La question dérange, choque parfois, et ouvre aussitôt une porte sur des blessures intimes, souvent enfouies depuis l’enfance. Dans un échange empreint d’émotion et d’empathie, ce mardi 7 avril dans un live sur sa page Facebook, la coach de vie Norah kafando explore les causes de l’abandon maternel et ses répercussions sur la vie affective des adultes qui en portent encore les cicatrices.
L’abandon maternel, qu’il soit physique ou émotionnel, laisse des traces profondes et durables. Entre immaturité émotionnelle, traumatismes, contraintes sociales ou déni, les raisons sont multiples et souvent méconnues. Norah Kafando livre un témoignage puissant et propose un chemin de guérison fondé sur la compréhension, le pardon et la reconstruction intérieure.
Selon elle, l’abandon n’est pas toujours un acte volontaire, encore moins, un geste dénué de sens. Il peut survenir dans des circonstances extrêmes : décès, séparation forcée, précarité financière, grossesse non désirée ou issue de viol, notamment dans des contextes de violences terroristes.
On peut apprendre a aimer
Certaines femmes, explique la coach, souffrent aussi d’immaturité émotionnelle. « Il y a des femmes qui n’ont simplement pas la force d’aimer un enfant », dit-elle.
D’autres répètent inconsciemment des schémas familiaux car ayant elles-mêmes, grandi sans présence maternelle. Elles peinent à incarner un modèle qu’elles n’ont jamais reçu. Dans certains cas, la mère est physiquement présente. Mais, incapable d’offrir son soutien, son amour ou sa reconnaissance. C’est une forme d’abandon à la fois silencieux et destructeur.
L’enfant abandonné ou simplement peu regardé ou encore peu écouté se construit dans un vide affectif qui déforme la perception qu’il a de lui-même.
L’absence de regard maternel devient un miroir brisé.
« Je ne suis pas assez », « Je ne mérite pas d’être aimé », « Je dois me battre pour exister ». Ces phrases s’inscrivent dans l’identité comme des vérités et finissent par influencer profondément, la vie adulte.
Dans les relations amoureuses, cela se traduit souvent par la peur (panique) de l’abandon, la dépendance affective ou l’acceptation de relations déséquilibrées.
Chercher l’amour devient une quête épuisante, presque vitale, l’autre devient un refuge, un pilier, une preuve que l’on mérite enfin d’exister.
Le pardon, un soulagement
Face à ces blessures, la psychologue insiste sur une clé fondamentale : le pardon.
Non pas un pardon qui excuse ou justifie! Mais, un pardon qui libère.
« Ne pas pardonner, c’est boire du poison soi-même », dit-elle.
Pardonner permet de réagir différemment, de poser des limites si la mère est encore vivante, et surtout de briser le cycle qui transforme la douleur en fatalité.
Elle encourage aussi un geste puissant qui est de se donner soi-même l’amour que l’on attendait d’une mère.
Apprendre à s’écouter, se respecter, se valoriser. Ne plus mendier chez l’autre ce qu’on peut cultiver en soi.
Une restauration est possible
Dans son parcours personnel, la psychologue raconte avoir connu les dépressions, les illusions affectives, la culpabilité et les choix destructeurs. Pendant longtemps, signifie-elle, c’était comme si un camion était passé sur ma vie émotionnelle .
Pour elle, la thérapie a été une étape. Mais, c’est la prière et la foi qui ont permis une restauration profonde.
Elle en témoigne avec force : « La psychologie soulage. Mais, la prière guérit durablement ».
Aujourd’hui, elle parle en femme restaurée, mère, épouse, professionnelle accomplie. La preuve vivante qu’on peut se relever d’une enfance meurtrie et d’une identité fracturée.
Se relever de l’abandon
Comprendre les raisons de l’abandon, reconnaître les mécanismes qui en découlent, accueillir la douleur sans honte : ce sont là, des actes de réparation.
Pour les personnes qui ne se sentent « pas assez », qui ont grandi dans le silence ou la peine, cette parole est un rappel essentiel. L’abandon ne définit pas une vie.
«Guérir, c’est possible.
Se reconstruire, aussi.
Et surtout, apprendre à être pour soi-même la présence qui a manqué», lance-t-elle..
Farida Konaté/Queenmafa


