Hémorragie après accouchement : « On va aussi plaider pour que les agents de santé aient de meilleures conditions de travail », Esther Kansono Bamouni

Dans le cadre de la rencontre d’échanges tenue le 1er et 2 juillet 2026 à Ouagadougou, entre la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina Faso (SOGOB) et le réseau des parlementaires en santé, population et développement (RESPOD/BF), les participants ont été outillés sur l’hémorragie après accouchement.  Selon Esther Kansono Bamouni, la coordonnatrice du réseau, il est plus que nécessaire de soutenir le plaidoyer pour l’introduction de la carbétocine dans les soins offerts aux femmes afin de réduire la mortalité maternelle au Burkina Faso.

 A l’issue de la rencontre, quel engagement les membres du réseau ont-ils pris en faveur de la lutte contre la mortalité liée à l’hémorragie après accouchement ?

Au regard des échanges qui ont eu lieu et de l’ampleur du phénomène au Burkina, les députés se sont engagés à travers leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale, à voter des lois et du consentement de l’impôt. Ils ont pris des engagements à travers des questions orales ou des questions écrites au gouvernement pour faire un plaidoyer et pourquoi pas des missions d’information. Ils se sont également engagés à être des vecteurs d’information auprès des populations. Au niveau de l’Assemblée en tant que députés, ils vont plaider pour un budget conséquent à la santé afin de rendre accessibles, les produits qui luttent concrètement contre les décès maternels dus à l’hémorragie.

En outre, les participants disent être prêts à accompagner le ministère de la santé et la SOGOB dans ce combat afin d’atteindre d’ici 2030 l’objectif de moins de 70 décès sur 100 000 naissances vivantes.

Quel est le principal constat que vous avez fait face aux différentes communications qui ont été présentées ?

Le constat est que l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Il y a beaucoup de difficultés qui existent au niveau de la santé principalement, le manque d’infrastructures qui répondent aux attentes et des soins bien adaptés aux populations. Je crois que nous pourrons contribuer à lutter efficacement, contre ce phénomène.

Il y a des hôpitaux à Ouagadougou où les femmes sont obligées d’accoucher à même le sol sur des pagnes. C’est inadmissible. Une femme doit être mise en observation pendant trois jours après l’accouchement. Mais tellement, la demande est plus forte que l’offre, immédiatement quelques heures après l’accouchement, les agents de santé sont obligés de les libérer. Par conséquent, il n’y a pas de suivi. Donc, tout cela contribue à augmenter le nombre de décès maternels.

Si la femme n’est pas suivie, en tout cas, elle peut perdre beaucoup de sang à la maison et la mort peut s’en suivre. Les conséquences, c’est sur la famille. Au plan économique, les enfants vont se retrouver sans mère. Le mari est là sans femme et au plan économique, il y aura beaucoup de dépenses également.

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Pourquoi selon vous, la lutte contre les hémorragies après accouchement doit être une priorité pour les parlementaires ?

 Ça doit être une priorité parce que beaucoup de décès maternels sont dus à l’hémorragie et vous savez qu’il y a beaucoup de conséquences au niveau économique, social et familial. Donc, en tant que femme, voir une mère perdre la vie en donnant la vie, ce n’est pas normal.

C’est une lutte pour nous-mêmes car ce sont nos sœurs, nos mères, nos filles et nous devons toujours lutter pour qu’aucune femme ne perde la vie.

Quel rôle, le réseau des parlementaires burkinabè en santé, population et développement entend-t-il jouer dans l’amélioration la santé maternelle ?

C’est d’interpeller le gouvernement et de faire un plaidoyer auprès du gouvernement pour qu’il rende disponibles, les nouveaux produits qui luttent contre ces hémorragies. On va aussi plaider pour que les agents de santé aient de meilleures conditions de travail.

Quel appel avez-vous à lancer au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers ?

Nous demandons au gouvernement de prendre le phénomène à bras le corps. Aux partenaires techniques et financiers, nous les exhortons à nous soutenir afin qu’on puisse attendre les résultats escomptés. Le but est de parvenir à diminuer de façon significative, le taux de mortalité maternelle et infantile. Cela permettra aussi de contribuer largement au développement de l’économie au niveau national et de l’économie au niveau familial. Alors, chacun doit mettre, la main à la pâte pour que nous atteignions les objectifs que nous nous sommes fixés.

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Partagez avec nous, quelques-unes de vos recommandations !

A travers nos contrôles des actions du gouvernement, nous proposons de veiller à ce que les politiques en matière de santé soient effectives parce que le constat est amer. Nous avons proposé également de plaider pour qu’il y ait la création d’une structure de contrôle permanent pour encourager le travail bien fait, consolider les acquis et sanctionner en cas de manquements au niveau des services de santé. Une sorte d’inspection qui puisse suivre l’évolution des choses. Dans le cadre de l’élaboration du budget de l’État exercice 2027, on souhaite accorder une place de choix au ministère de la santé pour qu’il prenne en charge, la construction des édifices, des infrastructures adaptées, en vue d’accueillir en bonne et due forme, les femmes qui viennent accoucher.

Quelles sont vos attentes au terme des échanges ?

C’est que les parlementaires puissent partager ce qu’ils ont appris avec leur entourage. Qu’ils s’engagent dans leur rôle afin de pouvoir augmenter les ressources en faveur de la santé, au grand bonheur de nos populations, pour que nos femmes accouchent dans de bonnes conditions et qu’elles aient la vie, qu’elles aient la santé ainsi que leurs enfants.

Quel message souhaitez-vous adresser aux professionnels de la santé, aux communautés et aux femmes enceintes, surtout concernant la prévention des hémorragies ?

Aux femmes enceintes et non enceintes, je les encourage à aller à l’information, à prendre bien soin d’elles. Une fois qu’elles sont enceintes, de fréquenter les centres de santé pour qu’on suive la grossesse. Comme ça, en cas de complication, la prise en charge pourra être facile. Vaut mieux prévenir que guérir !

Mon message au personnel de santé, c’est de sensibiliser vraiment, la population à fréquenter les centres de santé.

Françoise Tougry

 

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