À l’occasion de la Journée mondiale contre la traite des personnes, célébrée le 30 juillet, les Nations Unies mettent en garde contre une forme d’exploitation en pleine expansion : la traite des êtres humains à des fins de criminalité forcée dans les réseaux d’escroquerie en ligne. À travers le thème 2026, « Derrière les escroqueries, des personnes prises au piège », l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) appellent à mieux identifier les victimes, à renforcer leur protection et à intensifier la coopération internationale contre les réseaux criminels.
Chaque 30 juillet, la communauté internationale commémore la Journée mondiale contre la traite des personnes afin de sensibiliser le public à ce crime qui constitue l’une des plus graves violations des droits humains. Cette année, la campagne met l’accent sur les personnes exploitées dans les centres d’escroquerie en ligne, un phénomène en forte progression.
Selon l’OIM, des milliers de personnes sont attirées par de fausses offres d’emploi, puis transportées, parfois au-delà des frontières, avant d’être retenues contre leur gré dans des centres où elles sont contraintes, sous la menace, la violence ou l’intimidation, de participer à des escroqueries en ligne.
Les Nations Unies rappellent que derrière certaines escroqueries sur Internet — fausses opportunités d’investissement, usurpations d’identité, arnaques sentimentales ou plateformes frauduleuses de jeux d’argent — se trouvent parfois des réseaux criminels organisés qui exploitent des victimes de la traite pour tromper d’autres personnes.
Depuis 2022, l’OIM indique avoir assisté près de 3 000 victimes exploitées dans des centres d’escroquerie en Asie du Sud-Est. Toutefois, l’organisation souligne qu’un grand nombre de victimes ne sont toujours pas reconnues comme telles et sont parfois considérées comme des auteurs d’infractions plutôt que comme des personnes ayant subi une exploitation.
Face à cette évolution des formes de traite, l’OIM et l’ONUDC appellent les États à renforcer l’identification des victimes, à mettre en place une assistance centrée sur les personnes rescapées, à garantir leur retour et leur réintégration dans des conditions de sécurité et à intensifier la coopération transfrontalière pour démanteler les réseaux criminels.
La campagne rappelle également que la lutte contre la traite des personnes ne relève pas uniquement des autorités. Les citoyens, les entreprises, les plateformes numériques, les médias et les organisations de la société civile ont un rôle déterminant à jouer en signalant les situations suspectes, en sensibilisant le public et en soutenant les victimes.
À travers cette Journée mondiale contre la traite des personnes, les Nations Unies lancent un appel à une mobilisation collective. Les personnes contraintes de participer à des escroqueries en ligne sont avant tout des victimes d’exploitation. Les reconnaître, les protéger et traduire les trafiquants en justice demeure indispensable pour faire reculer ce phénomène qui continue de menacer la dignité et les droits fondamentaux de millions de personnes dans le monde


