Sensibiliser les députés aux enjeux de la santé maternelle afin de renforcer leur engagement dans la lutte contre les décès liés aux hémorragies après accouchement, tel est l’objectif de la session de formation organisée par la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), en partenariat avec le Réseau des parlementaires en santé, population et développement. Au sortir de la formation, Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bogodogo, par ailleurs, président de la SOGOB explique le but et les attentes de la rencontre.
Pr Charlemagne Ouédraogo a, d’abord, salué la disponibilité de l’Assemblée législative du peuple, à travers le Réseau des parlementaires en charge de la santé, de la population et du développement.
Selon lui, l’objectif visé par la SOGOB est de mieux informer les élus sur la problématique de la santé de la mère, avec un accent particulier sur les décès maternels dus aux hémorragies du post-partum.
« Aujourd’hui, nous devons les prévenir avec des innovations, car les méthodes que nous avons utilisées depuis 40 ans ont atteint le niveau de leur saturation et il faut apporter du nouveau pour pouvoir accélérer la réduction des décès maternels », a-t-il déclaré.
Pour le président de la SOGOB, cette innovation ne pourra se faire sans un financement conséquent. « Ça passe par des budgets. C‘est pour cela que nous avons voulu sensibiliser les camarades députés pour qu’ils soient informés afin qu’ils puissent s’engager et soutenir le ministère de la santé lorsque le camarade ministre passera pour défendre son budget », a-t-il dit.
Lire aussi Hémorragie après accouchement : Les parlementaires invitent à maintenir les efforts de lutte contre la mortalité maternelle
Le Burkina Faso a enregistré des progrès significatifs dans l’amélioration de la santé maternelle et infantile. La dernière enquête démographique et de santé fait état d’un taux de mortalité maternelle de 198 décès sur 100 000 naissances vivantes, contre 341 sur 100000 en 2010. Des avancées qu’il salue, tout en estimant qu’elles demeurent insuffisantes au regard des engagements pris par le pays.
« Nous avons pris des engagements envers le peuple burkinabè. Mais, aussi des engagements internationaux. D’ici 2030, nous devons ramener le taux de mortalité maternelle en dessous de 70 décès sur 100 000 naissances vivantes », a-t-il rappelé.
Parmi les innovations à entreprendre pour réduire la mortalité maternelle figure la carbétocine thermostable, un médicament destiné à prévenir les hémorragies après l’accouchement. Pr Charlemagne Ouédraogo a précisé que cette molécule résiste à la chaleur, contrairement à certains produits. Ce qui facilite son utilisation dans les formations sanitaires, y compris dans les zones à accès difficile.
Toutefois, a-t-il insisté, l’introduction de ces innovations passe nécessairement par un financement adéquat. Pour le président de la SOGOB, l’atteinte des objectifs fixés ne peut se faire sans l’implication du parlement, qui contrôle l’action gouvernementale. C’est pourquoi, il s’est réjoui de la forte mobilisation des députés à cette session de formation.
Les participants disposeront, selon lui, d’informations nécessaires sur la santé de la mère et de l’enfant, en particulier, sur les hémorragies du post-partum, afin de contribuer, à accélérer la réduction des décès maternels. L’ambition est qu’à l’horizon 2030, le Burkina Faso puisse honorer les engagements pris envers sa population et ses partenaires internationaux.
Latyfah Sawadogo stagiaire


