Le court-métrage « Mia » de la jeune réalisatrice burkinabè Hana Halia Lebo Traoré a remporté le Prix de la critique de cinéma du Burkina. La distinction lui a été remise, ce lundi 12 octobre 2026, lors de la Semaine de la critique de cinéma de Ouagadougou (SECRICO).
Formée par les « Elles du Cinéma » d’Apolline Traoré, la réalisatrice a convaincu le jury avec sa première œuvre qui aborde le harcèlement sexuel chez les jeunes et les dangers liés à l’utilisation du téléphone portable. Elle était en compétition avec « L’Audition » d’Anaïs Irma Kayaba Kéré et « Sous le rônier » d’Orokia Barro.
Une histoire pour alerter les jeunes
Dans « Mia », une jeune fille est victime de harcèlement de la part de son petit ami. À travers cette histoire, Hana Traoré veut montrer les risques auxquels les adolescents peuvent être exposés sans en mesurer les conséquences.
Son inspiration vient des expériences vécues pendant l’adolescence et du désir de certains jeunes de s’affranchir de l’autorité parentale. « Avec du recul, je me suis rendue compte qu’on s’exposait à des dangers dont on n’avait pas conscience », explique-t-elle.
Cette récompense encourage la jeune réalisatrice à poursuivre son parcours. « Elle me donne envie d’apprendre davantage, de raconter des histoires qui me parlent et qui, je l’espère, toucheront les gens », confie-t-elle.
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Trois critères pour convaincre le jury

L’analyse a notamment porté sur les images, le montage, la musique et la manière de raconter. Pour la vice-présidente, une œuvre doit pouvoir toucher des personnes de différentes cultures.
Placée sous le thème « Les Étalons d’or de Yennenga, éléments d’émulation du cinéma au Burkina Faso », cette édition a également permis de revoir des films burkinabè ayant remporté cette distinction. Les échanges ont porté sur leur contribution au développement du cinéma national.
Des journalistes ont aussi bénéficié d’une formation en critique et en écriture cinématographiques, sanctionnée par des attestations.
Pour Abraham Bayili, président de l’Association des critiques de cinéma du Burkina (ASCRIC-B), le cinéma a besoin de professionnels capables d’analyser les œuvres et de les faire connaître. L’association entend ainsi, encourager les cinéastes et donner plus de visibilité aux productions nationales. Le prix n’est pas accompagné d’une récompense financière. Mais, l’association souhaite renforcer sa reconnaissance auprès des professionnels et des institutions.
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Trois réalisatrices en compétition
Les trois œuvres retenues cette année ont toutes été réalisées par des femmes. Pour Abraham Bayili, cette présence témoigne de la place grandissante des femmes dans le cinéma burkinabè et mérite d’être encouragée.
Le président de l’ASCRIC-B a remercié le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, l’Agence burkinabè de la cinématographie et de l’audiovisuel (ABCA) ainsi que la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel (FNCA) pour leur accompagnement.
La prochaine rencontre est annoncée pour le 31 octobre 2026 à l’ISIS-SE. Sous réserve de l’accord des équipes de production, les trois courts-métrages seront projetés, suivis d’échanges avec le public.
Fadima Cissé stagiaire



