Ce 07 Avril 2026, le président de la délégation spéciale de la commune de Ouagadougou dans un communiqué informait les populations, de l’interdiction d’occuper ou d’exploiter les berges et les cuvettes des plans d’eau du barrage de Boulmiougou, des barrages N.1, 2, et 3 et des zones environnantes. Cette mesure qui concerne particulièrement les maraîchers et horticulteurs est justifiée par le fait que les activités humaines autour de ces barrages entraînent des effets néfastes tels que l’envasement et la pollution des eaux.

Alors qu’ils disposent d’une semaine pour quitter les lieux, l’information reste encore méconnue par certains occupants. Notamment ceux des berges de Boulmiougou.
C’est le cas de Etienne, maraîchers depuis 2 ans. « Nous ne sommes pas au courant de la note. Je pense que notre travail n’entache pas l’hygiène des lieux. En plus, l’eau du barrage n’est pas destinée à la consommation. Si c’était le cas, on pouvait comprendre », dit-il.
Quant à Adama Ouédraogo, il affirme que les autorités de la commune de Ouagadougou n’ont pas encore tenu de rencontre avec eux. «On a juste entendu l’information. Si on doit partir, ça sera très compliqué car on n’a nulle part où aller », regrette-t-il.
Gilbert Compaoré pour sa part, déclare avoir entendu des rumeurs sur une rencontre qui était prévue à 14h. Mais, ce dernier ignore qui en sont les initiateurs. « A moins qu’ils nous donnent un autre endroit, on n’a nulle part où aller », poursuit-il dans la même veine que son prédécesseur.

Certains occupants évoquent la présence des puits utilisés pour l’arrosage. « On travaille avec les puits, on ne peut pas salir le barrage’’, explique Marcelline Congo.
Un avis partagé par Thérèse Tiendrebeogo dont l’activité de maraîchage constitue son gagne-pain. « Je ne suis pas au courant de ce communiqué. En plus, nous travaillons avec les puits. Nous n’avons aucun contact avec le barrage », martèle-t -elle.
Le souci majeur de ces maraîchers n’est pas le déguerpissement des lieux. Mais plutôt, la perte des cultures déjà mises en terre et l’incertitude quant à un nouvel espace d’exploitation.
« On a entendu parler du communiqué. Cependant, si on quitte ici, c’est le chômage direct. Le délai est trop court. Or, on a déjà semé. Donc, ça sera une grosse perte pour nous tous», soutient Clarisse Kabré.

Pour des travailleurs dont la plupart, n’a que cette activité comme source de revenu, la situation risque de se compliquer. C’est le cas de Moussa Kabré qui se débrouille avec cette activité pour subvenir aux besoins de sa famille et scolariser ses enfants. S’il doit partir, ça sera une grosse perte pour lui d’autant plus qu’il n’a pas encore récolté et il n’a pas aussi un autre site où il pourra s’installer.
« C’est très compliqué. Si on quitte ici, c’est direction le chômage. Vous-mêmes vous constatez que les travailleurs sont nombreux et ils se débrouillent avec ça pour gérer leurs familles. On a semé, on ne pourra même pas récolter. Mais si le délai était jusqu’en fin avril, on pouvait espérer récolter au moins la moitié avant de partir. Sinon ça sera une très grosse perte » s’exprime un groupuscule de femmes.
En rappel, une opération de curage des différents barrages est prévue cette année par le Ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques (MAERAH) afin de gérer et préserver les ressources hydriques.
Ange Bamouni / Queenmafa.net
Latyfah Sawadogo/Queenmafa.net


