Thèse de doctorat : Josiane Wenmenga Yaméogo décroche la mention honorable

Après trois ans de recherche sur la communication orale en mathématiques dans les écoles bilingues du Burkina Faso, Josiane Wenmenga Yaméogo a soutenu sa thèse, ce lundi 21 septembre 2026. Un parcours exigeant, mené entre travail scientifique, missions de terrain et vie de famille. Elle a obtenu la mention honorable.

Doctorante sous la direction du Pr Oumar Lingani, maître de recherche à l’Institut des sciences de société, elle a consacré ses recherches à l’évaluation de la communication orale dans les classes de mathématiques des écoles bilingues du Burkina Faso. Ses enquêtes de terrain se sont déroulées principalement dans les régions du Kadiogo et de l’Oubri, Nazinon et Guiriko

S’appuyant sur une méthodologie mixte, qui associe questionnaires, entretiens et analyse d’enregistrements de séquences de classe, la doctorante a abouti à plusieurs conclusions majeures, parmi lesquelles, l’oral est moteur de la réflexion mathématique. La communication orale n’est pas un simple outil de transmission. Elle structure la compréhension et la construction des raisonnements chez les élèves.

Les observations de terrain montrent que le passage fluide de la langue maternelle au français aide les apprenants à mieux saisir et à expliquer des concepts scientifiques complexes. Ainsi, l’étude fournit des repères pratiques et scientifiques pour guider l’intégration des langues nationales dans l’enseignement des disciplines scientifiques au primaire.

Le jury était composé du professeur Abou Napon président , du professeur Oumar Lingani , des professeurs Daouda Traoré et Bertrand kaboré comme rapporteurs.

 Les recommandations du jury

Tout en saluant la pertinence, l’originalité et la rigueur du travail, le jury a formulé plusieurs recommandations pour l’amélioration du document. Il s’agit entre autres, d’étendre l’étude à d’autres régions afin de couvrir d’autres réalités sociolinguistiques et de renforcer la représentativité nationale des données. Les universitaires ont insisté sur la nécessité de poser les bases d’un vocabulaire scientifique et didactique spécialisé en langue nationale, pour faciliter l’enseignement des mathématiques.

À l’issue des échanges, le jury a jugé le travail acceptable et lui a décerné la mention « honorable ». Une distinction qui couronne plusieurs années de travail.

« Je suis vraiment très ravie. Je remercie Dieu de m’avoir donné la santé et de m’avoir permis de mener cette recherche jusqu’au bout », confie-t-elle.

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 Associer vie de famille et terrain sur le terrain

Derrière cette réussite se cachent des années de sacrifices et des difficultés liées à la collecte des données. Elle a dû se rendre dans plusieurs localités entraînant des déplacements coûteux en ressources (un investissement financier et humain).

 

À ces contraintes, s’ajoutent les responsabilités familiales et la recherche. « En tant que mère de famille, ce n’était facile de concilier les deux », reconnaît-elle

 

Malgré ces obstacles, la doctorante est allée jusqu’au bout, convaincue qu’une recherche de longue haleine exige persévérance, implication et beaucoup d’engagement.

Au-delà de la distinction, les travaux abordent un enjeu éducatif majeur. Ils nourrissent la réflexion sur les pratiques d’enseignement et d’apprentissage, ainsi que sur l’intégration des langues nationales dans les écoles du pays.

Fadima Cissé stagiaire

 

 

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