Justice au Burkina Faso : la Cour d’appel de Fada-N’Gourma durcit le ton contre les violences sexuelles sur mineurs

 

Le Parquet général de Fada-N’Gourma vient de poser un acte fort dans la lutte contre les violences sexuelles commises sur des enfants. Par un communiqué daté du 24 juillet 2026, le Procureur général Pengdwendé Aristide Parfait Sandwidi annonce la requalification en crimes de deux affaires initialement jugées en correctionnelle par le Tribunal de Grande Instance de Tenkodogo.

Les faits concernent deux agents éducatifs. En effet, le 9 juillet dernier, ces deux agents ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Tenkodogo, respectivement à 17 et 18 mois de prison, dont seulement quelques mois fermes, pour des actes d’abus sexuels sur mineurs.

Une sentence particulièrement clémente qui a immédiatement fait réagir le parquet. Estimant que ces peines n’étaient absolument pas à la hauteur de la détresse des victimes et de la gravité des accusations, le Procureur du Faso a interjeté appel dès le lendemain, le 10 juillet 2026.

La réponse de la Cour d’Appel de Fada N’Gourma ne s’est pas fait attendre. Par des décisions rendues ce vendredi 24 juillet 2026, la Cour a purement et simplement annulé les deux jugements du tribunal correctionnel.

La raison invoquée par le parquet général est sans ambiguïté : les faits reprochés à SONGNE Hamidou et OUANDAOGO Soumaïla sont constitutifs de crimes au regard de la loi pénale burkinabè. À ce titre, ils ne pouvaient en aucun cas être jugés par une simple chambre correctionnelle.

« Le viol ou l’abus sexuel sur un enfant n’est pas un délit mineur, c’est un crime. », a-t-il fait savoir.

En conséquence, le Procureur Général, Pengdewendé Aristide Parfait Sandwidi, a ordonné au Procureur du Faso de Tenkodogo de basculer immédiatement le dossier vers la procédure de flagrant crime devant la chambre criminelle. Un mandat de dépôt a été décerné contre les deux accusés, qui attendent désormais leur procès derrière les barreaux.

La tolérance zéro est en marche

Ce rebondissement judiciaire retentissant résonne comme un écho direct de la récente circulaire du ministre de la justice le Ministre de la Justice adressée, le 17 juillet 2026, à tous les Procureurs du pays, les invitant à plus de fermeté dans le traitement des affaires de viol sur mineurs : peines à la hauteur de la gravité des faits, et surtout appel systématique en cas de sanctions manifestement insuffisantes.

« Le ministère public traquera tous les actes de délinquance en général, et les atteintes aux mœurs commises sur des mineurs en particulier », a mentionné clairement le Procureur général dans communiqué.

Cette décision marque une étape importante vers une justice plus sensible au genre et une tolérance zéro face à l’impunité.

Queen Mafa

 

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