Chaque jour, des familles vivent l’angoisse de la disparition de leurs enfants. Derrière ces drames se cache un système organisé de recrutement et d’exploitation des mineurs dans les sites d’orpaillage.
Dans une vidéo diffusée sur facebook, Raïssa Compaoré lance un appel vibrant à la vigilance. Elle raconte avec émotion et gravité comment des enfants, parfois âgés de seulement 14 ou 15 ans, sont attirés et recrutés pour travailler dans les mines artisanales. Ce phénomène, trop souvent passé sous silence, détruit des vies et fragilise des familles entières.
Un recrutement sournois
Selon son témoignage, les recruteurs utilisent des méthodes de séduction et de manipulation pour attirer les jeunes. Un adolescent peut se voir offrir une moto ou être influencé par la promesse d’un téléphone. Ces cadeaux, qui paraissent anodins, deviennent des appâts pour convaincre les enfants de suivre des inconnus. Une fois embarqués, ils disparaissent, laissant leurs parents sans nouvelles.
Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les parents qui manquent d’éducation ou de vigilance. Même dans des foyers aimants et attentifs, les enfants restent vulnérables face à l’influence de leurs pairs ou de recruteurs habiles. Raïssa souligne que l’enfant peut être à la maison, bien encadré et reste malgré tout influençable. Les familles se retrouvent alors impuissantes, recevant parfois des alertes trop tardives.
Des conditions inhumaines dans les mines
Les témoignages rapportés décrivent un univers brutal et cupide. Certains employeurs considèrent la mort d’un mineur comme un simple incident, allant jusqu’à affirmer « Quand quelqu’un meurt, il y a plus d’or ». Les enfants sans parents, particulièrement vulnérables, sont parfois sacrifiés dans ce système impitoyable. Ceux qui survivent reviennent souvent malades, atteints de pathologies graves, et sont abandonnés à leurs familles sans soins.
Raïssa invite chacun à ouvrir les yeux : dans les villages et quartiers, il n’est pas rare de voir de jeunes garçons circuler sur de grosses motos, signes d’un recrutement en cours. Ces indices doivent alerter les communautés. « Il ne faut pas accepter », insiste-t-elle, car derrière ces apparences de richesse se cache une réalité dramatique : la disparition d’enfants et leur exploitation dans des conditions dangereuses.
Un appel à la vigilance collective
Ce cri de coeur est avant tout, un appel à la responsabilité collective. Les parents, les voisins, les autorités locales et la société civile doivent unir leurs forces pour protéger les enfants. La prévention passe par l’information, la surveillance et la solidarité. Chaque signe suspect doit être pris au sérieux, car chaque disparition est une tragédie humaine.
Le témoignage de Raïssa Compaoré met en lumière, une réalité trop souvent ignorée : le trafic d’enfants vers les sites miniers est une menace réelle et quotidienne. Il ne s’agit pas seulement d’un problème familial Mais, d’un enjeu de société. Protéger les enfants, c’est protéger l’avenir.
Elisabeth Koama/Queenmafa.net


