Contrôle, jalousie excessive, humiliation, manipulation émotionnelle, isolement, pression sexuelle et blessures répétées ! Le coach en relations amoureuses, conférencier, auteur et pasteur Hanniel Konan invite les couples à mieux distinguer l’amour des comportements qui portent atteinte à la dignité et à la liberté de l’autre. Dans une publication de sensibilisation sur Facebook, il interpelle les jeunes à reconnaître les signes d’une relation malsaine.
L’amour ne justifie pas tout. C’est le message du coach Hanniel Konan, qui met en garde contre certains comportements parfois, banalisés ou présentés comme des marques d’affection dans les relations amoureuses. À travers sept situations, il invite les jeunes, qu’il interpelle par les expressions « Happysista » et « Happybro », à faire preuve de discernement face aux attitudes susceptibles de dissimuler une volonté de domination.
Le premier comportement pointé est le contrôle déguisé en protection. Interdire à son partenaire de fréquenter ses amis, exiger ses mots de passe ou réclamer sa localisation à tout moment peuvent être présentés comme une marque d’inquiétude. Pourtant, selon l’auteur, la protection ne doit pas devenir un moyen de supprimer l’autonomie de l’autre. « La protection cherche ton bien. Le contrôle cherche à imposer son pouvoir », a-t-il souligné.
Le deuxième comportement concerne la jalousie excessive présentée comme une preuve de passion. Si la jalousie peut exister dans une relation, elle ne saurait justifier les accusations constantes, la surveillance ou les interdictions. S’appuyant sur 1 Corinthiens 13:4, Hanniel Konan rappelle que l’amour ne se caractérise pas par une jalousie envieuse. Pour lui, une relation équilibrée ne devrait pas contraindre l’un des partenaires à prouver continuellement son innocence.
L’auteur a aussi attiré l’attention sur l’humiliation déguisée en franchise. Les critiques répétées, les moqueries, les insultes et les comparaisons dévalorisantes peuvent être justifiées par la volonté de dire la vérité ou d’aider l’autre à progresser. Hanniel Konan a estimé que la franchise ne dispense pas du respect.
Le quatrième signe est la manipulation émotionnelle présentée comme une preuve d’attachement. Des déclarations telles que « Si tu me quittes, ma vie est terminée » ou « Si tu m’aimais vraiment, tu accepterais » peuvent susciter la culpabilité et pousser un partenaire à renoncer à ses limites. Hanniel Konan a distingué le fait de compter pour quelqu’un de la responsabilité d’assurer, à soi seul, son équilibre émotionnel. Il a précisé que les menaces d’automutilation ou de suicide doivent être prises au sérieux et nécessitent le recours à une aide adaptée, sans que la personne visée soit contrainte de rester dans la relation.
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L’isolement déguisé constitue le cinquième comportement dénoncé. Éloigner son partenaire de ses amis, discréditer ses proches ou l’empêcher de demander conseil peut favoriser une dépendance affective. Pour l’auteur, l’intimité du couple ne doit pas conduire à la rupture systématique des autres liens de confiance. « L’amour construit une intimité. L’emprise construit une dépendance », a-t-il résumé
Le sixième point porte sur la pression sexuelle présentée comme une preuve d’amour. Des phrases comme « Si tu m’aimes, pourquoi tu refuses ? » peuvent servir à obtenir une intimité que l’autre ne souhaite pas. Hanniel Konan a rappelé que le désir ne confère aucun droit sur le corps du partenaire et que le consentement demeure indispensable, y compris dans le mariage. Pour les couples chrétiens qui choisissent l’abstinence avant le mariage, il a insisté également sur le respect des limites fixées d’un commun accord, en référence à 1 Thessaloniciens 4:3-5.
Enfin, il met en garde contre les blessures répétées minimisées au nom de l’imperfection humaine. Des excuses suivies des mêmes comportements, des promesses de changement sans effets concrets et des blessures récurrentes ne doivent pas être systématiquement justifiées par l’idée que personne n’est parfait. Selon lui, la réconciliation suppose une reconnaissance sincère du tort causé et des changements observables dans la durée.
L’amour ne doit pas effacer la dignité
Au-delà de ces sept situations, Hanniel Konan a rappelé que les désaccords, les maladresses et les incompréhensions font partie de la vie de couple. Cependant, ces difficultés ne doivent pas servir à normaliser la violence, l’intimidation, la manipulation ou le non-respect répété des limites personnelles.
Son message s’adresse particulièrement aux jeunes chrétiens, qu’il invite à ne pas interpréter les enseignements bibliques sur la patience et le pardon comme une obligation de subir des comportements destructeurs. Il a souligné que la foi et l’amour ne doivent pas être invoqués pour justifier la maltraitance.
En cas de violence ou d’intimidation, il a recommandé de rechercher du soutien auprès de personnes de confiance ou de professionnels compétents, tout en donnant la priorité à sa sécurité.
Abibata Kara, stagiaire



