Suspension des concours de beauté : une décision salutaire selon princesse Yabré Juliette Kongo

Le gouvernement a suspendu jusqu’à nouvel ordre, l’organisation des concours de beauté au Burkina Faso. S’en est suivie la décision de la Ministre de la Famille et de la Solidarité, la Camarade Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, interdisant d’afficher les bénéficiaires de dons avec les sacs de riz, macaronis, bidons d’huile et autres. A l’occaion du festival Afro Renai-science tenu du 4 au 5 juillet au musée national de Ouagadougou, nous avons recueilli l’avis de la promotrice du musée de la femme de Kologondiesse, Princesse Juliette Kongo sur ces deux sujets d’actualités.

Les concours de beauté au Burkina sont innombrables, chacun y allant selon ses objectifs et ses critères Mais, la question qu’on se pose : À quoi rime tout ça?

Juliette Kongo a fourni sa réponse. Selon elle, dans les concours de beauté, rarement les femmes se valorisent, à travers le naturel. Ce sont les mèches brésiliennes, des artifices, des accessoires et des tonnes de maquillage qui finissent par dénaturer la vraie beauté de ces femmes et jeunes filles.

«Je suis très contente que le ministre ait enfin pris cette décision pour les concours de beauté. La beauté est relative à quoi même? Parce que tu as mis le maquillage et ton visage est devenu comme celui d’un chimpanzé ? Je ne vois pas l’interêt de tout ça», fustige-t-elle.

Poussant plus loin, la réflexion, elle souligne que la femme africaine est belle, naturellement et que toutes les femmes sont belles, à leur manière. De pareils concours sont inutiles et ne font que frustrer les filles.

La bonne formule serait selon elle, d’organiser plutôt des concours dont le but est de valoriser l’intelligence des filles et de les accompagner pour qu’elles puissent réussir leur vie. «Des concours de beauté où on donne des millions à des filles qui ne connaissent même pas la valeur de leur vie ou bien, on leur donne des objets qui les amènent même à être en déphasage avec la réalité de leur famille. Vraiment, c’est pas nécessaire», a-t-elle interpellé souhaitant que la suspension soit définitive.

De son avis, si par exemple, on doit faire des concours, il faut que ce soit dans le domaine de l’art culinaire, de la propreté, des sciences, du leadership… Des initiatives qui vont permettre aux femmes et filles de démontrer comment elles peuvent exprimer leur patience, leur devoir de femme, etc.

Qu’on leur apprenne les valeurs sociales et culturelles comme ce que l’on apprenait aux jeunes filles, dans les kéogo!

Il est également possible de faire un concours d’art capillaire où les filles apprennent à se natter et à aimer les coiffures naturelles africaines. C’est plus porteur que les concours de beauté où les gens achètent des mèches brésiliennes pour mettre sur leur tête avec tous les risques de cancers que l’on connaît.

L’autre sujet d’actualité sur lequel, elle s’est penchée est la problématique des dons dans le domaine humanitaire. Il est désormais, exigé une accréditation des ONG avant d’agir et de ne plus afficher les personnes dites vulnérables.

« Je suis d’accord avec Madame la ministre. Elle a bien fait. Depuis 2005, je fais des dons, je scolarise plus de 800 enfants dans ce pays. Mais, je n’ai jamais publié les images des personnes vulnérables. Ce n’est pas bon, il ne faut pas vendre la misère des gens. Il faut respecter la dignité des gens, même s’ils sont pauvres. C’est pour ça que j’aime cette ministre. Elle est dans mes cordes et j’adore ce qu’elle fait», a-t-elle clamé.

De ses explications, ce n’est pas parce que la personne traverse des moments difficiles et se cherche qu’il faut l’exposer sur les réseaux sociaux. Souvent, c’est abusé de la part de certains donateurs. En faisant comme ça, ils ne respectent ni la liberté de l’individu ni ses droits. Toute chose que Juliette Kongo déplore parce qu’elle estime que ce n’est pas bon. «En tout cas, je soutiens cette ministre. Merci pour ce que vous faites», a-t-elle insisté.

Françoise Tougry

Dernières nouvelles

ARTICLES SIMILAIRES