Alors que Noël rime souvent, avec réjouissances familiales et festivités, certains vivent cette période dans la douleur et la solitude des centres de santé. Dans la région des Kuilsé, à Kaya, l’initiative de la « Noël des malades » vient rappeler que cette fête est aussi et surtout, un appel à la solidarité et à la compassion.
Si à l’approche des fêtes de fin d’année, les accidents sont de plus en plus récurrents, les hôpitaux deviennent quant à eux pour de nombreux malades, un lieu d’attente, de prière et parfois d’isolement. Conscient de cette réalité souvent ignorée, l’aumônerie catholique des structures et centres de santé de Kaya dirigés par les abbés Jean Emmanuel Soulga et Aimé Ouédraogo, prêtres du diocèse de Kaya , a initié depuis 2022, une célébration spéciale dédiée aux malades.

« La Noël des malades nous permet de mieux vivre le sens plénier de Noël », explique-t-il. Pour lui, Noël ne saurait se réduire aux fastes et aux réjouissances. « Quand le Verbe s’incarne, il se fait dépendant, fragile. Cette fragilité rejoint celle des malades et des personnes âgées », a-t-il souligné. Et d’ajouter, « Dieu assume la fragilité de la maladie ».
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L’hôpital, un lieu de fraternité sans exclusion
Pour les malades, Noël revêt une signification particulière, surtout lorsqu’ils sont éloignés de leurs familles. Selon l’abbé Jean Emmanuel Soulga, l’hôpital devient alors, le lieu de la tolérance religieuse, de l’acceptation de l’autre et de la fraternité sans exclusion.
La célébration de la Noël des malades dépasse ainsi les appartenances religieuses.
« Les aumôneries sœurs, protestantes et musulmanes, ont toujours été solidaires de cette initiative. Elle parle au cœur de tout malade, quelle que soit sa religion, pour lui dire que Dieu est présent au cœur de sa souffrance », a-t-il déclaré. Pour les patients, cette célébration est synonyme de joie et d’espérance.

Un impact réel sur les malades
Depuis sa première édition en 2022, l’initiative est fortement appréciée par les patients. « Ce jour constitue pour eux une halte dans leur solitude. Se savoir portés dans la prière et la célébration eucharistique est source de guérison », a confié l’aumônier.
Au-delà de la messe, des repas et des kits d’hygiène sont partagés avec les malades, créant des moments d’intimité et de fraternité. L’abbé Soulga s’est souvenu d’un témoignage marquant.
« Une dame nous a confié que son fils avait retrouvé l’appétit et la santé après avoir reçu un kit alimentaire des mains du père évêque. La fête a un impact à tous les niveaux », a raconté le père Emmanuel.
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Un appel à la solidarité pendant les fêtes
Pour l’abbé Jean Emmanuel Soulga, les fêtes sont paradoxales. Elles sont des moments de joie pour ceux qui vivent dans des conditions normales, mais des moments de grande solitude pour les malades. Il invite donc la société à poser des gestes simples. Mais, significatifs, notamment les visites, les prières, la présence auprès des malades à domicile ou dans les centres de santé.
« Le sens de la fête, c’est être source de joie pour les autres. Ces gestes valent plus que tous les discours sur l’amour », a-t-il insisté.
L’édition 2025 de la Noël des malades est prévue pour le 4 janvier 2026 au Centre hospitalier Régional de Kaya. Toute personne de bonne volonté peut soutenir l’initiative à travers la prière ou des gestes de générosité. Les dons peuvent être faits en espèces ou en nature : vivres, habits pour enfants, jouets pour la pédiatrie, draps, savon ou produits d’hygiène.
« L’essentiel est que chacun pose un acte de charité envers les malades en ce temps de fête. Cela est source de bénédictions », a conclu l’abbé Jean Emmanuel Soulga.
Fabrice Sandwidi/Queenmafa.net









