Indépendance financière : Pourquoi certains hommes ne veulent pas que leurs femmes travaillent

Cette centralité du travail révèle aussi des tensions, notamment autour de la place des femmes dans l’économie. 𝐋𝐚 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐬𝐬𝐚𝐲𝐨𝐮𝐧𝐞́ 𝐒𝐞𝐲𝐝𝐨𝐮 𝐒𝐨𝐦𝐚, 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐨𝐥𝐨𝐠𝐮𝐞.

Dans certains contextes, la réticence de certains hommes à voir leur épouse exercer une activité professionnelle s’explique par des héritages culturels profondément ancrés et sans doute, soutenus par une forme de méconnaissance ou d’un épouvantail effrayant qui soutient qu’une riche ou économiquement autonome devient peu conciliante et donc, difficile à vivre.

Le modèle traditionnel, qui confère à l’homme, le rôle de pourvoyeur et à la femme celui de gardienne du foyer, reste encore dominant dans de nombreux milieux. (Il faut admettre qu’à l’échelle du milieu traditionnel, cela participe de la gouvernance sociale.

C’est en milieu urbain ou considéré moderne, que ce modèle s’avère inadapté car apparaît un nouveau paradigme de la gouvernance sociale. Malheureusement, les critiques ne semblent pas tenir compte du changement de milieu et de paradigme).

À cela s’ajoutent, des facteurs d’ordre identitaire et symbolique :
– le travail féminin peut être perçu, à tort, comme une remise en cause de l’autorité masculine, surtout lorsque la femme gagne un revenu plus élevé. Car dit-on : ‘’Qui détient la bourse détient le pouvoir’’ et ‘’Une femme financièrement indépendante manquera toujours du respect à son mari’’.

(Là encore, on peut penser qu’il s’agit d’une insuffisance organisationnelle du ménage et de communication dans le couple. Les couples mieux organisés ne connaissent pas ce problème. L’autorité masculine ne doit pas être étouffante autant que la défiance de l’épouse vis-à-vis de son conjoint ne doit pas conduire à sa désocialisation aux yeux de la communauté…).

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Pourtant, les transformations économiques et sociales en cours rendent cette vision de, plus en plus, obsolète.

L’autonomie financière des femmes apparaît, aujourd’hui, comme un levier essentiel de développement. Une femme économiquement active renforce non seulement sa propre capacité de décision. Mais, elle améliore également, le bien-être de sa famille.

Les données empiriques sont constantes : les revenus des femmes sont davantage investis dans la santé, l’éducation et la nutrition des enfants, pour une famille mieux épanouie et des enfants qui, le plus souvent, réussissent mieux leur vie.

Françoise Tougry

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