Communément appelé houssounan au Mali, thiouraye au Sénégal et woussounan ou houssounan au Burkina Faso, l’encens est une association de plantes aromatisées, utilisées pour parfumer les vêtements, le corps et la maison. Autrefois incontournable dans le quotidien des femmes, l’encens perd de plus en plus sa place face à l’essor des parfums qui redéfinissent les habitudes.
Pour en savoir d’avantage, nous sommes allés à la rencontre de Nafissatou Kaboré, vendeuse d’encens depuis plus de deux ans au marché de 10 Yaar, à Ouagadougou.
Elle explique qu’il existe plusieurs variétés d’encens. Certains encens sont à pulvériser, comme le wouslangui. D’autres s’utilisent sur des braises, notamment le Sarakadani, le guelenissin, le coco râpé, la fleur, le guelekoumba… Il y en a aussi qu’on met dans les vêtements, comme le gongonmougou.
Si certains utilisent l’encens pour sa bonne odeur, d’autres le font pour ses vertus protectrices, et d’autres pour son pouvoir de séduction.
Interrogée à ce sujet, dame Kaboré confirme l’existence d’encens de séduction. « Oui, il y’a des encens de séduction. Si vous l’utilisez, même si votre mari avait l’habitude de rentrer tard après le boulot, ça ne sera plus le cas. Ça atténue les querelles de couples et détend l’atmosphère », confie-t-elle.
Elle précise que cet encens s’utilise sur des braises, comme les autres. On peut encenser la pièce ou s’encenser soi-même. Il s’utilise sur une durée d’au moins, deux semaines. Il existe aussi des encens de séduction spécialement dédiés à l’hygiène intime de la femme, permettant de garder une bonne odeur durant toute la nuit.

L’encens a également des vertus protectrices. Il permet de chasser les mauvais esprits et même, de mettre fin aux mauvais rêves.
Malgré l’invasion des parfums et déodorants sur le marché, les encens continuent de se vendre et même très bien. « Oui, les encens se vendent toujours, et même plus que les parfums. Etant donné que je vends aussi des parfums, j’ai remarqué que le stock de woussounan s’épuise plus vite que celui des parfums », explique la vendeuse.
Pour elle, l’encens ne risque pas de disparaître au profit des parfums, il reste profondément ancré dans les habitudes. « L’encens est même devenu une tradition dans certaines ethnies », dit-elle.
Certaines personnes estiment d’ailleurs, que les parfums sont faits pour les jeunes filles, tandis que les « vraies femmes » privilégient l’encens.

Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas que les femmes qui achètent de l’encens. Les hommes aussi s’y intéressent, nous confie dame Kaboré qui dit recevoir de plus en plus d’hommes à la recherche d’encens.
Par ailleurs, si l’odeur de certains encens se dissipe rapidement, cela est dû à l’insuffisance d’un ingrédient appelé eau de parfum, nous confie Nafissatou Kaboré. « Lorsque l’eau de parfum n’est pas en quantité suffisante lors de la préparation, le parfum ne tient pas longtemps. On remarque aussi que certains encens deviennent secs et inodores après quelques jours, ce qui s’explique également par ce manque » , soutient-elle.
Entre traditions et recherche de bien-être, l’encens continue de séduire aussi bien les femmes que les hommes. Qu’il soit utilisé pour parfumer, protéger ou séduire, le woussounan continue de traverser le temps et reste ancré dans les habitudes quotidiennes.
Latyfah Sawadogo/QueenMafa.net


