La Société des Gynécologues Obstétriciens du Burkina Faso en partenariat avec ENDA et la fondation Bill Gates a organisé un renforcement de capacités sur l’Hémorragie du Post Partum (saignements après accouchement), du 13 au 14 janvier 2026 à Ziniaré dans la région du plateau central. L’objectif est de mener un plaidoyer sur la mortalité maternelle qui fait des ravages.
Deux jours durant, hommes et femmes de médias ont été outillés sur les causes et les conséquences néfastes de l’Hémorragie du Post Partum (HPP). Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien et président de la SOGOB ainsi que Pr Alexis Yobi Sawadogo également gynécologue obstétricien, ont été les formateurs.

Selon Pr Charlemagne, la mortalité maternelle existe dans toutes les régions du Burkina. « Mais, nous avons fait de gros progrès et même si la mortalité maternelle a diminué, elle existe toujours à des niveaux qui ne sont pas satisfaisants. Toutes les femmes enceintes sont à risque de mourir d’hémorragie après accouchement ou d’hypertension artérielle», a-t-il expliqué.
D’où ledit atelier qui met à contribution, les hommes et femmes de médias pour mieux amplifier la voix, porter haut et loin, ce cri de cœur. En effet, dans le monde, plus de 260 milles femmes mourront par an des suites de HPP tandis qu’au Burkina, elle est la première cause de décès maternels.
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Des causes aux multiples facteurs
« Par jour, 110 femmes auront une complication non mortelle, mais grave. 40 femmes auront une complication des suites d’un avortement spontané, clandestin ou non. Des décès maternels vont être rencontrés dans le monde et les pays en développement dont le Burkina Faso, », a cité Pr Charlemagne avec soupir.
Ces données ne sont pas seulement des chiffres, ce sont des indicateurs qui montrent à quel point, on risque de perdre davantage de vie si rien n’est fait. A en croire Pr Charlemagne Ouédraogo, la HPP continue de tuer parce que dans notre pays, beaucoup de femmes ne parviennent pas à se rendre rapidement dans une structure de santé après l’apparition d’une hémorragie grave. Situation rendue compliquée par la crise sécuritaire, les déplacements massifs et fréquents de milliers de personnes et la perturbation du système de santé.
Il attire surtout l’attention sur le fait que la HPP est fréquente et potentiellement mortelle si elle n’est pas prise en charge, très rapidement. L’accès aux soins de qualité reste limité dans certaines zones, en particulier, celles à hauts défis sécuritaires.
On note aussi le fait que les structures de santé manquent parfois, de personnel qualifié ou de médicaments essentiels. En outre, soit les femmes n’arrivent pas toujours à temps dans les centres de santé, soit elles accouchent hors du système de santé.
De l’avis de Pr Yobi Sawadogo, non seulement l’Hémorragie du Post Partum impacte négativement le bien-être et la productivité de la femme ; Mais aussi, elle endeuille les familles. Partant de là, toute la société à l’échelle économique.
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L’espoir est permis, malgré tout.
« Il est possible de ramener, d’ici fin 2030, la mortalité maternelle en dessous de 70 décès pour 100 milles naissances vivantes », convainc Pr Charlemagne.
Cependant, cela passe par des actions fortes et de haut niveau, avec notamment l’accompagnement des autorités du pays.
Ainsi, la SOGOB plaide pour l’introduction de la carbetocine (une molécule qui lutte contre les saignements) et l’’introduction des sacs à évaluation dans le système de gratuité des soins. Ce sont des sacs qui permettent de quantifier le sang perdu afin de pouvoir agir en conséquence.
Françoise Tougry/Queenmafa.net









