Du 22 au 23 mai 2026 à Ouagadougou, l’Institut des Sciences des Sociétés (INSS) accueille un colloque scientifique international. Placé sous le thème : « Les accusations de sorcellerie : fondements sociohistoriques, traitements, stratégies de résilience, et solutions endogènes », cet évènement se veut un cadre de réflexion pour trouver des solutions face aux violences liées à la sorcellerie.
Initiée par la commission nationale burkinabè pour l’UNESCO, l’INSS, et l’Université Joseph Ki-Zerbo, cette rencontre réunit chercheurs, experts, autorités coutumières, religieuses et administratives.
Ce rendez-vous scientifique s’inscrit dans un contexte où malgré la modernité, la transformation de nos sociétés, les accusations de sorcellerie, les discriminations persistent et touchent particulièrement les femmes, les veuves et les personnes vulnérables.
Au cours de ces 48h, les différentes communications vont aborder le rôle des croyances, les systèmes de représentation du malheur, ainsi que les facteurs socio-économiques et politiques qui exacerbent les accusations de sorcellerie envers les femmes.

Selon le président du comité d’organisation, Vincent Sédogo, cette rencontre va permettre : « D’interpeller la communauté nationale et internationale sur l’ampleur du phénomène et son caractère actuel ».
Pour la directrice de l’INSS, Aoua Carole Bambara, il s’agira également de partager les résultats de recherche qui ont été menés sur le terrain. Il sera aussi question de réfléchir à comment la tradition et la modernité peuvent se croiser pour trouver des solutions aux accusations quelques fois à tort , et qui portent préjudice à des familles surtout aux veuves et aux orphelins » a-t-elle ajouté.

À travers cette initiative, il s’agit non seulement de produire des connaissances scientifiques sur les violences sociétales et les accusations de sorcellerie. Mais, de contribuer, selon le représentant du délégué général du CNRST, Dr Didier Zida, à l’élaboration de réponses sociales, culturelles et institutionnelles adaptées aux réalités africaines. « Les communications permettront d’accorder une attention particulière aux stéréotypes de genre et aux catégories de femmes fréquemment visées », a-t-il poursuivi.

Une approche comparative inter-régionale permettra d’appréhender la diversité des pratiques et des perceptions, tout en révélant les logiques communes dans la construction sociale des accusations liées à la sorcellerie.
Au total 60 communications, 03 tables rondes, des témoignages et une projection cinématographique sont au programme de ces deux jours d’échanges.
Béatrice Koala/Jolivette Mboumba (Stagiaires)


