Santé et bien-être : Laurence Tyano explique le rôle de l’alimentation dans la gestion du stress

À l’occasion de la 4e édition des Journées de l’alimentation saine et du bien-être, tenues les 31 octobre et 1er novembre 2026, la psychologue et conseillère familiale Laurence Tyano a animé une communication autour du thème « Alimentation, stress et bien-être : prendre soin de sa santé mentale au quotidien ». Elle a mis, en lumière, l’interaction entre le cerveau et l’intestin en invitant les participants à adopter de meilleures habitudes alimentaires et un mode de vie favorable au bien-être.

Le stress n’est pas toujours un ennemi. Il constitue, dans certaines circonstances, une réaction naturelle de l’organisme face à une situation perçue comme dangereuse. Mais lorsqu’il s’installe dans la durée, il peut devenir chronique et avoir des conséquences sur la santé physique et psychologique. C’est l’un des principaux enseignements de la communication de Laurence Tyano, psychologue et conseillère familiale, lors de la 4e édition des Journées de l’alimentation saine et du bien-être.

Selon l’intervenante, les conflits personnels, la surcharge de travail et les difficultés financières figurent parmi les facteurs susceptibles de provoquer du stress. Face à une menace, le corps déclenche naturellement une réaction de défense, connue sous le nom de « fight or flight response », qui prépare l’organisme à fuir ou à combattre. Cette réaction entraîne notamment une accélération du rythme cardiaque, une libération d’hormones comme le cortisol et l’adrénaline ainsi qu’un ralentissement de la digestion.

Cependant, lorsque cette situation de tension perdure, les conséquences peuvent devenir préoccupantes. Troubles du sommeil et de la digestion, variations du poids, perturbations du cycle menstruel chez les femmes et risques de maladies chroniques font partie des effets évoqués par la psychologue.

Le cerveau et l’intestin, deux organes étroitement liés

Au-delà des manifestations physiques, Laurence Tyano a  insisté sur la relation entre le cerveau et l’intestin. Elle a rappelé que ce dernier possède un système nerveux complexe, souvent qualifié de « deuxième cerveau » et qu’il abrite un microbiote composé de milliards de micro-organismes participant au fonctionnement de l’organisme.

Cette relation fonctionne dans les deux sens. Le cerveau influence le fonctionnement de l’intestin tandis que les informations provenant de l’intestin peuvent également agir sur les émotions, l’humeur, la mémoire et les perceptions.

Pour illustrer cette interaction, l’intervenante a évoqué la sérotonine, un neurotransmetteur associé à la régulation de l’humeur et de l’appétit, dont la majeure partie est produite dans l’intestin. Ainsi, une situation de stress peut provoquer une boule au ventre ou une perte d’appétit. À l’inverse, l’alimentation et l’état du système digestif peuvent également influencer le bien-être psychologique.

Elle a également évoqué les recherches qui explorent les liens entre les déséquilibres du microbiote intestinal et certaines maladies neurologiques, métaboliques et psychiques, notamment la dépression et l’anxiété. Des pistes de recherche qui soulignent l’importance de mieux prendre en compte, la santé intestinale dans la compréhension du bien-être mental.

Une alimentation équilibrée pour mieux réguler le stress

Pour préserver cet équilibre entre le cerveau et l’intestin, Laurence Tyano a attiré l’attention sur certaines habitudes alimentaires peu favorables à la gestion du stress. Parmi elles, figure la consommation excessive de caféine, de boissons énergisantes, de sucres raffinés et d’alcool. Mais aussi, le grignotage fréquent et la consommation régulière de produits ultra-transformés.

Elle a aussi encouragé les participants à privilégier une alimentation naturelle, diversifiée et riche en nutriments. À ce titre, elle a recommandé plusieurs aliments accessibles, notamment les légumes verts, les bananes, les noix, le chocolat noir contenant au moins 70 % de cacao, les petits poissons, les œufs, la volaille, les céréales complètes et les légumineuses, à l’image du benga, plat bien connu au Burkina Faso.

Ces aliments apportent notamment du magnésium, des oméga-3 et des vitamines du groupe B, des nutriments qui contribuent au bon fonctionnement du système nerveux.

Au-delà du choix des aliments, la psychologue a insisté sur la manière de manger. Elle a invité les participants à prendre le temps de s’asseoir, de bien mastiquer et de savourer leurs repas, plutôt que de manger rapidement, debout ou devant un écran. Des gestes simples qui peuvent contribuer à améliorer les habitudes alimentaires et le confort digestif.

Le sommeil et la détente, des alliés du bien-être

Pour mieux gérer le stress, Laurence Tyano a  recommandé d’intégrer des moments de détente dans le quotidien. Les étirements, les automassages, la méditation, les exercices de respiration, l’écoute de musique et les sorties entre amis font partie des pratiques qu’elle a proposées.

Elle a conseillé le sommeil en recommandant une durée de sept à huit heures par nuit. Elle a souligné que le repos contribue à la régulation hormonale, un aspect particulièrement important chez les femmes, dont les variations hormonales sont notamment liées aux cycles menstruels.

Son message aux participants est  une invitation à prendre soin simultanément de leur corps et de leur esprit, car la santé mentale se construit aussi dans l’assiette.

Abibata KARA, stagiaire

 

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