La journée mondiale de la population est célébrée chaque 11 juillet dans le monde. Instituée par les Nations Unies, cette journée est l’occasion de sensibiliser sur les enjeux démographiques et de rappeler que les politiques publiques doivent répondre aux besoins d’une population en constante évolution. Au Burkina Faso ou la population est très jeune, les défis liés à l’emploi, à la santé et au développement durable demeurent au cœur des préoccupations.
Selon les projections issues du cinquième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) de 2019, le Burkina Faso poursuit sa dynamique démographique. Le pays est passé de 22 092 333 habitants en 2022 à 23 379 584 en 2024, pour atteindre 24 672 745 habitants en 2026, dont 12 715 754 femmes et 11 956 991 hommes.
Cette croissance représente un atout pour le développement national, à condition qu’elle s’accompagne de politiques publiques capables de répondre aux besoins croissants de la population.
L’emploi des jeunes, un défi majeur
L’un des principaux défis mis en évidence est celui de l’employabilité. Le rapport de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) sur le premier semestre 2025 révèle une remontée du chômage après une légère amélioration observée en 2024.
Le taux de chômage est passé de 5,3 % en 2023 à 3,5 % au second semestre 2024, avant de remonter à 7,2 % au premier semestre 2025.
Les jeunes demeurent les plus touchés par cette situation. Le chômage concerne 10,6 % des jeunes de 16 à 35 ans, contre 4,2 % chez les adultes de 36 à 64 ans.
Une hausse des divorces
La journée mondiale de la population est également l’occasion d’observer certaines évolutions sociales. Le rapport publié par l’INSD en décembre 2024 met en évidence, une augmentation continue des divorces au Burkina Faso.
Entre 2019 et 2023, 2 083 divorces ont été prononcés dans neuf Tribunaux de Grande Instance du pays. Le nombre annuel est passé de 353 divorces en 2019 à 459 en 2023, soit une progression de 23,1 %. Les couples mariés depuis moins de dix ans apparaissent comme les plus exposés aux ruptures.
Parmi les principales causes relevées figurent la séparation de fait (48,4 %), les violences conjugales (40 %) et l’adultère (27,4 %).
Des progrès dans le domaine de la santé
Les indicateurs sanitaires traduisent toutefois, des avancées significatives au fil des décennies.
L’espérance de vie à la naissance est passée de 42,2 ans en 1975 à 61,9 ans en 2019, soit un gain de près de vingt années. Cette amélioration reflète les progrès réalisés dans le domaine de la santé publique et de l’accès aux soins.
Pour ce qui est du taux de la mortalité, il est passé de 24 décès pour 1 000 habitants en 1975 à 9 décès pour 1 000 habitants en 2019.
En revanche, la natalité demeure élevée. En 2019, le taux brut de natalité était de 39,4 naissances pour 1 000 habitants, tandis que l’indice synthétique de fécondité s’établissait à 5,4 enfants par femme, avec une moyenne plus élevée en milieu rural (5,8 enfants) qu’en milieu urbain (4,1 enfants).
Croissance démographique et développement
La journée mondiale de la population rappelle que la démographie ne constitue pas uniquement une question de chiffres. Elle renvoie avant tout, aux conditions de vie des populations et à leur capacité à accéder à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé, à la protection sociale et à des perspectives d’avenir.
Pour le Burkina Faso où la jeunesse représente une partie importante de la population, l’enjeu est de transformer cette dynamique démographique en véritable moteur de développement économique et social.
Source : Cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitation 2019


