Chaque année, des milliers de femmes et de filles perdent la vie sous les coups de leur conjoint, de leur partenaire intime ou d’autres membres de leur famille. Face à cette tragédie, la prévention des violences, la protection des victimes et la sensibilisation des populations deviennent des solutions pour lutter contre ce fléau.
Chaque jour, 137 femmes et filles sont tuées par leur partenaire intime ou un membre de leur famille dans le monde. Soit une victime toutes les dix minutes. Ces chiffres figurent dans le rapport mondial sur les féminicides en 2024, publié le 25 novembre 2025 par ONU Femmes et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Selon ce rapport, environ 50 000 femmes et filles ont été tuées par un partenaire intime ou un membre de leur famille en 2024, sur presque 83 000 femmes et filles victimes d’homicides intentionnels dans le monde cette année-là. L’Afrique est le continent qui enregistre le plus grand nombre de féminicides commis dans la sphère privée, avec environ 22 000 victimes. Le taux estimé y atteint 3 victimes pour 100 000 femmes et filles, devant les Amériques, l’Océanie, l’Asie et l’Europe.
L’Afrique face à une violence persistante
En Afrique du Sud, les violences faites aux femmes demeurent une grande préoccupation. Selon la quatrième étude nationale sur les féminicides, publiée par le Conseil sud-africain de la recherche médicale (SAMRC) en septembre 2024 et présentée le 9 octobre de la même année, le taux de féminicides commis par un partenaire intime s’élevait à 5,5 victimes pour 100 000 femmes au cours de la période 2020-2021. Cette étude montre également que 60 % des femmes assassinées durant cette période avaient été tuées par leur partenaire intime.
Au Cameroun, la multiplication des féminicides suscite également l’inquiétude. Selon les chiffres attribués au ministère de la Promotion de la femme et de la famille, au moins 50 femmes ont été tuées entre janvier et avril 2026. En l’espace de huit jours, au moins 8 femmes auraient également perdu la vie dans des violences conjugales, d’après les informations rapportées par les autorités. Les données communiquées par les autorités camerounaises font état de 50 féminicides en 2023, de 67 en 2024 et de 77 en 2025. Les chiffres rapportés pour les premiers mois de 2026 témoignent, eux aussi, de la gravité de la situation. Certains actes de violence ont même été filmés et diffusés sur les réseaux sociaux.
Prévenir, protéger et briser le silence
Face à ces crimes, la lutte contre les féminicides ne doit pas se limiter à la condamnation des actes après leur commission. Elle doit exiger des initiatives de lutte coordonnées entre les pouvoirs publics, les services de sécurité, la justice, les structures de prise en charge.
La prévention doit passer par la sensibilisation aux violences basées sur le genre, la promotion de relations fondées sur le respect et l’égalité, et l’identification précoce des situations à risque. Les menaces, les violences physiques, et les agressions répétées ne doivent pas être banalisés ni considérés comme des conflits foyers.
Abibata Kara, stagiaire



