Accueil 2016

Archives annuelles: 2016

Fatimata Bancé, première : « A la mort de Norbert, nous nous sommes sentis...

0

L’engagement des femmes en politique, leur positionnement sur les listes électorales, le débat sur le quota genre, les divisions au sein des partis sankariste… Fatimata Sawadogo/Bancé, première vice-présidente du Front des forces sociales (FFS), aborde ces questions, sans faux fuyant, dans cet entretien réalisé ce 3 septembre 2014.


L’engagement des femmes en politique, leur positionnement sur les listes électorales, le débat sur le quota genre, les divisions au sein des partis sankariste… Fatimata Sawadogo/Bancé, première vice-présidente du Front des forces sociales (FFS), aborde ces questions, sans faux fuyant, dans cet entretien réalisé ce 3 septembre 2014.

Queen Mafa : Après le décès du président de votre parti, vous avez assuré l’intérim. On s’est dit que c’était l’occasion pour une femme de diriger un parti sankariste. Mais au finish, c’est un homme qui a été investi président. Que s’est-il passé ? Avez-vous eu peur d’occuper le poste ?

Fatoumata Sawadogo Bancé(FSB) : C’est parce que nous avons voulu faire de la réal politique, comme les Anglais le disent. Il ne faut pas poser une action pour plaire ou pour satisfaire l’opinion ou une certaine mode qui en vogue. On ne met pas une femme pour qu’on dise qu’on a une femme présidente. Il faut mettre la personne qui peut vraiment assumer le rôle. Et le président Norbert Michel Tiendrébéogo a tellement chapeauté le FFS que, pour le remplacer, il fallait quelqu’un qui était auprès de lui, au jour le jour, qui connaissait beaucoup de choses et qui partait à certaines rencontres avec lui. En somme, la mémoire du parti. C’est le secrétaire général qui jouait ce rôle-là. Il maîtrisait beaucoup de chose et moi, pendant ma période d’intérim, j’avais beaucoup recours à lui pour gérer. Ce qui fait que nous avons trouvé que pour cette période-là, surtout avec les élections qui sont en vue, il ne sert à rien de vouloir paraître, mieux vaut être réaliste et mettre la personne qui maîtrise vraiment le parti, il connaît toutes les structures, de par le poste qu’il a occupé. Sinon, ça n’a pas été un problème pour mes camarades de me mettre ou pas. Il y a un comité qui a été mis en place, constitué des membres du bureau exécutif, élargi à certaines personnes du parti, qui devaient réfléchir, de façon réaliste, pour voir qui pouvait prendre les rênes du parti après Norbert, pour cette période-là. Et j’étais d’avis que le secrétaire général (SG) pouvait faire l’affaire. C’est ce qui a été fait.

Queen Mafa : Mais le SG pouvait aussi vous appuyer dans l’ombre ?

FSB : C’est vrai, mais pourquoi me mettre pour qu’on m’appuie pendant que quelqu’un peut faire le travail ? De toutes les façons, le FFS est là pour très longtemps. La présidence, on peut l’occuper à n’importe quel moment. Et, en plus, je pense qu’on peut servir le parti dans tous les postes. Je ne pense pas que le poste de vice-présidence que j’assume soit négligeable.

Queen Mafa : Le FFS a été le premier parti à quitter la coalition des partis sankaristes qui soutenaient la candidature de Me Bénéwendé Sankara pour la présidentielle à venir. Qu’est-ce qui s’est passé ?

FSB : Beaucoup de choses expliquent ce qui nous a fait quitter la coalition. Dans ce qui explique la situation, il y a du subjectif et de l’objectif. Les raisons objectives se situent du côté politique, là où on n’arrive pas à s’entendre sur certains points. Mais sur ce plan, peut-être que des concessions peuvent toujours se faire. Mais le côté subjectif, dont nous n’avons jamais parlé à aucune presse, c’est que Norbert, pour nous, au FFS, était comme un père. Et vous vous rendez compte qu’à la mort de Norbert, nous nous sommes sentis comme des orphelins. Me Sankara venait d’être désigné comme candidat des sankaristes, le 17 mai et le 22 mai 2014, Norbert est décédé. Et tenez-vous bien qu’à sa veillé funèbre, Me Sankara n’était pas là. Je n’oserai pas dire que même le CDP était là. Si je dis cela, c’est comme si je négligeais leur présence, non, mais c’est pour dire que Norbert a toujours combattu le CDP, c’est dans ce sens-là, mais ils étaient là et ils ont même fait un témoignage ; pour reconnaître en l’homme une certaine valeur. Je pense que personne ne pouvait mieux faire un témoignage sur le rôle de Norbert dans le Front progressiste sankariste que Me Sankara ! La plupart des dirigeants politiques que vous pouvez imaginer ont fait des témoignages, chacun sur un pan de la vie de Norbert. Le président Roch Marc Christian Kaboré, pour la présence de Norbert à l’Assemblée nationale pendant qu’il présidait l’institution, le président Zéphirin Diabré pour son rôle dans le CFOP. Chacun a témoigné sur un pan de la vie de l’homme. Je pense que le rôle de Norbert dans le mouvement sankariste a manqué. Me Sankara n’était pas là. Mais il était à Ouagadougou. Là n’est même pas le problème. Ça, ce n’est pas grave, mais l’enterrement ; même à l’enterrement, Me Sankara n’était pas là. Comment vous pouvez comprendre cette attitude ? Je ne sais pas, on peut peut-être donner des raisons, mais moi, je ne les accepte pas ! Sankara a été exhumé, certes, mais Me Sankara ne tenait pas la pelle, sans oublié que la femme de Thomas Sankara est venue à la Cathédrale, alors qu’elle est plus concernée par l’exhumation de son mari que Me Sankara. Vous voyez qu’il y a des raisons subjectives qui viennent s’ajouter à des raisons objectives que je ne peux pas tout évoquer ici…, qui ont fait que nous nous sommes dit qu’il fallait revoir les choses. Moi, en tout cas, en bonne africaine, vous pouvez ne pas venir à mon mariage, à mon baptême, à mon anniversaire, ce n’est pas un problème. Mais un décès, même si nous sommes des ennemis jurés, c’est le moment où ne jamais de se réconcilier. A plus forte raison que théoriquement, ce n’était pas des ennemis. Me Sankara et Norbert Michel Tiendrébéogo n’étaient pas des ennemis, c’est la même famille sankariste. Norbert a été le premier vice-président du Front progressiste sankariste (FPS), Romain Conombo du CNR-MS était le deuxième vice-président et moi j’étais la troisième vice-présidente. Donc, que le premier vice-président du Front progressiste sankariste (FPS) décède et le président du parti vient comme n’importe quel voisin, après l’enterrement à domicile, je ne trouve pas cela admissible. Bref, voici, entre autres, les raisons subjectives dont je parle. Mais les raisons objectives, on les a tellement évoqué que je n’en parle plus.

 

Queen Mafa : Pourtant, beaucoup de Burkinabè avaient porté l’espoir sur les sankaristes. L’union était donc l’une des voies qui allait vous rendre plus forts, mais malheureusement, ça n’a pas tenue. Vous n’avez pas un pincement au cœur après cet échec?

FSB : J’aime à dire que le mouvement qui a conduit à la chute du Président Compaoré, c’est Thomas Sankara. Parce que, ce sont des enfants qui, parfois, n’étaient même pas nés quand Sankara mourrait qui étaient là et qui défendaient ses idées, même s’ils ne disaient pas qu’ils étaient des sankaristes, les idées qu’ils défendaient étaient ceux de Sankara. Et les partis sankaristes, naturellement, devaient bénéficier de cela, mais malheureusement, c’est difficile de remplacer un grand homme. C’est très difficile. Vous avez vu ce qui se passe en Afrique du Sud. Dans beaucoup de pays, quand quelqu’un a été très grand et que vous voulez vous identifier à lui, c’est très difficile. Nous n’avons pas encore trouvé la personne qui puisse faire l’unanimité chez tout le monde. Si vous voyez déjà la pléthore des partis sankaristes, on n’était pas nombreux à la convention des 16 et 17 mai dernier. Et le matin de la convention déjà, il y a des gens qui ont quitté. Ce qui fait que ce n’est pas évident. Sinon, si on avait vraiment trouvé la personne qui pouvait faire l’unanimité. Cette présidentielle, on pouvait la remporter, parce que c’est très ouvert. Soit on gagnait la présidentielle, soit on était faiseur du roi. Là, j’étais convaincu. Mais, que voulez-vous ? Il y a, je ne dirai pas, une malédiction, peut-être, qui nous suit et qui fait qu’on ne peut pas s’unir. Mais on espère. Le problème aussi, c’est qu’étant au FFS depuis 1998, j’ai vu tellement d’union, de démission et des fusions à tel point que je me suis dit que l’énergie que nous avons gaspiller dans tout ça et l’effet néfaste que cela a dans l’opinion publique, si on s’était abstenu même de vouloir faire des fusions et on laissait les partis fonctionner et le plus grand parti phagocyte les autres, il n’y avait pas de problème. Parfois, on prend toute une année dans des pourparlers, faire les bureaux, les structures, les règlements intérieurs… pour en arriver à quelque chose qui va échouer au bout de trois mois. Je pense qu’à l’analyse, c’est mieux de laisser les partis renforcer leurs bases. Nous avons passé beaucoup de temps à faire, chaque fois, des unions ratées.

Queen Mafa : Votre parti, le FFS, a conçu des listes pour les législatives d’octobre prochain. Comment les femmes sont-elles été positionnées sur ces listes ?

FSB : Les femmes ont été positionnées dans la mesure de nos capacités, parce que nous n’avons pas assez de femmes dans nos structures. Je ne dirai pas que c’est seulement ça, mais entre autres, voilà pourquoi je suis contre le quota genre tel que prôner de nos jours. Imposer un quota de femme sur les listes, alors que vous n’avez pas essayé de voir combien de pourcentage de femme existe dans les structures des partis politiques, ce n’est pas réaliste. Quand on prend le bureau politique d’un parti, il y a combien de femmes ? Ce ne sont pas les hommes qui empêchent les femmes d’être dans les bureaux des partis. Non. Pour que la femme entre dans un bureau politique d’un parti, c’est difficile. Elle peut être militante, mais quand vous lui dite de venir occuper un poste, elle vous dit : « je vais demander à mon mari ; je vais demander à mon papa ; je vais demander à ma belle-famille… » Vous voyez qu’il y a des freins. Alors que pour l’homme, parfois, sa femme découvre dans un journal que son mari est dans un parti, ou a même créé un parti. Mais ce n’est pas pareil chez la femme. Les femmes peuvent être des militantes, des sympathisantes, mais pour qu’elles acceptent être dans une structure, acceptent mettre leurs noms sur une liste de candidature pour qu’on affiche, là, elle a besoin de plusieurs vagues d’autorisations. Parfois, ça va jusqu’à ses enfants. Que voulez donc ? Nous n’avons pas de femmes et on ne va pas inventer des femmes pour mettre sur les listes électorales.

 

« Si on veut vraiment promouvoir les femmes, que le Président du Faso prenne un décret»

Queen Mafa  : Et que faites-vous pour amener les femmes en politiques ?

FSB :. Nous œuvrons plutôt pour amener des gens qui vont militer dans notre parti ? Des gens qui sont engagés et motivés. Ça peut être des femmes comme des hommes. Nous ne ciblons pas spécifiquement des femmes, mais il y a un secrétariat chargé de la question de la femme qui fait de son mieux. Mais c’est très difficile. On ne peut pas obliger quelqu’un. C’est comme si on disait aujourd’hui qu’on veut 50% de femmes militaires. Ce serait compliqué. Il n’y a pas de femmes dans les partis politiques. Elles ne veulent pas militer. Et quand elles militent, elles ne veulent pas prendre des responsabilités. Moi, là où je suis aujourd’hui, j’ai évolué au FFS parce que justement, j’étais jeune fille. En 1998, quand j’ai intégré le parti, j’étais jeune fille et les dames qui étaient au FFS, il y a certaines qui disaient : « non, mon frère est militaire, si je prends la parole, j’aurai des problèmes… ». « Ah non, moi je ne peux pas parler parce qu’il y a mon fils qui est en train de faire le PMK… » Chacun avait une raison. Il y a des tanties qui se reconnaitront dans mes propos et qui n’ont pas voulu prendre des responsabilités. Alors que si on te met comme responsable à la question féminine, il faut parler. En son temps, j’étais adjointe à la question féminine, étudiante, célibataire, qui venait de sortir du campus. Je n’avais aucune contrainte. Mon papa n’était pas militaire et je n’ai pas de frère militaire. C’est pour vous expliquer la difficulté que nous avons à avoir des femmes. Vous voulez donc qu’on fasse comment ? Nous menons des actions, nous essayons de sensibiliser, d’expliquer aux femmes l’importance de s’engager en politique. Et actuellement, notre stratégie consiste à viser la jeunesse. Nous nous rendons dans les campus où nous essayons d’intéresser les jeunes filles à la politique. Si elles s’intéressent à la politique, il y a un pourcentage qui va y demeurer.

Queen Mafa : Au-delà du FFS, quelle analyse générale faites-vous sur le positionnement des femmes sur les différentes listes des partis politiques pour les législatives à venir ? Pensez-vous que le combat des femmes lors de l’insurrection a été récompensé à sa juste valeur ?

FSB: Je pense que le combat des femmes lors de l’insurrection ne visait pas une récompense particulière. Sinon, dites-moi, qu’est-ce que le Balai citoyen, le CAR, le mouvement ça suffit… vont dire ? Tout le monde a payé, d’une façon ou d’une autre, pour cette insurrection. Je ne veux pas qu’on réduise le rôle de la femme à cela. Non. Nous étions là, nous avons marché avec des spatules, nous avons fait ce qu’on a pu.C’était notre rôle aussi. Si on ne l’avait pas fait, nos fils allaient le faire et ç’allait être une honte pour nous. Le vrai problème est que les femmes ne veulent pas être dans les structures. Elles ne veulent même pas être sur les listes. Allez rencontrer les responsables des partis politiques et ils vous diront comment ils ont souffert pour avoir des femmes. Sauf les grands partis où les femmes sont sures que si je suis dans telle position, je vais passer. Là, elles se battent pour rentrer là-bas, afin d’être positionnée. Et là encore, dans les grands partis, si on va te mettre 16e, ce n’est pas évident que tu sois élu. Ce qu’elles veulent, c’est être première ou deuxième, parce qu’elles se disent qu’elles ont la chance de passer en ce moment. Là, c’est une question d’intérêt. Les femmes préféreront être sur les listes des grands partis et c’est ce qui m’emmène à dire que le débat sur la promotion des femmes et une fausse discussion. Si les gens aiment tant les femmes, si les gens veulent tant promouvoir les femmes, il y a des solutions très simples. Par décret, on peut promouvoir les femmes ! Le président du Faso peut prendre un décret qui dit que dans chaque ministère, il veut 5 femmes parmi les 45 directeurs provinciaux. Cela est faisable, puisque c’est une question de corps de métier et de diplôme. Imaginer si on procède ainsi : 45 directeurs provinciaux par ministère, avec 5 femmes forcément ; 13 directeurs régionaux, avec 3 femmes ; moi je ne veux même pas beaucoup, 45 Haut-commissaire, 5 femmes ; 13 gouverneurs, 3 femmes. Si on fait comme ça, vous verrez que ces femmes qui vont aller au commandement, auront le goût d’aller dans les pouvoirs de décision. Peut-être pas toutes, mais je suis sure qu’une grande proportion va y rester. Parce que, quand on remarque, la plupart des femmes qui étaient au CDP et qui étaient parfois très virulentes, ce sont des femmes qui étaient des CDR et des Haut-commissaires au temps de Thomas Sankara. Il les avait promues. Certaines n’avaient même pas le niveau, mais il les a promues Ces femmes-là, de nos jours, si vous regardez sur la scène, elles sont toujours là. Voilà pourquoi je dis que si on veut résoudre le problème de promotion des femmes, il faut passer par un décret.

Queen Mafa: Le FFS n’a pas présenté de candidat pour la présidentielle. Vous soutenez quel parti ou quel est votre stratégie ?

FSB: Nous sommes dans des pourparlers pour le moment. Sinon, nous n’avons pas présenté de candidat parce que nous trouvons que ce n’est pas une foire. Notre président vient de décéder. Nous venons de faire notre congrès et notre nouveau président est tout nouveau, donc nous n’allons pas aller faire de la comédie. Ce n’est pas une affaire de caution, même si je reconnais que la caution est élevée. Le problème ne s’est pas poser dans ce sens, parce que, bien avant le décès du président Norbert, il était question qu’on n’allait pas aux élections.

 

Queen Mafa : Peut-on s’imaginer qui vous aller soutenir ?

FSB : Ce qui est sûr, ce sera quelqu’un de l’ancienne CFOP que nous allons soutenir. Nous n’irons pas soutenir un parti qui n’était pas dans l’ancienne opposition.

Queen Mafa : Comment voyez-vous l’avenir des femmes sur la scène politique burkinabè ?

FSB : Je pense que le terrain est actuellement bien balisé pour les femmes, parce que, avec la chute du régime Compaoré, même s’il y a toujours des tentacules qui sont là, au moins cette peur que les femmes avaient : « je ne vais pas aller, il ne faut pas qu’on me voit, parce que… », je pense que, tant au niveau des hommes comme les femmes, personnes ne peut plus prendre cela comme un prétexte. De ce qui précède, les femmes qui avaient effectivement des raisons objectives, parce qu’elles avaient peur pour leurs époux, leurs enfants, n’ont plus cette peur-là et je pense que parmi ces femmes, une grande partie peut librement se lancer dans la politique. La chape de plomb qui était là, depuis 27 ans, est partie. La voie est libre pour chacune. Mais il ne faut pas que quelqu’un attende qu’on vienne lui faire du favoritisme. Parce que la politique, c’est ça aussi, il ne faut donc pas attendre qu’on vienne nous faire des cadeaux. A l’intérieur des partis même, ce sont des débats, des discussions. Comment voulez-vous que sur le plan national, on vous favorise comme ça ; parce que vous êtes une femme ? C’est faire honte même à la gente féminine que d’être promue parce qu’on est femme. Nous sommes assez fortes quand-même (rires…)

Queen Mafa : Avez-vous un cri de cœur ?

FSB : Mon cri de cœur, c’est que Dieu protège le Burkina Faso, qu’on puisse faire les élections en paix et que les choses reprennent leur cours normal. C’est vraiment mon cri de cœur parce qu’en tant que mère, voir le sang qui a été versé sur le goudron, les 30 et 31 octobre 2014, je prie Dieu que ce soit un lointain souvenir pour nous et que le Burkina Faso soit un exemple, donne l’exemple aux autres pays.

A Traoré

Françoise Toé, Candidate à la présidentielle : « Je suis propre, je ne traîne...

0

Socialiste, expérimentée en gestion des finances, l’expert-comptable Françoise TOE, est l’une des deux candidates à aller à la conquête du palais de Kossyam. Candidate du PDP/PS, Françoise Toé a été obligée de se présenter comme candidate indépendante à cause de conflits au sein de son parti. Portrait d’une femme au grand cœur qui entend se battre pour l’idéologie du Pr Joseph KI-ZERBO.


Socialiste, expérimentée en gestion des finances, l’expert-comptable Françoise TOE, est l’une des deux candidates à aller à la conquête du palais de Kossyam. Candidate du PDP/PS, Françoise Toé a été obligée de se présenter comme candidate indépendante à cause de conflits au sein de son parti. Portrait d’une femme au grand cœur qui entend se battre pour l’idéologie du Pr Joseph KI-ZERBO.

Personnalité. Peu connue sur l’arène politique, madame TOE est pourtant une militante rompue de la lutte politique. Militante du mouvement de libération nationale (MLN) depuis ses débuts dans les années 1960, Françoise est pétrie d’expérience qu’elle souhaite mettre au service du pays des Hommes intègres. Secrétaire générale nationale du PDP/PS, cette mère de trois enfants et de plusieurs petits enfants ne supporte pas la position de « demandeur d’assistance » des pays africains. « Je suis convaincu qu’on peut atteindre l’autosuffisance alimentaire au Burkina Faso, pour peu que nous changeons de mentalité et que nous abandonnons nos esprits d’éternels assistés »

Atout. «Notre projet de société est notre atout », a-t-elle dit. Un projet de société qui s’articule autour des valeurs de solidarité, d’intégrité, d’éthique, de démocratie et de coopération internationale à égalité ; en un mot, c’est « le développement endogène » qui est l’épine dorsale du projet de société de Françoise TOE. « Consommons ce que nous produisons et transformons ce que nous produisons pour ajouter de la valeur à nos produits », a-t-elle ajoutée. Contrairement à certains, cette sexagénaire encore très active au plan professionnel a aussi comme atout d’être politiquement vierge parce qu’elle n’a jamais collaboré avec le régime corrompu de Blaise Compaoré. « Je suis propre, je ne traîne pas de casseroles » a-t-elle souligné.

Défis. La question de l’eau potable, de la construction des centres de santé, des écoles sont autant de problèmes qui sont évoqués par la candidate TOE. « L’éducation est l’arme qui peut faire sortir les filles de leur situation », dit-elle. Aussi, elle pointe du doigt les injustices sociales. « La corruption est le fléau qui empêche tout développement  et le manque de justice entraîne le désordre. Tous, nous devons être égaux devant la loi ».Elle ambitionne de créer des lycées agricoles dans toutes les provinces. La question des paysans qui sont expropriés par les agro businessmen et qui n’arrivent plus à vivre décemment constitue une grande préoccupation pour l’héritière de Ki-Zerbo.

Campagnes 2015. A moins de dix jours de l’ouverture des campagnes, la candidate Françoise TOE s’attèle à aller à cœur ouvert, à la rencontre des fils et filles du pays des Hommes intègres pour solliciter leur voix. L’Est est la région qu’elle a choisie pour démarrer sa campagne. La native du Nayala, pays des grands lutteurs n’entend pas faire de la figuration. Bien au contraire, elle est convaincue que le peuple burkinabè est mature et saura faire le bon choix ,c’est-à-dire Françoise Toé.

Waliou A. ADEGUEROU

Elections législatives de 2015: pourquoi la gente féminine est toujours à la traine?

0

Le Burkina Faso est un pays où plus de 50% de la population est constitué par l’autre moitié du ciel. Cette supériorité numérique des femmes, censée être un atout pour les aider à s’imposer sur la scène politique, n’en est pas un. En témoigne le nombre de femmes élues aux législatives du 29 novembre dernier.


Le Burkina Faso est un pays où plus de 50%de la population est constitué par l’autre moitié du ciel. Cette supériorité numérique des femmes, censée être un atout pour les aider à s’imposer sur la scène politique, n’en est pas un. En témoigne le nombre de femmes élues aux législatives du 29 novembre dernier. 12 femmes sur les 127 députés siègeront à l’Assemblée nationale. Un chiffre qui est en forte régression, quand on le compare à celui de 2012 où il y avait 24 femmes élues. Qu’est-ce qui peut expliquer cette faible représentativité des femmes à l’hémicycle, malgré les différentes luttes menées par ces dernières? Nous avons échangé avec la présidente du Conseil des femmes du Burkina (CFB) pour essayer de décrypter cette situation.

A l’issue des élections législatives de 2015, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) s’est taillé 55 sièges à l’Assemblée nationale. Parmi ces 55 strapontins, cinq seulement seront occupés par la gente féminine. Pourtant, la loi portant fixation sur le quota genre adoptée en 2009 exige au moins 30 % de candidatures au profit de l’un et de l’autre sexe sur les listes des partis politiques. Si, lors des élections législatives de 2012, cette loi avait contribué à améliorer l’implication des femmes sur la scène politique nationale, force est de constater que cette augmentation des candidatures féminines ne s’est pas répercutée suffisamment sur le rapport hommes-femmes aux élections législatives de 2015. Avec au total 2 074 femmes inscrites aux législatives de 2015 contre 1 875 en 2012, 12 ont été élues soit un pourcentage de 0,57% contre 24 en 2012 soit 1,28%. On peut noter une augmentation du nombre de femmes inscrites et une régression du nombre de femmes élues.Lire la suite..

Les Femmes du Burkina réclame au moins 30% de femmes dans le gouvernement

0

Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, le Conseil des Femmes du Burkina(CFB) interpelle le président Roch Marc Christian Kaboré sur ses engagements envers les femmes notamment celui concernant le renforcement de leur participation dans les instances de prises de décisions.


Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, le Conseil des Femmes du Burkina(CFB) interpelle le président Roch Marc Christian Kaboré sur ses engagements envers les femmes notamment celui concernant le renforcement de leur participation dans les instances de prises de décisions. A travers cet appel, qui intervient après la nomination  de Paul  Kaba Thièba comme Premier Ministre,  les femmes demandent au Président  du Faso, ainsi qu’à son  chef du gouvernement, de respecter le quota minimal de 30% de femmes  dans le nouveau gouvernement.

L’intégralité de la déclaration:

Appel du Conseil des Femmes du Burkina (CFB) à l’intention de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, et de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

Après les élections couplées présidentielles et législatives du 29 novembre 2015, le Burkina Faso s’est doté d’un Président de la république dont son Excellence Monsieur Rock Marc Christian KABORE, Président du Faso, et d’un nouveau parlement. A travers cette adresse, le Conseil des Femmes du Burkina (CFB) félicite le nouveau président du Faso pour son élection à la tête de l’État du Burkina Faso.

Par ailleurs, le CFB, prend acte de la nomination de Monsieur Paul Kaba THIEBA aux fonctions de Chef de Gouvernement, intervenue le 06 janvier 2016 et qui ouvre la voix aux différentes consultations pour la constitution du gouvernement.Il exhorte, leurs Excellences Messieurs le Président du Faso et le Premier Ministre à prendre les mesures idoines pour une présence minimale effective de 30% de femmes et de jeunes, au prochain gouvernement.

Comme on peut le constater, les résultats des dernières élections législatives constituent un vrai recul pour notre démocratie qui se veut inclusive de toutes les couches sociales, dans une proportion qui garantisse un minimum de justice sociale.En effet d’un taux de 18.90% en 2012, le taux de femmes en attendant des éventuels remplacements de titulaires à l’Assemblée Nationale, est passé en 2015, à 9.44%. Cette situation, est contraire à l’esprit du volet promotion des femmes du programme de société du Président du Faso qui prévoit la promotion des femmes comme acteurs dynamiques du développement.Aussi, est –il important de rappeler que le Burkina Faso a pris des engagements aussi bien nationaux qu’internationaux pour l’amélioration et la promotion de la participation des femmes aux instances de décision et à l’égalité des sexes, notamment :

  • la Constitution du 02 Juin 1991 et ses modificatifs ;
  • le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique du 11 juillet 2003 ;
  • la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la gouvernance du 30 Janvier 2007 ;
  • la Convention sur l’Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (CEDEF) du 18 décembre 1979 à prendre en compte la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques ;
  • La Politique Nationale Genre ;
  • La loi n°010-2009/AN du 16 Avril 2009, portant fixation d’un quota aux élections législatives et municipales au Burkina Faso…

Le CFB voudrait rappeler à son Excellence Mr le Président du Faso ses engagements pris lors de la campagne électorale, notamment celui de :

« …promouvoir et rendre effectifs les droits fondamentaux de la Femme …» d’une part, et sa volonté exprimée dans son programme intitulé « BÂTIR AVEC LE PEUPLE UN BURKINA FASO DE DEMOCRATIE, DE PROGRES ECONOMIQUE ET SOCIAL, DE LIBERTE ET DE JUSTICE », d’autre part, dans lequel il affirme ce qui suit :

« Je prends l’engagement de faire appliquer effectivement les textes luttant contre les violences faites aux femmes et contre les discriminations dont elles sont victimes. À cet effet, il sera procédé dès la première année du quinquennat, à l’inventaire et à l’évaluation de tous les textes et cadres ou mécanismes existants en la matière au niveau national et/ou international, en vue de planifier leur application effective.

Les dispositions seront prises pour renforcer la participation de la Femme aux instances de prise de décision. (Législatif et exécutif)… »

Dans le souci donc du respect de ces engagements pris vis à vis du peuple du Burkina Faso et précisément des femmes, le Conseil des Femmes du Burkina recommande à leurs Excellences Messieurs le Président du Faso et le Premier Ministre, et ce, dans l’esprit d’ « …un contrat social de type nouveau …» :

  • Le respect du minimum de 30% de présences des femmes reconnu par les organes internationaux pour influencer toutes décisions, aussi bien au niveau du gouvernement, que dans toutes les autres nominations au niveau des sociétés et institutions publiques du Burkina Faso,
  • La prise de mesures urgentes idoines pour l’amélioration de la participation des Femmes aux élections municipales à venir.

Fait à ouagadougou le 07 janvier 2016

Le Bureau Exécutif National du Conseil des Femmes du Burkina

Laurence Ilboudo Marchal : « On va se battre pour faire respecter le quota...

0

Elle n’est pas passée inaperçue pendant la campagne législative de 2015. Tant elle brillait de mille feux parmi les hommes pour ne pas dire qu’elle s’imposait. Suppléante de Clément P. Sawadogo, devenu ministre, Marie Laurence Ilboudo/ Marchal a rejoint l’hémicycle sous un tonnerre d’applaudissement.


Elle n’est pas passée inaperçue pendant la campagne législative de 2015. Tant elle brillait de mille feux parmi les hommes pour ne pas dire qu’elle s’imposait. Suppléante de Clément P. Sawadogo, devenu ministre, Marie Laurence Ilboudo/ Marchal a rejoint l’hémicycle sous un tonnerre d’applaudissement. Ce n’était que justice et vous comprendrez pourquoi, chère lecteurs et lectrices, en lisant ces lignes. C’est une femme pleine de vitalité et surtout d’humanisme que la rédaction de Queen Mafa a rencontré pour vous. Jugez-en vous-même !

Queen Mafa (QM) : Si l’on doit vous présenter à nos lecteurs, quelle image souhaitée qu’on retienne de vous ?
Marie Laurence Marchal Ilboudo (L .M.I) : celle d’une femme engagée.
QM : c’est tout ?
L .M.I : Vous savez, il est très difficile de se qualifier soi-même. En fait je suis sociologue de formation. Mais j’ai toujours travaillé dans le commercial, tout ce qui est marketing, médiation en affaires. Donc je suis une femme d’affaire reconvertie en politique.
QM : A quand remonte votre engagement en politique ? Et pourquoi ?
Je suis toute nouvelle en politique. Mon engagement politique date de la création de mon parti, le MPP. Je me suis rendu compte que le meilleur conseil c’est l’exemple. Si nous voulons des femmes engagées et capable de relever les défis, il faut soi-même mettre la main dans la patte. C’est pour cela que je me suis engagée depuis l’avènement du MPP ou j’occupe le poste de Secrétaire nationale chargée à l’organisation des femmes.

QM : On peut dire que vous avez la chance, vous êtes allées directement au sommet…
L.M.I) : Je pense que ce n’est pas une chance. C’est un combat. C’était un moment difficile où donner son point de vue n’était pas aisé. A l’époque, on était contre modification de l’article 37, la mise en place du sénat, et la patrimonialisation du pouvoir. A l’époque, ce n’était pas chose aisée, je ne dirais pas que c’est une chance. Mais plutôt le fruit d’une lutte que nous pensions être juste.
QM : Depuis que vous êtes dans la politique, est-ce que vous avez rencontré des difficultés liées à votre statut de femme?
L.M.I : Ce sont des difficultés que toutes les femmes rencontrent. D’abord, le statut de femme mère qui a des enfants à la maison dont il faut s’occuper alors que la politique demande beaucoup de temps. En plus, les femmes sont financièrement les moins nanties en politique et pourtant la politique demande beaucoup de moyens financiers. Nous les femmes sommes sous la tutelle d’un homme quand on est marié. Il y a une pression sur le conjoint qui demande parfois de choisir de entre la politique et le foyer. Pourtant aucune femme ne va demander à son mari de faire le choix entre le foyer et la politique. Donc cela fait beaucoup de pressions. Ce sont des facteurs qui font qu’il est difficile aux femmes de rester dans la politique. Mais aujourd’hui, il y a beaucoup qui s’engagent malgré toutes ces difficultés.

QM: Avez-vous été victime d’une discrimination quelconque liée à votre statut de femme ?
L.M.I On en trouve toujours. Une fois, on discutait en réunion, de compétence et de la place des femmes dans la société. Il y a un homme qui dit qu’on a besoin de femmes compétentes. C’est vrai, on a besoin de femmes compétentes. Mais pourquoi remplacer des hommes incompétents par les femmes compétentes ? On peut aussi faire avec des femmes incompétentes. Ce n’est pas toujours les hommes compétents qui sont à la place qu’il faut.

QM : Voulez-vous dire que la société est plus exigent envers les femmes ?
Eh oui c’est malheureusement le cas. Je pense que les femmes, lorsqu’elles arrivent à un certain niveau sont compétentes, sinon ce n’est pas possible surtout avec tous ces freins, c’est déjà pas faciles. Ce sont des critères un peu péjoratifs sans fondement.

QM : Le premier ministre Paul Kaba Thiéba, avait déclaré qu’il avait eu beaucoup de mal à trouver des femmes pour former son gouvernement. Qu’en pensez-vous ?
L .M.I : Je pense qu’il regrette ce qu’il a dit.

QM : Qu’est-ce qui vous le fait dire?
L M I : Il n’est pas resté longtemps au Burkina Faso. Peut-être qu’il a raté un wagon entre temps parce qu’il y a beaucoup de femmes compétentes qui ne demandent qu’à être responsabilisées. Il a dû s’en rendre compte à présent. Donc je pense qu’il  regrette ces propos.

QM : Récemment vous avez été initiatrice d’un réseau parlementaire dénommé Femme et Développement. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?
LMI : J’évolue dans le milieu des femmes dans mon parti. Nous savons qu’il y a beaucoup à faire pour les femmes. Il y a des femmes qui ne demandent pas grand-chose. Elles ont juste besoin d’aller à l’école, d’être soignée, d’être éduquée pour maitriser notre démographie, avoir accès aux terres pour pouvoir cultiver et nourrir leurs familles et avoir accès aux activités génératrices de revenus (AGR) pour pouvoir s’occuper de leurs maisons. Mais, nous oublions tout cela. Moi, en tant que parlementaire associée à certaines femmes parlementaires et aussi des hommes, luttons pour la cause des femmes. Je suis contente qu’autour de cette idée, nous puissions avoir des députés qui sachent qu’on ne peut pas parler de développement durable sans l’implication effective des femmes dans le développement de notre pays.

QM : Concrètement qu’est-ce que vous allez faire au sein ce réseau ?
LMI : Nous allons faire beaucoup de plaidoyers au niveau des décideurs, de l’exécutif pour suivre les recommandations et les engagements de contrat qui nous lie avec le peuple. Parce qu’aujourd’hui notre président, Rock Kaboré a été élu sur la base d’un programme qui a promis beaucoup de chose aux femmes. Ce réseau permettra le suivi de ces engagements et leur appui au niveau  national, sous régional et international.

QM : Comptez-vous étendre ce réseau à la sous-région ?
LMI : Aujourd’hui, le réseau est national, mais nous comptons travailler avec la sous-région et le monde. Aucun développement ne se fait en autarcie. Nous avons besoin des autres pour nous développer. C’est un réseau qui va travailler avec les partenaires techniques et financiers pour les plaidoyers, pour aider à avoir des financements et aider l’Exécutif pour exécuter son programme en faveur des femmes.

QM : En août 2015 vous aviez fait un recours en annulation contre le non-respect du quota genre par certaines listes des partis politiques dans le cadre des élections législatives. Le conseil constitutionnel a jugé votre requête recevable mais s’est dit incompétent. Comment avez-vous accueilli cela ?
LMI : En réalité, nous savions que nous n’allions pas avoir gain de cause, parce que c’est plus délicat que ça. Mais le plus important était de toucher du doigt la plaie. Je suis sûre qu’aux prochaines élections, tous les partis politiques vont respecter le quota genre qui est de présenter au moins 30 pourcent sur toutes les listes. On va se battre pour cela.

QM : Concernant votre positionnement sur la liste du MPP Kadiogo, comment cela s’est passé ?
LMI : Pour avoir de la place dans un parti politique, il faut avoir un bon appui politique, une base politique. En ce qui me concerne,  il fallait être convaincante  et avoir un appui financier pour la campagne.

QM: On a remarqué que cette fois-ci, il y a beaucoup d’hommes et de femmes d’affaires députés comme vous à l’Assemblée. Comment expliquez-vous cet intérêt particulier du milieu des affaires pour la politique ?
LM I: Beaucoup sont venus comme moi, parce qu’ils ont été révoltés par la gestion du pays. Nous avons subi des choses, et nous ne voulons plus que d’autres subissent la même chose. C’est bien aussi que le milieu des affaires s’implique dans la politique pour que nous puissions contribuer à faire évoluer le milieu des affaires au Burkina. Je pense que c’est bien en tant que femme d’affaires d’apporter mon expérience afin qu’on puisse redynamiser notre économie par un plaidoyer en faveur du secteur privé. Je suis du secteur, je connais leurs problèmes, je peux aider pour faciliter certaines choses
QM : Est vous sûr que ce n’est pas une façon pour le milieu des affaires de se faciliter l’accès à certains marchés ?
LMI : Je ne crois pas. Pas dans mon cas en tout cas car je dirai que c’est plutôt le contraire. Je ne peux plus faire les affaires. Nous sommes là pour travailler afin d’améliorer les conditions de vie de la population et c’est tout.

QM : y a-t-il un projet de loi qui vous tient à cœur et que vous aimeriez faire passer l’hémicycle notamment en faveur des femmes comme les violences faites aux femmes?
J’ai des projets mais pas dans ce que vous imaginez. En temps opportun, vous le saurez. Les textes dont vous parlez sont déjà bien faits, il suffit de les appliquer et de sensibiliser les populations.
A l’occasion du 8-mars, quel message avez-vous à l’endroit des femmes du Burkina, de l’Afrique et du monde ?
Je voudrais dire aux femmes de continuer le combat. Il y a des moments où on a l’impression que nos combats ne rapportent pas parce qu’on ne voit pas tout suite les résultats. C’est comme quand on sème. Il faut attendre un long temps pour récolter. Il faut que les femmes sèment encore, continuent à travailler, à s’engager, à s’exprimer, c’est seulement par cela que nous pourrons atteindre notre plein épanouissement. Nous ne devons pas rester dans une dynamique de fatalité. C’est ensemble que nous allons bâtir cette maison que toutes les femmes attendent, celle où les femmes seront épanouies. Cette journée a été créée pour une réflexion sur les conditions de la femme. Aujourd’hui, je voudrais que chaque femme puisse se poser cette question : qu’est-ce que j’ai pu faire personnellement et collectivement pour les femmes, leur promotion et leur implication pour le développement ?

Propos recueillis par Fatouma Ouattara et Diakalia Siribié

Non respect du quota genre: des partis politiques sanctionnés

0

« La campagne électorale de cette année est morose par faute de financement », a remarqué un militant d’un parti politique. Une morosité qui pourrait bientôt disparaître à partir de ce vendredi 13 mai 2016. En effet, les partis politiques, formations et regroupement d’indépendants ont reçu chacun une manne financière pour animer leur campagne.


« La campagne électorale de cette année est morose par faute de financement », a remarqué un militant d’un parti politique. Une morosité qui pourrait bientôt disparaître à partir de ce vendredi 13 mai 2016. En effet, les partis politiques, formations et regroupement d’indépendants ont reçu chacun une manne financière pour animer leur campagne.

Toutefois, la répartition de cette subvention a tenu compte du rapport détaillé dressé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI)et faisant le point sur le respect par les formations politiques de la loi du 14 avril 2009 portant fixation de quotas aux élections législatives et municipales au Burkina Faso_.
« Ce rapport permet d’appliquer, le cas échéant la sanction financière aux partis politiques qui n’auraient pas respecté le quota de 30% de l’un ou l’autre sexe imposé », selon le ministre d’État, Simon Compaoré. En application de ces dispositions, 365 millions de Franc CFA ont été remis à 85 formations politiques tout en tenant compte également de nombre de candidats présentés par les partis par circonscription.
C’est ainsi que certaines formations politiques se sont retrouvés avec des sommes élevées pendant que d’autres prenaient des « moins que riens ». Ainsi, des partis comme le CDP ont reçu la somme de 61, 6 millions, la NAFA 20, 5 millions, l’UNIR/PS 17, 1 million de FCFA, tandis que d’autres ont empoché à moins de 100 000F CFA.

Le second volet de la subvention concerne la prise en charge des délégués des partis politiques. Ainsi, pour le scrutin du 22 mai, c’est la somme de 115 millions 514 milles qui ont été distribués à tous les partis politiques pour une meilleure prise en charge de leurs différents délégués. Cette subvention, a confié le premier responsable du ministère en charge de la Décentralisation, s’est fait en fonction de la présence spatiale sur le territoire national des partis politiques bénéficiaires.
C’est donc un total financier de  plus de 480, 6 millions de FCFA qui a été remis à l’ensemble des partis politiques prenant part aux élections municipales à venir.

Pour un usage rationnel de la subvention

« Ce financement constitue un effort important de la part du gouvernement. A ce titre j’attire votre attention sur la nécessité d’une irréprochable gestion des fonds qui sont mis à votre disposition », a lancé Simon Compaoré à l’endroit des bénéficiaires.Pour l’ancien maire de Ouagadougou, ce financement est un denier public. Alors, son utilisation doit impérativement se conformer aux dispositions réglementaires adoptées à cet effet.

Il a également indiqué que cet appui de l’État doit permettre aux bénéficiaires de proposer des bases d’une gouvernance de proximité qui, au-delà du processus traditionnel de la décentralisation, commande aux gouvernants d’être plus près des préoccupations des populations. Pour les représentants des partis politiques, cet accompagnement de l’État est une goutte d’eau pour supporter juste un peu leurs activités. Cependant, ils ont souhaité que le gouvernement fasse toujours l’effort de soutenir les formations politiques qui jouent d’ailleurs un rôle d’éveil de conscience des populations.

                                            Issa KARAMBIRI

Quote-part de quelques partis politiques
MPP : 95.553.633 FCFA
UPC : 65.298.128 FCFA
CDP : 61.643.163 FCFA
NAFA : 20.530.950FCFA
UNIR/PS : 17.121.027 FCFA
ADF-RDA : 12.321.816 FCFA
PAREN : 10.281.705 FCFA
CNA/BF : 84 396 F CFA

Non respect du quota genre: des partis politiques sanctionnés

0

« La campagne électorale de cette année est morose par faute de financement », a remarqué un militant d’un parti politique. Une morosité qui pourrait bientôt disparaître à partir de ce vendredi 13 mai 2016. En effet, les partis politiques, formations et regroupement d’indépendants ont reçu chacun une manne financière pour animer leur campagne.


« La campagne électorale de cette année est morose par faute de financement », a remarqué un militant d’un parti politique. Une morosité qui pourrait bientôt disparaître à partir de ce vendredi 13 mai 2016. En effet, les partis politiques, formations et regroupement d’indépendants ont reçu chacun une manne financière pour animer leur campagne.

Toutefois, la répartition de cette subvention a tenu compte du rapport détaillé dressé par la Commission électorale nationale indépendante (CENI)et faisant le point sur le respect par les formations politiques de la loi du 14 avril 2009 portant fixation de quotas aux élections législatives et municipales au Burkina Faso_.
« Ce rapport permet d’appliquer, le cas échéant la sanction financière aux partis politiques qui n’auraient pas respecté le quota de 30% de l’un ou l’autre sexe imposé », selon le ministre d’État, Simon Compaoré. En application de ces dispositions, 365 millions de Franc CFA ont été remis à 85 formations politiques tout en tenant compte également de nombre de candidats présentés par les partis par circonscription.
C’est ainsi que certaines formations politiques se sont retrouvés avec des sommes élevées pendant que d’autres prenaient des « moins que riens ». Ainsi, des partis comme le CDP ont reçu la somme de 61, 6 millions, la NAFA 20, 5 millions, l’UNIR/PS 17, 1 million de FCFA, tandis que d’autres ont empoché à moins de 100 000F CFA.

Le second volet de la subvention concerne la prise en charge des délégués des partis politiques. Ainsi, pour le scrutin du 22 mai, c’est la somme de 115 millions 514 milles qui ont été distribués à tous les partis politiques pour une meilleure prise en charge de leurs différents délégués. Cette subvention, a confié le premier responsable du ministère en charge de la Décentralisation, s’est fait en fonction de la présence spatiale sur le territoire national des partis politiques bénéficiaires.
C’est donc un total financier de  plus de 480, 6 millions de FCFA qui a été remis à l’ensemble des partis politiques prenant part aux élections municipales à venir.

Pour un usage rationnel de la subvention

« Ce financement constitue un effort important de la part du gouvernement. A ce titre j’attire votre attention sur la nécessité d’une irréprochable gestion des fonds qui sont mis à votre disposition », a lancé Simon Compaoré à l’endroit des bénéficiaires.Pour l’ancien maire de Ouagadougou, ce financement est un denier public. Alors, son utilisation doit impérativement se conformer aux dispositions réglementaires adoptées à cet effet.

Il a également indiqué que cet appui de l’État doit permettre aux bénéficiaires de proposer des bases d’une gouvernance de proximité qui, au-delà du processus traditionnel de la décentralisation, commande aux gouvernants d’être plus près des préoccupations des populations. Pour les représentants des partis politiques, cet accompagnement de l’État est une goutte d’eau pour supporter juste un peu leurs activités. Cependant, ils ont souhaité que le gouvernement fasse toujours l’effort de soutenir les formations politiques qui jouent d’ailleurs un rôle d’éveil de conscience des populations.

                                            Issa KARAMBIRI

Quote-part de quelques partis politiques
MPP : 95.553.633 FCFA
UPC : 65.298.128 FCFA
CDP : 61.643.163 FCFA
NAFA : 20.530.950 FCFA
UNIR/PS : 17.121.027 FCFA
ADF-RDA : 12.321.816 FCFA
PAREN : 10.281.705 FCFA
CNA/BF : 84 396 F CFA

Rihanatou Sawadogo à la conquête de l’arrondissement 3

0

Arrivée dans la  politique pour faire changer les choses comme elle aime le dire, Rihanatou Ouédraogo/Sawadogo entend diriger la mairie de l’arrondissement 3. Présentée tête de liste au compte de l’Union pour le Progrès et le Changement(UPC) dans le secteur 16, elle ne lésine sur aucun moyen pour atteindre son objectif.


Arrivée dans la  politique pour faire changer les choses comme elle aime le dire, Rihanatou Ouédraogo/Sawadogo entend diriger la mairie de l’arrondissement 3. Présentée tête de liste au compte de l’Union pour le Progrès et le Changement(UPC) dans le secteur 16, elle ne lésine sur aucun moyen pour atteindre son objectif.

Campagne de proximité, meeting, rencontre avec les différentes associations et groupement sont entre autres les actions que mène au quotidien Rihanatou Sawadogo/ Ouédraogo depuis le lancement de la campagne pour les élections municipales du 22 mai prochain.

La question de l’eau, les difficultés sanitaires, l’accès à l’école des enfants, le mauvais état des voies sont autant de problèmes auxquels est confrontée la population de l’arrondissement 3. Pour la candidate de l’UPC, ce sont les motifs qui l’ont poussé à se présenter.

« J’entends donner un souffle nouveau à cet arrondissement qui avance à reculons. Depuis des années aucun changement perceptible n’a été apporté. Avec la confiance des électeurs nous comptons rehausser l’image de cette partie de la capitale et pourquoi pas Ouagadougou tout entier», s’est exprimé la secrétaire générale de l’UPC du secteur 16.

 

Il est grand temps que la gent féminine soit libérée

Un autre souci majeur qui angoisse fortement la jeune candidate, c’est la condition de vie déplorable des femmes des différents secteurs que compte l’arrondissement. Pour elle, il est grand temps que la gent féminine soit libérée. « J’entends mener des actions concrètes pour la libération de la femme. Au niveau de notre formation politique la femme occupe une place importante. Elle est le moteur de l’alternance. Elle caractérise le changement », a souligné la candidate. Avant de poursuivre qu’au sein de son parti politique, le quota genre est fortement respecté. « Nous avons des listes où il y a 6 femmes positionnées sur 12. Je suis un exemple illustratif du respect du quota genre à l’UC», a-t-elle affirmé

                   Valoriser le potentiel féminin

Les femmes sont une source intarissable de connaissances, a avoué Rahinatou Sawadogo. Alors une fois élue, elle entend mener des stratégies pour leur autonomisation. « Avec nous les femmes ne seront plus des chômeurs éternels. Dans un futur proche, nos sœurs et mères ne seront plus un fardeau pour leur homme », a-t-elle rassuré. Madame Ouédraogo a en outre indiqué que des possibilités comme l’accès au crédit bancaire, le renforcement de entrepreneuriat féminin seront établies en leur faveur afin de valoriser leur potentiel.

La question foncière, le nerf de la guerre

La gestion des parcelles qui est devenue un casse-tête chinois pour l’ensemble des maires du Burkina Faso semble ne pas inquiéter la candidate de l’UPC. « Sur cette question, je peux vous dire que nous avons de la chance. La mairie de l’arrondissement 3 n’a plus d’espaces à lotir », s’est-elle réjouie avant de reconnaître que quelques discutions ne manqueront pas en dépit du manque des parcelles à lotir. Pour elle, ces discutions autour de la question des parcelles sera moins criarde à son niveau comme ailleurs. En rappel, Rahinatou Ouédraogo/ Sawadogo a été élue conseillère en 2011 à l’arrondissement 3 sous la bannière de l’UPC.

Issa KARAMBIRI

« 40% des nominations seront consacrées aux femmes », Rosine Sori Coulibaly

0

Travailleuse infatigable au parcours exceptionnel et unique dans le gouvernement Thiéba, la ministre burkinabè en charge des Finances, Rosine Sori/Coulibaly a cette particularité de ne pas savoir mâcher ses mots au point de mettre souvent mal à l’aise ses interlocuteurs. Mais apparemment c’est pour la bonne cause.


Travailleuse infatigable au parcours exceptionnel et unique dans le gouvernement Thiéba, la ministre burkinabè en charge des Finances, Rosine Sori/Coulibaly a cette particularité de ne pas savoir mâcher ses mots au point de mettre souvent mal à l’aise ses interlocuteurs. Mais apparemment c’est pour la bonne cause. Elle est déterminée à faire des reformes pour une meilleure transparence non seulement dans son département mais aussi dans l’ensemble du secteur des finances au Burkina Faso.  Dans une interview accordée au Journal l’évènement dont nous vous proposons quelques extraits, vous découvrirez une femme de caractère redouté qui entend donner aux femmes de son département toute la place qu’elles méritent.

Le département des finances a été longtemps dirigé par des hommes depuis 56 ans. Vous êtes la 2e femme a occupé ce poste. Quel sentiment par rapport cela vous inspire ?

C’est un sentiment de légitime fierté, en ce sens que ce n’est pas une chose très connue de voir des femmes à ces postes de responsabilité. Mais légitime fierté, pas pour ma personne elle-même, de reconnaitre effectivement que des femmes ont des capacités à faire la même chose et peut être mieux que les hommes. Je crois que c’est cela qui est le plus important. Je suis d’autant plus fière que je considère que pour ce qui concerne ce département ministériel, c’est la démystification. Lorsque vous voyez l’organisation de ce ministère, et que vous dites que ce sont des femmes qui ont à ce poste ! Ce ministère est d’abord celui des finances. Le ministère du plan était séparé des finances. Mais là, vous avez en même temps, les finances, l’économie et le développement. Je crois que c’est une première en réalité. Je sens aussi le soutien de ces femmes qui ont occupé ces responsabilités et qui sont fières. Elles m’encouragent et plus d’une m’ont manifesté leur soutien. Je trouve aussi que dans une période comme celle de la post-insurrection, c’est aussi un message. Dans le gouvernement, des femmes ont été positionnées à des postes importants comme c’est mon cas. Vous avez aussi des jeunes qu’on a associés au gouvernement. Je crois que c’est un message politique que le président a voulu donner pour montrer qu’il n’est pas normal que plus de 51% de la population soit mis de côté. Il est aussi important de montrer que des jeunes peuvent être associés.
Je vois la responsabilité que cela représente pour moi. Je dois prouver que le chef de l’Etat ne s’est pas trompé. En toute humilité, je pense avoir les acquis pour diriger ce ministère, mais je peux m’entourer aussi. C’est cela le plus important. Un ministre est en fait un chef d’équipe. Le chef d’équipe doit s’entourer des compétences qu’il faut et ce pays regorge vraiment de cadres qui peuvent effectivement m’accompagner pour accomplir ces tâches

Trois femmes aux commandes d’un grand département ministériel comme le vôtre, vous y voyez quel signal ?
Je crois qu’on pense que les femmes sont de meilleurs gestionnaires. Lorsqu’à la maison vous avez votre salaire que vous donnez très peu, la femme avec le peu qu’elle reçoit se débrouille pour nourrir la famille. C’est ça la question très importante. Transposez la vie familiale, à la vie au sein de la communauté et même au niveau national ! Toute la gestion de la vie de la famille est sur les épaules de la maman. Et une maman ne va pas manger sans donner à son enfant. Ce n’est que justice qui est rendu pour reconnaitre que les gestionnaires sont à leur place.

Il semble que vous avez dit à certains de vos collaborateurs qui occupent des postes de responsabilité, que ce sont des postes vacants et que 40% des nominations seront consacrées aux femmes.
Affirmatif ! Je l’ai dit. Ce matin j’étais à la Direction générale de l’économie et la planification, les Directeurs sont descendus pour me saluer. A la fin j’ai dit au Directeur général, j’aimerais que dans les propositions de nomination, qu’on ait au moins 40% de femmes. Je lui ai dit aussi que ceux qui sont à l’intérieur du pays ne sont pas maudits. J’aimerais que ceux de l’intérieur du pays reviennent au centre et que tous ceux-là, une partie au moins rejoigne l’intérieur. J’aimerais qu’on encourage les staffs méritants. Je l’ai dit en CPC, je l’ai dit en CASEM, je l’ai dit à toutes les réunions et ça sera le cas. Mon Directeur de cabinet est une femme, j’ai déjà nommée une Conseillère technique femme. Et ça va continuer comme ça.

Il ressort que de par le passé la gestion des cadres du ministère se faisait par copinage. Est-ce-que vous avez une approche particulière pour la gestion des cadres de votre Ministère ?

Quand je suis venue, j’ai dit au Directeur général des ressources humaines, donnez-moi tous les CV des cadres de catégorie A1 de plus de cinq ans d’expérience professionnelle, de plus de 10 ans d’expérience professionnelle. Je lui ai dit d’extraire avec le même critère, les CV des femmes du ministère. Il m’a sorti cela et j’ai lu des CV des femmes que j’étais en train d’identifier et que je vais nommer bientôt. Celle que j’ai nommée Directeur de cabinet, je ne la connaissais ni d’Adam ni d’Eve. J’ai dit que je veux un Directeur de cabinet, qu’il soit juriste ou administrateur civil, parce que j’avais un DCAB du Trésor. Je me suis dit mais comment, tous mes conseillers sont du Trésor. Un DCAB c’est autre chose, c’est un Administrateur civil, un juriste ou autre chose. On m’a dit qu’il y a une dame qui a été DCAB à la présidence sous la transition, si je ne me trompe. J’ai dit de chercher son CV. C’est comme ça que je l’ai identifiée et nommée. C’est pour cela que j’ai dit que les postes sont vacants. En disant cela, il y a des gens qui ont commencé à ne pas travailler, je les ai enlevés en même temps et y’en a qui sont en train de donner le meilleur d’eux-mêmes. Ceux-là, je peux les garder.

Toujours dans le social, dans votre Ministère il y a une chose qui fait couler beaucoup d’encre et de salives. Il s’agit du Fonds commun, où en est-on ?

J’ai découvert qu’il y avait un Fonds commun (FC) dans mon ministère, et dans certains ministères aussi. La philosophie du FC c’était d’encourager les cadres performants surtout au niveau des Douanes et des Impôts. Lorsqu’il y a des gens qui veulent faire de la fraude et qu’on arrive à les prendre, lorsqu’on récupère des sommes, ces sommes étaient utilisées pour encourager ces personnes. Ce qui est normal je crois. Je suis allé en mission récemment à Sinkanssé et Bitou dans le Centre-est pour encourager le personnel qui avait permis de saisir l’or. Au cours de cette mission je leur ai dit que c’est normal qu’on puisse reconnaitre le travail qui est fait. Ça peut être un facteur d’émulation du personnel. Cela dit, nous sommes arrivé à une situation où ce fonds n’est pas durable. La durabilité est en cause pourquoi ? Ce qu’ils arrivent à réaliser comme recettes en matière de saisies frauduleuses n’arrive plus à couvrir ce qu’ils avaient reçu par le passé. Par exemple quelqu’un qui recouvre deux milliards alors que par le passé ils ont touché quelque chose comme 11 milliards. Cela veut dire que les 9 milliards restants, on doit aller les prendre dans la Caisse pour compléter. Je vous pose la question est-ce que c’est juste ? Autant c’est juste qu’il faille encourager les cadres pour traquer les fraudeurs, autant c’est encore plus juste d’utiliser les fonds qu’on aurait récupéré de cela et pas d’autres fonds pris chez des contribuables honnêtes. Malheureusement, cela a été perçu comme des acquis du passé et chaque année, il faut leur servir cette somme. Je profite de votre journal pour communiquer de façon transparente là-dessus.

Entretien réalisé par Germain B NAMA et Basidou KINDA

Source Journal l’Évènement

Lire la suite : http://www.evenement-bf.net/spip.php?article1432

A la découverte des produits INA

0

 

INA est une entreprise qui s’est spécialisée dans la fabrication de produits cosmétiques à base de substances  naturelles du Burkina. Il s’agit de produits naturels locaux de qualité issus de la culture traditionnelle (beurre de karité) ou de la recherche locale (spiruline de Koudougou) ainsi que les plantes reconnues en pharmacopée traditionnelle.  Dans  le contexte actuel  où des produits  sont à l’origine de scandales sanitaires, la   promotrice, DIALLO Rainatou est fière de  mettre à la disposition des burkinabè et ceux qui le désirent, des   produits cosmétiques naturels 100% Bio, de qualité répondant aux normes  internationales.

Diallo Rainatou  s’est engagée dans la production des produits cosmétiques  et d’entretien de la maison, après une formation technique de qualité, grâce à une initiative remarquable de la CEDEAO  et à une formation en entrepreneuriat initiée par le Ministère de l’emploi et de la jeunesse. Elle bénéficie désormais d’une expérience spécifique de 7 ans (depuis janvier 2009). Les produits INA sont disponibles  au 1200 logement non loin de Saint Camille ; dans les pharmacies et supermarchés. INA est joignable au : 71 51 67 25 /74 00 10 74

Aminata Gansoré