Le pagne de nuit à l’ère de la lingerie moderne

Avant que les nuisettes inondent le marché, les femmes africaines, en particulier les nouvelles mariées ne connaissaient que le pagne de nuit comme seule robe de chambre. Appelé Pendel ou Pendélou au Mali, Bethio au Sénégal et Pindeli ou Paindeni au Burkina, le pagne de nuit tout comme les perles de hanche (baya) est un accessoire de séduction de la femme. Véritable symbole de féminité, il est généralement fabriqué en lin ou du coton auquel on rajoute de la broderie en laine parfois des perles comme objet de décoration.

Longtemps considéré comme un élément clé de l’arsenal de séduction de la femme, il occupait une place importante dans le quotidien des couples. Mais aujourd’hui, avec l’arrivée massive des sous-vêtements modernes, ce sous-vêtement traditionnel semble peu à peu disparaître des habitudes des femmes Burkinabè.

Pourtant, dans les marchés, il n’est pas rare de tomber sur ces pagnes de nuit, exposés parmi d’autres articles. Loin d’avoir totalement disparu, le pagne de nuit continue d’exister, porté toujours par certaines femmes et maintenu en vie par des commerçantes. Aminata Sana, l’une d’entre elles qui nous éclaire sur le sujet.

Elle nous explique que le pindeni autrefois était indispensable pour la femme. « Le pagne de nuit était indispensable pour une femme à l’époque de nos mamans. Si tu n’en avais pas dans ton armoire c’est que tu es une jeune fille », dit-elle.

Elle confie d’ailleurs que certaines personnes sont souvent surprises d’en trouver encore sur le marché, « certaines femmes quand elles voient les pindeni sont étonnées. Elles disent que ça existe encore ? Au temps si tu n’avais pas ça haa… »

Elle ajoute que le pindeni n’est pas prêt de disparaitre car c’est une tradition. « Avant quand une jeune fille veut se marier, elle doit obligatoirement l’avoir dans ses affaires. Il est soit offert par sa mère, soit par la belle famille. Et de nos jours c’est toujours d’actualité, dans beaucoup de familles et dans certaines ethnies, c’est une obligation. C’est pourquoi je dis qu’il ne va pas disparaitre », affirme Aminata Sana.

Elle précise que ces pagnes ne sont pas achetés uniquement à l’occasion du mariage. Les femmes continuent d’en porter, même si les habitudes ont évolué.

Entre tradition et modernité, le pindeni semble aujourd’hui trouver sa place. Ni totalement abandonné, ni aussi dominant qu’autrefois, il s’inscrit désormais dans une dynamique d’adaptation. Selon Aminata, le pindeni s’est adapté au temps. Certains modèles sont personnalisés avec des noms et des inscriptions comme « je t’aime mon amour, I love you… », ce qui renforce davantage son côté séduisant.

Même s’il semble inexistant aujourd’hui, le pagne de nuit continue de traverser le temps et reste bien présent dans les habitudes de certaines femmes.

Latyfah Sawadogo/Queenmafa.net

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