Agendas Jeunes, Paix et Sécurité : Wanep Togo plaide pour une synergie d’action pour une participation effective des jeunes

À l’occasion de la Journée Internationale de la Jeunesse 2026, le Réseau Ouest Africain pour l’Édification de la Paix du Togo (WANEP) et ses partenaires a organisé un Webinaire régional ce Jeudi 13 août 2026. Il a été question des enjeux de la participation effective des jeunes aux processus de paix et de sécurité en Afrique. Placé sous le thème « L’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité en Afrique : entre ambitions des Plans d’Action Nationaux et réalités des Politiques Nationales de Jeunesse », cette session en ligne a réuni des organisations de jeune, acteurs de la paix, décideurs, OSC, partenaires, experts et acteurs engagés. Pendant deux heures ils ont partagé leurs expériences et réflexions sur la cohérence entre les Plan d’Action Nation Jeunesse, Paix et Sécurité (PAN-JPS) et les Politiques Nationales de Jeunesse.

Ce webinaire se tient dans le cadre du projet « Pour des agendas Féministes Paix et Sécurité- Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix ». Equipop représenté par la chargée d’innovation et d’accompagnement, Fatim Diallo a expliqué que le projet est parti d’une idée de l’Agence Française de Développement (AFD) de soutenir les organisations de la société civile qui travaillent sur les agendas Femme, Paix et Sécurité à travers un appui technique et financier. « Nous nous sommes rendus compte que l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité qui devrait être traité en nexus avec l’agenda Femme, Paix et Sécurité était souvent oublié. C’est dans ce cadre que nous nous avons souhaité que notre projet renforce les synergies entre les deux agendas, notamment du fait que la question des jeunes filles n’était pas suffisamment prise en compte dans les stratégies Femmes, Paix et Sécurité (FPS) ni Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) », a-t-elle expliqué.

Comment faire travailler un plan d’action nationale JPS et une politique nationale de la jeunesse sans que l’un finisse par dupliquer ou fragiliser l’autre et comment renforcer les synergies entre les deux agendas sont les questions majeures ayant fait l’objet de ce webinaire sous-régional. WANEP Togo.

Simone Mbodé Diouf, consultante internationale sur les agendas femmes, paix et sécurité

Simone Mbodé Diouf, consultante internationale sur les agendas femmes, paix et sécurité, jeunesse, paix et sécurité a fait la nuance entre Plan d’Action Nationale JPS et Politique Nationale de la Jeunesse. « Un plan d’action nationale ne vient pas concurrencer la politique nationale de la jeunesse, il vient la renforcer. Il apporte un objectif spécifique sur la paix, la sécurité », a-t-elle dit. Elle a attiré l’attention sur la performance de l’Afrique en matière d’agenda jeunesse, paix et sécurité car sur 14 plans d’actions nationaux au niveau mondial, les 9 sont en Afrique.

Pour la consultante, une synergie entre les agendas JPS et FPS passe par un ancrage institutionnel unique, c’est-à-dire qu’il faut un seul mécanisme qui porte les deux agendas, une budgétisation articulée et des indicateurs de suivi partagés.

Le Niger à travers le coordonnateur national de WANEP, Clément Gbedey, a quant à lui brossé l’expérience de l’agenda JPS dans son pays. Selon le coordonnateur, le processus a été fondé sur une démarche participative, inclusive, fondée sur des données courantes. Toutes fois, il rappelle que les organisations féministes ne sont pas restées en marge car elles n’ont pas été considérées comme des organisations qui travaillent sur les femmes, mais comme des actrices aussi de paix à part entière. Comme pour dire que du coté du Niger, les agendas JPS et FPS travaillent déjà en synergie. Quant aux défis de l’agenda JPS dans son pays, il a souligné l’insuffisance des données désagrégées par âge, sexe, région et catégorie des jeunes, la faible participation des jeunes…Pour y remédier, Clément Gbedey insiste sur le fait que les jeunes doivent être considérés comme des partenaires. « Les initiatives les plus durables sont celles dans lesquelles ces jeunes-là participent à la conception, à la mise en œuvre, au suivi et à l’évaluation des politiques et des programmes », a-t-il-dit. Il ajoute que la participation des jeunes filles ne doit pas être limitée seulement à l’augmentation du nombre de participants, mais elle doit également permettre d’accéder aux espaces de pouvoir, de décision et de leadership. Il a terminé son intervention en attirant l’attention des jeunes ‘’le gouvernement peut créer des conditions pour les jeunes mais il ne peut pas tout faire’’.

Lors de ce panel, la question de la participation des jeunes au retour de la paix en République démocratique du Congo, a aussi fait l’objet d’une présentation. Elle a été faite par Eddy Yav, rapporteur du comité technique régional JPS de l’Union africaine et conseiller au cabinet du président de la RDC en charge des questions de l’agenda jeunesse et sécurité.

Eddy Yav, rapporteur du comité technique régional JPS de l’Union africaine et conseiller au cabinet du président de la RDC en charge des questions de l’agenda jeunesse et sécurité.

Là encore, la nuance a été faite entre les deux notions. « La politique nationale de la jeunesse est comme les autres politiques nationales. Le plan d’action nationale JPS vient témoigner ici la volonté gouvernementale à l’issue de la résolution des Nations Unies sur les Jeux de l’intérêt de la sécurité et comprend la volonté d’attachement à cette politique publique. C’est une politique publique complémentaire qui vient appuyer la politique nationale de la jeunesse déjà existante ». Parlant de la participation des jeunes au retour de la paix en RDC, Eddy Yav affirme que les jeunes ont activement participer à la mise en œuvre du plan JPS dont la réalisation a d’ailleurs été conduite par lui-même en 2020.

Pour ce qui est des recommandations, il a cité l’identification des points focaux JPS dans tous les ministères et la mise en place d’un conseil consultatif de la jeunesse des Nations Unies. Ce conseil réunira les acteurs gouvernementaux, les acteurs du système des Nations Unies et d’autres acteurs de la société pour que la question de la jeunesse, la paix et la sécurité soit prise en compte dans tous les secteurs.

Pour Hassanié Mahamat Ibrahim féministe engagée sur les agendas femmes, paix et sécurité au Tchad, les agendas FPS et JPS doivent être considérés comme complémentaires car les jeunes et les femmes sont à l’intersection des deux. Comme solution à la synergie, elle préconise l’association des jeunes femmes aux mécanismes de prévention d’alertes précoces : « on constate qu’il y a des jeunes leaders, des jeunes filles médiatrices des associations qui ont les systèmes d’alerte précoce, elles sont souvent en contact avec les réalités locales ».

Hassanié Mahamat Ibrahim féministe engagée sur les agendas femmes, paix et sécurité au Tchad

« Il faut travailler aussi dans les zones reculées, mais également mettre dans nos actions la question de l’alphabétisation des grandes personnes. Il faut pouvoir les permettre de savoir au moins lire ou écrire pour permettre d’accompagner ces différents programmes dans leur communauté », a ajouté Victorien Aka, un participant.

Sur la question, comment le plan peut contribuer à la résolution des conflits, Clément Gbedey affirme que le plan peut contribuer de manière importante à réduire les conflits, car le Plan d’Action JPS prévoit des mécanismes qui permettent aux femmes, aux jeunes de signaler très rapidement des menaces ou des risques. « Ces jeunes-là, ces femmes sont des acteurs de la prévention et de la consolidation de la paix particulièrement en Afrique ou les femmes et les jeunes disposent d’une connaissance fine des tensions locales, même s’ils restent insuffisamment associés aux mécanismes vraiment officiels de sécurité », a -t-il dit.

Le webinaire s’est achevé sur une note de remerciements à l’endroit des intervenants, des partenaires ainsi qu’aux participants.

Latyfah Sawadogo 

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