Le vendredi 5 juin au Sonia hôtel à Ouagadougou, des acteurs institutionnels, communautaires et de la société civile se sont réunis pour lancer officiellement le projet «SASA ! Ensemble». Cette initiative, mise en œuvre au Burkina Faso et au Mali vise à prévenir les violences faites aux femmes et aux filles. Elle est portée par quatre organisations d’Afrique de l’Ouest avec l’appui du Raising Voices.
A 9h, la salle de conférence rassemblait autorités, leaders coutumiers, activistes communautaires et délégations venues du Mali et d’Ouganda. L’atmosphère est solennelle, mais chargée d’énergie. « SASA ! » qui signifie « Maintenant » en kiswahili, traduit l’urgence d’agir ce qui veut encore dire que les femmes et les filles sont en premier lieu. SASA est un projet qui a commencé dans les pays anglophones particulièrement en Ouganda. Ce projet se déroulera au Burkina avec l’aide de deux associations qui sont ADEP PUGSADA et l’IPBF.
Au niveau du Mali, cela concerne les associations FEDE et APSEF.
« C’est une approche compréhensive qui va permettre quand même de toucher le cœur de la violence et de ses causes et de faire en sorte que les gens adoptent des comportements qui sont changeants et qui va permettre aussi de pouvoir être disponible pour apporter sa contribution au développement de ce pays… », explique le DG du CERFODES, Dr Yacouba Yaro.

Quand l’urgence appelle à l’action
Dans les zones touchées par les crises sécuritaires et humanitaires, les femmes et les filles sont souvent les premières victimes y compris les enfants. Déplacements des populations, conditions de vie précaires et affaiblissement des mécanismes traditionnels de protection , tous ces facteurs augmentent les risques de violences. Cela freine aussi le développement des communautés et porte atteinte aux droits humains fondamentaux. Durant cet atelier, les participants ont été sensibilisés aux enjeux actuels et aux défis qui restent à relever pour garantir la sécurité et la dignité des femmes et des filles.
Pour la transformation des mentalités
Le projet ne se contente pas de sensibiliser. Mais, f’impliquer les communautés car sans elles, aucun changement durable ne peut être obtenu. Ce programme s’articule autour de quatre phases telles que le démarrage, conscientisation, soutien et action.
Autorités locales, services techniques, leaders religieux et coutumiers, organisations de la société civile et partenaires financiers sont appelés à travailler ensemble. Cette approche montre qu’il faut clarifier les rôles de chacun et de poser les bases d’une collaboration renforcée et montrer également ce que la paix et l’égalité apporte aux familles plutôt que de se concentrer seulement sur les conséquences des violences.
« L’objectif de SASA est de transformer les déséquilibres entre hommes et femmes afin de rétablir une harmonie saine… », a ajouté la représentante du projet SASA en Ouganda.

Au Burkina Faso, le projet est prévu pour quatre ans et ciblera les quartiers Zagtouli, Zongo, Saaba et Nioko 1 pour toucher près de 194 000 personnes.
« Nous avons choisi ces zones parce qu’ils sont plus accessibles et vont nous permettre d’avoir une idée sur les changements. Mais, nous envisageons aussi, aller dans d’autres zones… », a renchéri Dr Yacouba Yaro.
Pour les participants, le lancement de« SASA ! Ensemble», marque le début d’une dynamique régionale ambitieuse.

« Tout changement durable passe par la famille. Alors, le ministère est très content de cette initiative. Maintenant, le projet «SASA !» qui parle de la famille pour lutter contre les violences basées sur le genre amènera véritablement, le changement de la communauté... », a dit Guétawendé Linvigstone Saba chargé de mission du ministère de la Famille et de la Solidarité
Anouchka Zongo (stagiaire)


