Lutte contre l’hémorragie après accouchement : les participants satisfaits des échanges

La Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) en partenariat avec Enda Santé et avec le financement de Gates fondation a organisé un atelier sur la mise en place d’un  mécanisme de veille citoyenne sur l’hémorragie après accouchement. Aux termes de la rencontre tenue du 8 au 9 avril 2026 à Ouagadougou, des participant se sont prononcés.

Depuis de nombreuses années, le sujet de l’hémorragie après accouchement est abordé au quotidien. Des actions sont menées en vue de faire bouger les lignes. Malgré les efforts fournis, le phénomène a la peau dure. Mais n’empêche ! De nombreux acquis sont engrangés mettant en avant, la ferme volonté du gouvernement de bouter l’hémorragie après accouchement hors de notre pays avec pour avantages des milliers de vie, sauvées.

S’alignant à la dynamique du gouvernement, la SOGOB a réuni des acteurs de la société civile pour des échanges et des réflexions. Ainsi, Rosalie Gniminou de l’Association des Femmes handicapés battantes du Burkina Faso dit toute sa satisfaction de participer aux échanges car le voile a été levé sur l’hémorragie après accouchement.

De retour au sein de l’association, des séances de sensibilisation et  des campagnes de causerie vont être organisées pour faire connaître aux autres membres, ce qu’est l’hémorragie après accouchement et les énormes souffrances qu’elle inflige aux femmes. «Ce que j’ai retenu, c’est la quantité de sang que les femmes perdent suite aux accouchements. Ça fait peur», a-t-elle souligné.

Pr Charlemagne Ouédraogo, Gynécologue-obstétricien. Président de la SOGOB

Toujours selon ce que Rosalie a appris, certaines femmes portant des grossesses gémellaires ne le savent pas jusqu’au jour de l’accouchement. La cause, elles n’ont pas de carnet de santé. Donc, pas de suivi ni d’échographie! La lourde tâche incombe maintenant, aux agents de santé qui vont faire sortir le bébé.

Aussi, avant de libérer la mère, les agents de santé doivent s’assurer que l’hémorragie s’est arrêtée. Question d’éviter que des complications surviennent, une fois qu’elles sont rentrées chez elle! Si en cas de complications, la femme est loin d’un centre de santé, c’est encore plus difficile de faire la prise en charge et cela peut entraîner un décès. «Ce sujet me touche beaucoup. J’ai vu des femmes qui, après accouchement, semblaient n’avoir aucun problème. Mais, dès qu’elles sont rentrées à la maison, des cas malheureux sont survenus», a-t-elle déploré.

D’un problème à un autre, pendant la rencontre, on a parlé de certaines femmes qui sont pressées de rentrer alors que le temps d’observation recommandé est de 72h d’hospitalisation. Paradoxalement, certains centres de santé ne disposent pas suffisamment de lits. Conséquence, il faut céder la place aux autres. « Maintenant, où situer les responsabilités? En tout cas, c’est un peu dérangeant quand on rencontre des situations comme ça », a-t-elle tranché.

Hémorragie du Post Partum (HPP) : La SOGOB mène le combat contre un mal redoutable qui fait des ravages
Grâce à cet atelier de mise en place d’un mécanisme de veille citoyenne de lutte contre les hémorragies après accouchement, Rachelle Sourabié Bonkoungou du  Conseil Burkinabè des Organisations de Développement communautaire (BURCASSO) a déclaré avoir beaucoup appris sur les causes, les conséquences et les modes de prise en charge de l’hémorragie.
De retour dans les ONG, le premier objectif serait  d’abord, d’intégrer cette thématique de lutte contre l’hémorragie après accouchement dans les interventions traditionnelles de santé communautaire et de renforcer également, les capacités des différentes structures.
«Nous verrons ensuite, comment maximiser cette lutte au niveau communautaire et avoir des résultats probants», a-t-elle partager avant de renchérir « Le sujet est très touchant. J’ai passé deux jours à être stressée, après avoir entendu des cas d’hémorragie après accouchement. Dans nos sociétés, dans notre entourage, nous vivons des cas de ce genre. Mais, ne connaissant pas les causes ou comment on pourrait les éviter,  on est resté sans mots. Maintenant, nous partons vraiment outillés sur cette thématique pour pouvoir en parler », a-t-elle situé.
Présent à cette cérémonie,  le représentant de SOS, Jeunesse et Défis, Etienne Koula a indiqué que dans cette veille, il faut informer, sensibiliser, pouvoir mobiliser les acteurs, créer des réseaux de travail. Les associations professionnelles comme celles des sages-femmes sont aussi des acteurs-clés avec lesquelles, un partenariat pourra être établi dans l’optique de  consolider toutes les actions contribuant à lutter efficacement contre les hémorragies après accouchement.
Françoise Tougry /Queenmafa

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