Lutte contre les violences sexuelles : jeunes et acteurs de la société civile appelés à agir

Les violences sexuelles peuvent être considérées comme tout acte ou comportement sexuel imposé à une personne sans son consentement. Cependant, le consentement donné par certaines personnes n’est vraiment pas pris en compte pour des raisons d’âge ou de santé mentale. Ces violences constituent l’une des atteintes les plus graves dans nos sociétés et appellent à la responsabilité de tous, pour les éradiquer.

C’est dans ce sens que la Communauté des jeunes engagés du Burkina Faso a réuni plusieurs acteurs de la société civile ainsi que des jeunes autour du thème : « Tolérance zéro face aux violences sexuelles : rôles et responsabilités des jeunes et de la société civile ». Cette rencontre a permis d’échanger sur les raisons de la persistance de ces actes et les actions à mener pour lutter efficacement contre ces pratiques.

Malgré les campagnes de sensibilisation, les violences sexuelles persistent et cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Le facteur le plus fréquent est le comportement au sein de la société.  La chargée de projet du Mouvement Citoyen Femin-in, Sabine Gampéne, estime que ces violences ne relèvent pas d’une simple pulsion incontrôlée. Mais, elles traduisent plutôt, une culture de domination entretenue par le patriarcat et les inégalités sociales.

« La société a, en effet, travaillé au renversement de la culpabilité. On culpabilise la victime. Il y’a une tendance à pointer du doig,t son habillement, sa réputation », a-t-elle mentionné.

Aussi, le silence ou l’indifférence favorise les actes de violences. « Lorsqu’on parle de violences sexuelles, il y a une certaine indignation. Mais, après l’indignation, il y a un silence qui protège les auteurs de ces actes », a déploré Pierrette Zida de l’Association des Femmes Juristes.

Pierrette Zida/ Association des Femmes Juristes

La situation économique, la peur d’être rejeté ou la peur de perdre son travail pousse également, certaines victimes à préférer garder le silence. A cela s’ajoute, une méconnaissance des mécanismes d’assistance offerts aux victimes. Tous ces éléments contribuent à entretenir ces violences pendant longtemps.

Face à cette situation, il est important de revoir les stratégies sur le terrain afin d’être plus efficace et pour ce faire, les intervenants ont appelé à une mobilisation collective impliquant les jeunes, les familles, les écoles, les organisations de la société civile et les autorités communautaires.

Le coordonnateur de la communauté des jeunes engagés de l’Afrique de l’Ouest/ section Côte d’Ivoire, Palé Donko a insisté sur le rôle central de la jeunesse et son fort impact dans la sensibilisation, la prévention et le changement des mentalités. « Les jeunes doivent être considérés comme des partenaires dans la lutte contre les violences sexuelles », a-t-il soutenu.

Palé Donko, Coordonnateur reseau des jeunes engagés/ CI

Pour la chargée de projet du Réseau des Héroïnes du Faso, Flora Bandaogo, les campagnes ponctuelles de sensibilisation ne suffisent plus. Elle plaide pour une prévention continue impliquant tous les espaces de socialisation : familles, écoles, espaces numériques, leaders coutumiers et religieux.  « Il faut parler sans tabou », a lancé Flora, appelant à l’implication de tous.

Sur le plan juridique, Pierrette Zida relève des ambigüités dans certaines dispositions en la matière. Par conséquent, une clarification s’avère nécessaire. Elle propose, en plus, un durcissement des sanctions à infliger aux auteurs.

En ce qui concerne les mécanismes d’assistance et de prise en charge des victimes, ils demeurent encore méconnus des victimes. Ainsi, des actions de vulgarisation s’imposent afin de les faire connaître.

Flora Bandaogo, chargée de Projet/ Reseau des Héroïnes du Faso

Invite est également faite aux victimes à surpasser les obstacles et à combattre les préjugés « Vous êtes des victimes, vous n’avez pas à vous culpabiliser » a lancé Flora Bandaogo. Quant à Pierrette Zida, elle insiste sur la nécessité de donner de la voix. « Votre parole sera votre force pour vous rétablir dans votre droit ».

Au terme des échanges, un constat se dégage : les violences sexuelles ne sont pas une fatalité et leur éradication passe par une mobilisation collective, une éducation continue, la remise en cause des normes sociales tendant à institutionnaliser les violences et une implication forte des jeunes et de la société civile.

Bertrand Some (Stagiaire)

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