Entre douleur, gêne et silence, l’hydrocèle bouleverse la vie de milliers d’hommes au Burkina

À Ouagadougou comme dans plusieurs régions du Burkina Faso, l’hydrocèle reste encore une pathologie méconnue du grand public, bien qu’elle touche de nombreux hommes. Souvent vécue dans le silence et la gêne, cette affection se manifeste par une accumulation de liquide autour des testicules, provoquant un gonflement du scrotum. Pourtant, grâce à l’intensification des campagnes de chirurgie gratuite, des milliers de patients retrouvent progressivement une vie normale.

L’hydrocèle peut apparaître à la suite d’une blessure, d’une inflammation ou d’une infection au niveau du testicule ou de l’épididyme, le petit tube situé à l’arrière du testicule. Mais au Burkina Faso, la principale cause reste la filariose lymphatique, une maladie tropicale négligée transmise par les moustiques et encore présente dans certaines zones du pays. Cette maladie provoque, entre autres complications, une tuméfaction du scrotum chez l’homme.

Au-delà de la gêne physique, la maladie a souvent, de lourdes conséquences sociales et psychologiques. De la  douleurs, à l’inconfort à la marche, les difficultés à travailler et parfois, l’isolement dans la vie intime, de nombreux patients vivent cette situation loin des regards.

Le traitement de l’hydrocèle est exclusivement chirurgical. Contrairement à certaines idées reçues, il n’existe pas de traitement médicamenteux efficace. L’intervention, appelée hydrocélectomie, dure généralement entre 20 et 30 minutes et se déroule sous anesthésie générale ou loco-régionale. La récupération est souvent rapide, avec un retour à domicile dans la journée ou le lendemain.

Selon les chiffres rendus publics par le gouvernement, 2 519 patients atteints d’hydrocèle ont bénéficié d’une prise en charge chirurgicale gratuite en 2025 dans 16 régions sanitaires du Burkina Faso. Le suivi post-opératoire fait état d’une évolution favorable de leur état de santé.

À Ouagadougou, l’hôpital du district de Boulmiougou figure parmi les structures les plus mobilisées dans cette lutte. D’autres centres, notamment  Ziniaré, Léo, Dédougou et Zorgho, participent également à ces campagnes gratuites.

Pour les autorités sanitaires, chaque intervention représente bien plus qu’un simple acte médical. Elle permet à des hommes de retrouver leur dignité, leur capacité de travail et leur vie sociale.

Le ministère de la santé poursuit ainsi son objectif d’élimination de la filariose lymphatique comme problème de santé publique d’ici 2030.

 

 

Dernières nouvelles

ARTICLES SIMILAIRES