Apporter leur contribution au développement du secteur éducatif au Burkina Faso, c’est l’engagement pris par ces femmes que nous avons rencontrées dans une école de la place. Entre passion du métier, difficultés du quotidien et attente de reconnaissance, cinq d’entre elles, nous racontent leur vocation.
Les années de service diffèrent : quatre cinq, sept ou neuf ans pour certaines, quatorze pour Marie Sama Kambou. Toutes disent pourtant la même chose : voir un enfant apprendre, progresser et gagner en autonomie reste leur plus grande satisfaction.
« On est passionné du métier. Donc, c’est ce qui nous donne notre détermination sur le terrain », témoigne Zalissa
Cette passion n’efface pas les soucis. La question salariale revient dans chaque témoignage. « On travaille, on travaille. Mais, l’amélioration côté salaire, c’est un peu compliqué », confie une enseignante. Après quatorze ans de métier, Marie Sama Kambou résume : « Quand tu as faim, c’est compliqué ».
Un rôle qui dépasse la salle de classe
Auprès des plus jeunes surtout, les enseignantes doivent écouter, rassurer et parfois, gérer des situations qui dépassent le cadre des apprentissages. Cette charge s’alourdit quand les enfants manquent de suivi à la maison.
Pour elles, la réussite scolaire est une responsabilité partagée entre l’école et la famille. « C’est bien vrai qu’on est avec eux sept heures. Mais, on ne peut pas tout faire à l’école. Les parents doivent mettre leurs mains à la pâte.
Elles rappellent aux parents quelques gestes simples : suivre les devoirs, consulter les cahiers, échanger avec les enseignants ou simplement passer à l’école.
Une reconnaissance encore attendue
Les enseignants souhaitent que leur engagement soit mieux reconnu, notamment par de meilleures conditions de travail.
Depuis l’arrivée du capitaine Ibrahim Traoré, elles constatent une évolution qu’elles saluent, disent-elles. Elles espèrent que cette dynamique se poursuivra et qu’elle se traduira, à terme, par une amélioration concrète de leur quotidien.
Elles saluent également les initiatives qui encouragent l’excellence, comme le concours Hakili Mousso, qui promeut l’excellence scientifique des jeunes filles. Pour l’une d’elles, récompenser aussi les éducateurs qui ont contribué à la réussite des candidates est une source de motivation. Toutes espèrent voir ces initiatives s’étendre à d’autres volets de l’éducation.
Derrière chaque leçon donnée, chaque cahier corrigé et chaque enfant accompagné, il y a une enseignante avec ses contraintes et l’espoir de voir ses élèves réussir. « Voir son élève à un certain niveau de la vie est notre plus grande réussite », confie Adjaratou Cissé. Notre objectif, c’est de voir les élèves faire mieux que leurs parents.
Fadima Cissé stagiaire



