Femme accomplie ne rime pas forcément avec le mariage : déconstruire la pression sociale

Vingt-cinq ans. C’est souvent l’âge où la question commence à tomber en boucle, lors des retrouvailles familiales, des mariages des cousines, des appels du dimanche : « Et toi, c’est pour quand ? ». Une femme qui approche ou dépasse la trentaine sans alliance devient, dans bien des familles, un sujet de préoccupation collective comme si son horloge sociale tournait plus fort que son propre désir. Cette pression, presque invisible tant elle est banalisée, mérite d’être nommée et questionnée.

Dès la vingtaine, beaucoup de femmes africaines font l’expérience du même scénario, diplôme en poche, premier emploi décroché et la première question est rarement « Comment se passe ta carrière ? ». C’est plutôt « Tu as quelqu’un ? », « Tu n’es plus toute jeune ». Pire ce qu’on entend le plus souvent, « Les femmes avec les longues études font   peur aux hommes ». Le message répété est clair « Quoi que tu accomplisses, il te manquera quelque chose tant que tu n’es pas casée ».

Cette injonction pèse rarement sur les hommes. Un homme célibataire à 30 ans est un « bon parti » qui n’est pas pressé.  Il se construit, il a des projets. Mais, une femme célibataire au même âge devient un problème à résoudre, une anomalie à expliquer. Ce problème en dit long sur ce que la société attend vraiment, des femmes non pas qu’elles réussissent. Mais, qu’elles soient choisies.

Être accomplie ne signifie pas, être liée à un homme

Une carrière qu’on construit patiemment, une entreprise qu’on fait grandir, un diplôme obtenu de haute lutte, les dépenses faites de sa propre poche, une santé mentale préservée, des amitiés solides, une communauté qu’on soutient : voilà aussi ce que veut dire, réussir sa vie. Aucun de ces accomplissements n’a besoin d’un mari pour exister ou pour compter.

Réduire la valeur d’une femme à son statut marital, c’est effacer tout ce qu’elle construit par elle-même. C’est aussi soutenir l’idée toxique qu’une femme seule est une femme incomplète alors qu’elle peut tout simplement être une femme qui n’a pas encore rencontré la bonne personne, qui a fait d’autres choix de vie ou  tout simplement n’ a pas envie de se sentir dépendante de quelqu’un.

Le mariage n’est pas une échéance

Rien ne condamne le mariage. Pour les femmes qui le désirent vraiment, il peut être une source de joie et de partage.

Le problème n’est pas le mariage en soi. Mais, la manière dont il est imposé comme une échéance à respecter, une case à cocher avant qu’il ne soit « trop tard », plutôt que comme un choix libre, posé et désiré.

Une femme qui se marie parce qu’elle le veut vraiment et une femme qui se marie pour faire taire les questions ou apaiser la pression familiale ne vivent pas la même histoire et n’ont pas les mêmes réalités conjugales. Même si les robes blanches se ressemblent de l’extérieur.

Une femme se marie lorsqu’elle rencontre la bonne personne ou se sent prête pour une vie à deux. Cette pression autour du mariage plonge beaucoup de filles dans la dépression et parfois même, à faire des mauvais choix de vie.

Changer les mentalités

Il est temps de changer la question qu’on pose aux femmes. Plutôt que « C’est pour quand le mariage ? », demandons « Où en es-tu avec tes projets ? ».

« Qu’est-ce que tu envisages, en ce moment ? ». Une femme accomplie n’est pas celle qui a réussi à se faire forcément épouser. C’est celle qui construit une vie qui lui ressemble, mariée ou non et qui n’a pas besoin de justifier son choix à qui que ce soit.

Fadima Cissé Stagiaire

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