À l’occasion de la 4ᵉ édition des Journées de l’alimentation saine et du bien-être, organisée les 31 et 1er novembre 2026 à Ouagadougou, le pharmacien chercheur Dr Romaric Méda a animé une communication sur le thème « Santé capillaire et corporelle : Beauté au naturel, les produits locaux au service des cheveux, de la peau et du corps ». Il a invité les consommateurs à privilégier les ressources locales insistant sur la qualité et la sécurité des produits cosmétiques fabriqués au Burkina Faso.
« Notre beauté commence d’abord chez nous. En Afrique, nous avons tout ce qu’il faut ». C’est autour de cette conviction que le Dr Romaric Méda a construit sa communication sur la valorisation des produits cosmétiques locaux. Devant les participants à la 40ᵉ édition des Journées de l’alimentation saine et du bien-être, le pharmacien chercheur a plaidé pour un retour aux ressources naturelles africaines dans les soins de la peau et des cheveux.

Pour illustrer son propos, il a évoqué le cas de sa grand-mère, qui aurait utilisé exclusivement du beurre de karité depuis sa naissance jusqu’à son décès, à l’âge de 90 ans, avec une peau remarquablement préservée. À travers cet exemple, il a rappelé qu’en matière de cosmétique, l’essentiel est de trouver un produit adapté à son type de peau et de s’y tenir.
Le chercheur a également attiré l’attention sur les habitudes de consommation, marquées par une préférence pour les produits importés, parfois coûteux et dont la composition ou la qualité ne sont pas toujours connues. Il a notamment évoqué les risques liés à certains cosmétiques, notamment les défrisants et les produits éclaircissants, ainsi que la présence potentielle de substances chimiques susceptibles de perturber le fonctionnement hormonal.
Selon lui, les conséquences de l’exposition à certains composants ne sont pas toujours immédiatement visibles. Elles peuvent, à long terme, avoir des répercussions sur la santé, notamment sur la reproduction, et contribuer à certains problèmes de santé. D’où la nécessité, selon lui, de mieux informer les consommateurs sur les produits qu’ils appliquent quotidiennement sur leur peau et leurs cheveux.
Le karité, le sésame et le baobab : des richesses à valoriser
Pour le Dr Romaric Méda, le Burkina Faso et, plus largement, l’Afrique disposent d’une diversité de matières premières pouvant servir à la fabrication de produits cosmétiques. Il a notamment cité le beurre de karité, l’huile de sésame, l’huile de balanites, l’huile de coco, l’huile de baobab et l’huile de ricin.
À cette liste, s’ajoutent le miel, le concombre, l’aloe vera et le gombo qui peuvent également être valorisés dans les soins corporels et capillaires. Ces ressources présentent différentes propriétés intéressantes pour nourrir, assouplir, protéger et hydrater la peau et les cheveux.

Le communicateur a ainsi encouragé l’utilisation de ces ingrédients dans les formulations cosmétiques locales, notamment les laits corporels, les crèmes, les baumes et les soins capillaires. Il a également insisté sur l’importance de préserver les cheveux en évitant les pratiques qui les fragilisent.
La qualité, condition de la confiance envers les produits locaux
Si le retour au naturel constitue une tendance encourageante, le pharmacien chercheur estime que la valorisation des ressources locales doit nécessairement s’accompagner d’exigences en matière de qualité et de sécurité. La récolte, la conservation et la transformation des matières premières doivent respecter des conditions rigoureuses afin de garantir des produits fiables.
Il a notamment interpellé les fabricants sur la nécessité de maîtriser les matières premières, de respecter les normes de fabrication, d’effectuer des contrôles de qualité et d’améliorer le conditionnement des produits. Pour lui, les cosmétiques locaux doivent pouvoir répondre aux mêmes exigences de présentation et de qualité que les produits importés.
Le Dr Méda a également donné quelques repères aux consommateurs pour mieux choisir leurs produits cosmétiques. Il recommande notamment de vérifier l’identité du fabricant et ses coordonnées, la liste des ingrédients, le numéro de lot, la date d’expiration ainsi que les conseils et précautions d’utilisation. Il a par ailleurs invité le public à se méfier des promesses commerciales exagérées et des produits dont la composition n’est pas clairement indiquée.
Consommer local, un acte économique et citoyen
Au-delà des bénéfices potentiels pour les soins corporels, le choix des cosmétiques locaux représente, selon le communicateur, une grande opportunité de développement économique. Derrière chaque produit fabriqué au Burkina Faso se trouvent des producteurs de matières premières, des transformatrices, des fabricants et des distributeurs dont les activités contribuent à la création de revenus et d’emplois. « Quand vous choisissez local, il y a une grosse chaîne de valeur ajoutée à laquelle vous contribuez », a-t-il souligné. Il a invité les consommateurs à soutenir les entreprises nationales.
Son appel s’adresse également aux fabricants, qu’il encourage à investir dans la qualité et les équipements, ainsi qu’aux distributeurs et aux institutions, appelés à offrir davantage de visibilité aux marques locales.
Pour concrétiser cette dynamique, le Dr Romaric Méda a invité les consommateurs à découvrir au moins un produit local chaque mois, à l’essayer et à faire des retours honnêtes aux fabricants. L’objectif est de passer de la simple fierté de consommer burkinabè à une véritable habitude de consommation.
À travers cette communication, le pharmacien chercheur a rappelé que la beauté au naturel ne repose pas uniquement sur la disponibilité des ressources locales. Elle nécessite également un savoir-faire, des procédés de fabrication maîtrisés et la confiance des consommateurs. Une démarche qui pourrait faire des richesses du terroir burkinabè un véritable levier de développement de l’industrie cosmétique nationale.
Abibata KARA, stagiaire



