Fonds Pananetugri : trois ans d’engagements aux côtés des organisations féminines

Ce jeudi 25 juin 2026, le Fonds Pananetugri a tenu un webinaire consacré à la restitution du rapport de capitalisation de ses trois années d’actions. Fonds féministe africain, le Fonds Pananetugri accompagne des organisations de femmes et de jeunes filles qui portent des initiatives en faveur des changements sociaux durables dans leurs communautés.

Placée sous le thème « Trois ans d’actions, de résultats et d’apprentissages », cette rencontre en ligne a débuté à par le mot de bienvenue de Wendyam Micheline Kaboré, coordonnatrice du Fonds Pananetugri. « Le monde fait face à de multiples crises et le financement des organisations féministes est, de plus en plus, difficile. L’objectif de ce webinaire est de tirer des enseignements collectifs des actions antérieures et de créer un espace de réflexion et de coconstruction », a-t-elle indiqué.

Après cette introduction, la responsable des subventions du Fonds Pananetugri, Dieynaba N’Diom a présenté les résultats de la capitalisation.

Elle a précisé que l’objectif de cette démarche est de mettre   en lumière, les bonnes pratiques, les défis persistants et les opportunités de développement dudit Fonds, à travers une approche participative impliquant l’ensemble des parties prenantes.

Selon les résultats présentés, le Fonds couvre neuf (9) pays d’Afrique de l’Ouest francophone dont plus de cinquante (50) organisations féministes ont bénéficié de financements au cours de ces trois années, plus de cent (100) subventions ont été accordées, notamment des subventions de démarrage, de consolidation et d’innovation.

Le contexte de la philanthropie féministe en Afrique a également été abordée. Des obstacles à cette philanthropie ont été relevés notamment les ressources limitées, un jargon technique peu accessible ainsi que la barrière linguistique car de nombreux financements sont proposés principalement en anglais.

La présentation des résultats s’est poursuivie avec l’identification des bonnes pratiques du Fonds Pananetugri parmi lesquelles,  une vision partagée entre les acteurs, une expertise reconnue, une bonne maîtrise du contexte régional ainsi qu’une approche flexible fondée sur les principes féministes.

Malgré ces acquis, plusieurs défis restent à relever notamment la mobilisation des ressources. En effet, présent dans neuf pays d’Afrique de l’Ouest, le Fonds Pananetugri fait face à une insuffisance des financements. Les ressources humaines constituent également un défi important car le Fonds a longtemps fonctionné grâce à l’engagement bénévole de plusieurs acteurs.

Des questions liées à la gouvernance et à l’autonomisation institutionnelle ont également été soulevées, le Fonds ayant été créé et longtemps affilié à l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF).

La communication et la visibilité des actions figurent aussi parmi les défis. Malgré les efforts déjà entrepris, la communication ne reflète pas encore pleinement l’impact des interventions du Fonds sur le terrain.

 

Pour Wendyam Micheline Kaboré, l’un des défis rencontrés avec certaines organisations partenaires concerne l’appropriation réelle des valeurs féministes. « Il ne suffit pas de dire qu’on est une organisation féministe. Il faut travailler à refléter cette vision. C’est pourquoi nous effectuons beaucoup de visites de terrain pour vérifier si c’est réellement le cas », a-t-elle expliqué. Elle a également abordé la confusion fréquente entre l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme (IPBF) et le Fonds Pananetugri. Alors que l’IPBF est une organisation de promotion des droits des femmes et des jeunes filles, le Fonds Pananetugri est un mécanisme de financement des organisations féministes. Une confusion, par ailleurs, reconnue par le rapport, qui souligne la nécessité de marquer la séparation et l’autonomie des deux structures.

Après avoir dressé le bilan complet des trois années d’exercice, Dieynaba N’Diom a terminé la présentation du rapport de capitalisation par les recommandations. Des recommandations que le Fonds entend prendre en compte dans la poursuite de ses actions.

Répondant à la question d’un participant sur les relations entre le Fonds et les pouvoirs publics, Wendyam Micheline Kaboré a précisé que le Fonds collabore avec les autorités burkinabè. Elle se fait également hors de nos frontières par l’intermédiaire des organisations partenaires ».

Une autre intervenante, Benedicta Aloakinnou, journaliste et féministe béninoise a évoqué les difficultés d’accès aux financements. Selon elle, les critères imposés par certains bailleurs sont souvent très rigides et les financements passent par plusieurs intermédiaires avant d’atteindre les organisations bénéficiaires. Elle a également souligné que plusieurs bailleurs considèrent encore certaines régions africaines comme des zones à risque et préfèrent investir dans des contextes jugés plus stables.

Au cours de ce webinaire, les résultats présentés se sont accompagnés de témoignages concrets des organisations soutenues par le Fonds Pananetugri. Pour  Zita Désirée Belem, présidente de l’Association pour un Monde Meilleur « Il y a beaucoup d’organisations de femmes handicapées qui existent, mais qui ne sont pas suffisamment reconnues. Grâce au Fonds Pananetugri, nous sommes aujourd’hui mieux structurées et reconnues au niveau national et régional », a t-elle dit. Azonglahoun Phoebe, présidente de l’ONG ADISS ajoute : « Nous sommes une jeune organisation. Mais, grâce à l’accompagnement et au renforcement de capacités apportés par le Fonds Pananetugri, nous parvenons aujourd’hui à mobiliser de nouveaux financements ».

Les efforts du Fonds sont également salués par Sokhna Ba, présidente de APEL-JFF: « Depuis la création de notre organisation, nous n’avions bénéficié d’aucun financement. Le Fonds Pananetugri nous a accordé notre premier financement. Ce qui est exceptionnel, c’est qu’il ne s’est pas limité au financement. Il nous a accompagné dans notre développement organisationnelle », dt-elle.

Un avis partagé par Fanta  Kaba du Club des Féministes de Macenta, Farida Tiemtoré du Réseau des Héroïnes du Faso…

Au-delà de la présentation du rapport et des témoignages, les échanges avec les participants ont permis d’enrichir la réflexion. À travers leurs questions, leurs observations et leurs propositions, ils ont partagé leurs attentes et leurs perspectives pour renforcer l’action du Fonds.

Le webinaire s’est achevé par une séance de questions-réponses et sur une note de remerciements adressés aux partenaires et aux participants. Un prochain webinaire consacré à la stratégie du Fonds Pananetugri est prévu afin de permettre aux organisations intéressées d’en apprendre davantage.

 

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