir, d’ avoir permis que je puisse entrer dans le monde littéraire à travers leur atelier. Merci à Elena Miro K qui est la Présidente du Conseil d’Administration de la fondation. Merci à Queen Mafa de m’avoir reçu et de me permettre de parler et d’apporter aussi ma voix. Merci à la maison d’édition qui a permis l’édition de ce roman Mariage piégé qui, je l’espère, va beaucoup toucher. Et merci à ma famille de m’avoir toujours soutenu, d’avoir toujours été là pour me motiver au quotidien.
Interview réalisée par Fabrice Sandwidi et Abdoulaye Ouédraogo/Queenmafa.net






