Au Burkina Faso, le phénomène de l’exclusion sociale continue de faire de nombreuses victimes. Les raisons sont entre autres, les grossesses non désirées ou le refus de mariage forcé, le handicap, les allégations de sorcellerie, etc. Face à cette situation, l’Etat, et ses partenaires mènent plusieurs actions en vue d’assurer la prise en charge de ces personnes et de faciliter leur réinsertion au sein des communautés. C’est dans cette optique que s’est tenue, à la faveur du colloque scientifique international des 22 et 23 mai à l’Institut National des Sciences de la Société (INSS), une table ronde autour du thème : « Politiques publiques, protection sociale et réinsertion des femmes accusées de sorcellerie : défis, limites et perspectives. ».
Ce cadre d’échange a permis aux représentants du ministère de la Famille et de la Solidarité d’exposer les différents mécanismes de prise en charge et de réinsertion des victimes d’exclusion et de mettre également, en lumière, les obstacles auxquels ils sont confrontés.
Dans un premier temps, il a été question de faire l’état des lieux du phénomène de l’exclusion au Burkina Faso. De cette communication assurée par M. Sama, on retient que le phénomène d’exclusion social surtout par allégation de sorcellerie a encore la peau dure.
Certes, certaines communautés ont réussi, à l’éradiquer ou le minimiser cependant elle persiste toujours. Pour preuve, au cours l’année 2025, sept cent quatre-vingt (780) personnes exclues ont été recensées. La plupart de ces cas d’exclusion concerne les femmes. En effet sur les sept cent quatre personnes exclues, on dénombre 644 femmes dont plusieurs sont accusées de sorcellerie.

Pour assurer la protection des victimes et lutter comme ce phénomène, des politiques publiques ont été mises en place à savoir la création d’une direction technique dédiée à la promotion de l’abandon de l’exclusion sociale, la mise en place de cours de solidarité pour accueillir les victimes, le Plan d’action national (2012–2016) contre l’exclusion des personnes accusées de sorcellerie et aussi la loi 061-2015/CNT : prévention, répression et réparation des violences faites aux femmes et aux filles, avec prise en charge des victimes. Toutes ces mesures visent à encourager l’abandon de ces pratiques qui portent atteinte à la dignité des personnes concernées.
Plusieurs actions sont menées par le ministère de la Famille et de la solidarité en vue de la prise en charge de ces victimes dans un premier temps et à long terme les permettre de réintégrer leur communauté c’est ce qui a été l’objet de la 2è communication donnée par M. Issiaka Abel dans laquelle, il a évoqué les actions en vue de l’accueil des personnes exclues. Comme action sur le terrain, nous avons l’existence de treize sites ou centre d’accueil à travers le pays qui sont suivis et accompagnés par le ministère de la Famille et de la solidarité. Concrètement il s’agit d’octroyer des financements pour assurer la prise en charge des pensionnaires des différents centres mais aussi de préparer leur réinsertion future. « La réinsertion réussie des victimes de l’exclusion passe aussi par l’octroi d’activités génératrices de revenus afin de les rendre économiquement viables et productifs » a-t-il mentionné. C’est pour cela que les victimes bénéficient de formation et d’appui financier pour leur permettre de se prendre en charge financièrement.

En plus de ces actions, les services de la police nationale accompagnent également les cours de solidarité dans le processus de réinsertion. Il s’agit entre autres de la recherche des familles, des médiations familiales et ou communautaires, de l’organisation des actions de sensibilisation.
Aussi, Conformément aux textes en vigueur, l’accusation de sorcellerie est punie. « Les autorités judiciaires veillent à l’application des sanctions à l’égard des personnes qui se rendent coupable de tels actes » a martelé M. Ilboudo, commissaire de police.
Malgré, la volonté affichée des autorités d’en finir avec le phénomène d’exclusion surtout par allégation de sorcellerie, elles sont confrontées de nombreux défis. Parmi lesquels, la persistance de croyance traditionnelle, les difficultés financières, le besoin de ressource humaine qualifiée (spécialisée) pour la question spécifique de l’exclusion sociale.
Comme perspectives en vue de la résolution de ce problème, la sensibilisation des populations, la poursuite de l’application des textes et la formation de personnel spécialisé sont d’une grande nécessité. Cependant sans l’engagement de tous, ces mesures seront sans réelle importance. C’est pourquoi, les conférenciers ont insisté sur l’engagement de toutes les couches sociales : autorités civiles, religieuses et coutumières.
« L’engagement doit être individuel. L’engagement en tant qu’humain est le socle de la protection et de l’inclusion » a conclu le commissaire Ilboudo.
Bertrand SOME (Stagiaire)


