Archives mensuelles: juin 2016

Queen Mafa

Elections législatives : la liste provisoire des femmes élues

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LISTE NATIONALE

BONKOUNGOU/YAMEOGO JULIETTE (CDP)

OUEDRAOGO ZONGO MARIE ISABELLE(MPP)

ZONGO/YANOGO KARIDIA(UPC)


LISTE NATIONALE

BONKOUNGOU/YAMEOGO JULIETTE (CDP)

OUEDRAOGO ZONGO MARIE ISABELLE(MPP)

ZONGO/YANOGO KARIDIA(UPC)

Poni : ZONGO/HIEN LAURE(MPP)

OUBRITENGA : OUEDRAOGO/SAWADOGO MAIMOUNA

YATENGA : OUEDRAOGO MARIE ROSE ROMEE ( ADF /RDA)

KENEDOUGOU : KONATE/OUATTARA ZIGNODO DITE SALAMATA (MPP)

ZIRO :  SAKANDE/BENAO KABOUBIE REINE (UPC)
ZOUNWEOGO : COMPAORE/KONDITAMDE ROSE (UPC)

Boulkiemdé :

-ZOUMBARE/ZONGO HENRIETTE (UPC)

-ROUAMBA WORKYA (MPP)

Kadiogo

KORBEOGO/OUEDRAOGO FATIMATA (UPC)

KADIOGO OUEDRAOGO Françoise (ODT 1)

Queen Mafa

L’ONU appelle à l’égalité des sexes

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L’ONU a tenu une réunion extraordinaire sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme, en marge du sommet sur le développement durable, le lundi 28 septembre 2015.


L’ONU a tenu une réunion extraordinaire sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme, en marge du sommet sur le développement durable, le lundi 28 septembre 2015.

L’égalité du genre est une cause que l’ONU poursuit depuis bien longtemps. Suite à la discrimination, à la violence et à l’injustice dont sont encore victimes les femmes, l’ONU prône l’égalité du genre partout dans le monde. A cet effet, l’organisation a co-organisé avec le gouvernement chinois et l’agence de l’ONU chargée de la promotion des droits de la femme, un conclave sur l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme le lundi 28 septembre 2015, en prélude à la tenue du sommet sur le développement durable. « Nous ne pourrons pas réussir notre programme de développement durable à l’horizon 2030 sans accorder à la moitié de la population du monde des droits égaux et complets, dans la loi et dans la pratique. », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon. Il a, ainsi, invité tous les dirigeants à prendre des engagements concrets pour que l’égalité des sexes soit une réalité partout dans le monde. Ban Ki Moon qualifie cela d’une priorité nationale et préconise la mise en œuvre énergique de politiques cohérentes en faveur de l’égalité des sexes. Pour ce faire, l’Etat doit allouer un « financement adéquat » à la cause et « superviser les programmes, afin que tous les gouvernements se responsabilisent eux-mêmes et mutuellement. », a t-il poursuivi. Cinq mesures fortes à prendre en faveur de la femme ont été préconisées. Il s’agit de combattre l’inégalité en matière de salaire , d’alléger la charge du travail domestique non rémunéré assuré par les femmes, de reconnaître le droit des femmes et des filles à gérer elles-mêmes leur santé sexuelle et reproductive, de mettre fin aux violences à l’encontre des femmes et des filles  et enfin, d’ assurer aux femmes une égalité en termes de participation politique et de représentation dans les efforts humanitaires, la résolution des conflits et la consolidation de la paix.

La réunion a connu la présence de différents chefs d’États et responsables d’institutions que sont entre autres les présidents chinois, Xi Jinping, kenyan, Urhuru Kenyatta, mexicain, Enrique Pena Nioto,la chancelière allemande, Angela Merkel, la Première ministre du Bengladesh Sheikh Hasina et la Directrice exécutive de ONU- Femmes, Phumzile Mlambo-Ngouka.

Bernadette DEMBELE

Queen Mafa

Candidats aux élections, le Burkina nouveau ne se construira pas sans les femmes

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Le jour des élections approche à grand pas. Plus que quelques jours pour que les burkinabè puissent découvrir le visage de leur nouveau président. Ce serait alors le début d’un Burkina nouveau. Jamais élection présidentielle n’aura suscité autant d’espoirs. Les attentes sont à la hauteur de la détermination qui a mise l’ancien régime à la porte.


Le jour des élections approche à grand pas. Plus que quelques jours pour que les burkinabè puissent découvrir le visage de leur nouveau président. Ce serait alors le début d’un Burkina nouveau. Jamais élection présidentielle n’aura suscité autant d’espoirs. Les attentes sont à la hauteur de la détermination qui a mise l’ancien régime à la porte.

A Queen Mafa, nous osons rêver d’un Burkina ou les hommes et les femmes auront les mêmes chances, les mêmes droits et devoirs. Car jusqu’à présent, les 52% de burkinabè que constitue l’autre moitié du ciel, traînent le pas sur tous les plans. Moins instruites, moins responsabilisées, plus malades et surtout plus pauvres. Pour toutes ces raisons, cette nouvelle ère qui s’ouvre devrait mettre la femme au cœur du processus de développement. Il ne s’agit pas de faveur. Il s’agit de justice, d’équité.

Cette question est si sérieuse que les candidats aux élections devraient en faire leur priorité. Mais hélas, la démagogie semble l’emporter sur la sincérité. A la lecture croisée des programmes des différents candidats, concernant la place qui sera réservée à la femme, on va des promesses les plus fallacieuses au plus abstraites. En dehors de trois candidats qui ont le mérite d’être très concrets et précis dans leurs intentions, la plupart des candidats ne semblent pas mesurer l’importance de la prise en compte du genre dans un projet de développement. D’autres n’en ont même pas fait cas, comme si on pouvait construire ce pays, sans au préalable évoquer la question de l’égalité des sexes.

Qu’on ne s’y trompe pas, les femmes ne sont pas que des bénéficiaires lorsqu’on parle de leur implication dans le processus de développement. Ce sont aussi des actrices majeures dont l’apport dans le bien-être familial et social est aujourd’hui indéniable.Dons amélioer la condition féminine ce n’est pas de l’aumône.C’est juste un calcul économique profitable à la nation entière. Alors, arrêtons l’hypocrisie et parlons de développement, le vrai, avec les hommes et les femmes

Fatouma Ouattara

Lettre de l’éditeur: queenmafa.net, le site qui conjugue l’actualité au féminin

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Chers lecteurs et internautes du Faso,

Avec beaucoup de plaisir et d’émotion, nous lançons le journal en ligne Queen Mafa dédié à l’actualité du monde féminin. Fallait-il rester les bras croisés quand on sait que les femmes sont quasi-absentes dans l’actualité alors qu’elles constituent 52% de la population burkinabè?


Chers lecteurs et internautes du Faso,

Avec beaucoup de plaisir et d’émotion, nous lançons le journal en ligne Queen Mafa dédié à l’actualité du monde féminin. Fallait-il rester les bras croisés quand on sait que les femmes sont quasi-absentes dans l’actualité alors qu’elles constituent 52% de la population burkinabè? Pour notre part, nous avons opéré le choix de nous assumer. Les désirs et préoccupations, les joies et les peines, les doutes, les craintes et les espoirs de l’autre moitié du ciel, ne seront plus noyés dans cette prédominance masculine originelle.

À travers des reportages, des portraits, des interviews et des enquêtes inédites, l’équipe de rédaction de Queen Mafa s’engage non seulement à informer l’opinion publique et les décideurs sur la condition féminine mais aussi à contribuer à la prise de conscience chez les femmes elles-mêmes de leur propre condition.

Politique, économie, questions de droits, science, mode, beauté, etc, sont autant de rubriques dans lesquelles des sujets de tous ordres seront abordés sans tabous par votre journal. A condition bien sûr de valoriser l’image de la femme burkinabè qui se bat au quotidien contre la misère, l’injustice et l’humiliation.

Né dans un contexte d’insurrection populaire dont les causes sont l’injustice et la corruption, la mal gouvernance, etc. Queen Mafa n’entend pas rester en marge de ce bouleversement sociopolitique. Il s’engage à participer à l’émergence d’un Burkina Faso nouveau, plus démocratique et plus soucieux de la justice sociale et des droits humains, notamment ceux de la femme. Queenmafa.net sera donc un site engagé qui se révélera parfois rebelle et souvent provocateur.

Chères lectrices et lecteurs,

Vous avez la possibilité de faire en sorte que le journal soit à votre image. Participez à la vie éditoriale en tant qu’expert (santé, psychologie, droit, etc.) ou ami de la rédaction (contact : info@www.queenmafa.net). Partagez également vos clins d’œil, vos coups de cœur ou de gueule sur la page Facebook de votre journal. Très prochainement, vous aurez aussi la possibilité de suivre Queenmafa.net sur Twitter.

Ce nouveau-né est donc le vôtre ! Sa réussite dépendra de votre implication. Le journaliste n’a plus le monopole de l’information. Nous sommes à l’ère du web 2.0 et des réseaux sociaux, donc de la co-animation. Faites en sorte que cette nouvelle aventure pour la cause de la femme soit collective, palpitante et mutuellement enrichissante.

Bonne lecture !

Fatouma Ouattara

Sofifa2@yahoo.fr

Queen Mafa

8 mars 2016: Appel des femmes burkinabè d’Addis-Abeba

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Nous, les femmes burkinabè vivant en Éthiopie, croyons que les femmes peuvent atteindre leurs rêves à travers un accès plus équitable aux intrants agricoles, des liens et canaux plus forts dans les marchés des produits agricoles, mais aussi à travers l’éducation et des formations en bonnes pratiques agricoles et de transformation de produits.


Nous, les femmes burkinabè vivant en Éthiopie, croyons que les femmes peuvent atteindre leurs rêves à travers un accès plus équitable aux intrants agricoles, des liens et canaux plus forts dans les marchés des produits agricoles, mais aussi à travers l’éducation et des formations en bonnes pratiques agricoles et de transformation de produits. Il n’est de doute que la prise en considération de ces préoccupations peut accélérer la productivité, augmenter les récoltes et les revenus ruraux qui sont à la base de la bonne qualité de la nutrition et d’une société bien nourrie.

Ceci afin que la « dignification » du travail de la femme rurale, de l’homme rural, soit basée sur des politiques franches, vecteurs de développement, qui appuient les activités productives, mettent à jour la technologie et l’innovation, encouragent la formalisation et la croissance des micro- petites et moyennes entreprises et leur proposent des produits de financement adéquats. Désormais, nous devrions nous habituer à dire « entrepreneurs ruraux » au lieu de parler des « petits cultivateurs ».

Addis-Abeba, le 12 mars 2016

Queen Mafa

Les femmes burkinabè d’Éthiopie ont célébré le 8 mars 2016

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Les femmes burkinabè d’Éthiopie ont célébré en différé la Journée Internationale de la Femme, le 12 mars 2016 dans l’enceinte de l’Ambassade du Burkina à Addis-Abeba.Cette célébration, placée sous le parrainage de Son excellence monsieur Amidou TOURE, Ambassadeur, Représentant permanent du Burkina Faso a Addis-Abeba, a été un cadre privilégié de rencontre et d’échanges, entre les femmes de la communauté burkinabè d’Éthiopie et celles de communautés sœurs, auxquelles se sont joints d’autres amis du Burkina Faso.


Les femmes burkinabè d’Éthiopie ont célébré en différé la Journée Internationale de la Femme, le 12 mars 2016 dans l’enceinte de l’Ambassade du Burkina à Addis-Abeba.Cette célébration, placée sous le parrainage de Son excellence monsieur Amidou TOURE, Ambassadeur, Représentant permanent du Burkina Faso a Addis-Abeba, a été un cadre privilégié de rencontre et d’échanges, entre les femmes de la communauté burkinabè d’Éthiopie et celles de communautés sœurs, auxquelles se sont joints d’autres amis du Burkina Faso.


En levée de rideaux des activités de cette commémoration, la projection du film « le Fauteuil » du réalisateur burkinabè Missa HEBIE. Un film qui rend hommage au courage et au leadership féminin. A l’issue de cette séance, un panel suivi de débats sur le thème national de la journée : « Entrepreneuriat agricole des femmes : obstacles, défis, et perspectives », a été animé par M. martin LOMPO, consultant en genre et Mme Mamzotawinde BONKOUNGOU, Attachée à l’Ambassade.


Faisant référence au message de madame Laure ZONGO/HIEN, ministre de la femme, la solidarité nationale et de la famille, a l’occasion du 8 mars, SEM l’Ambassadeur, Amidou TOURE a relevé le courage et l’abnégation des femmes du monde qui luttent quotidiennement pour être de véritables moteurs de développement socioéconomique de leur pays. Aussi, a-t-il rappelé la pertinence du thème au niveau national ainsi que l’initiative du panel sur ledit thème qui, dira-t-il permettra aux femmes de mener des échanges fructueux dans le sens d’une meilleure prise en compte des femmes dans l’entrepreneuriat agricole.
Il a également salué la présence remarquée des époux, des enfants ainsi que de celle des communautés sœurs vivant à Addis-Abeba, venus célébrer avec leurs conjointes, leurs mères et leurs coépouses, cette importante Journée dédiée à la Femme.
Au terme des débats, les femmes burkinabè d’Éthiopie, voulant joindre leur voix à celle des autres femmes, ont lancé un appel aux autorités burkinabè afin que l’accès des femmes à la terre et aux sources de financements soit une réalité au Burkina Faso.

ZOROM/KABORE A. Verlaine
Attachée de presse à l’Ambassade
Mission permanente du Burkina Faso
Auprès de l’Union Africaine et de la CEA

Queen Mafa

8-Mars 2016 : La femme burkinabè célébrée à Abuja

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A l’instar des femmes du monde entier, les femmes burkinabè d’Abuja au Nigeria n’ont pas voulu rester en marge de la célébration annuelle de la Journée Internationale de la Femme. C’est l’Ambassade, Mission Permanente du Burkina Faso au Nigéria qui leur a offert le cadre pour commémorer en différé la 159ème édition, le samedi 12 mars 2015, à Abuja.


A l’instar des femmes du monde entier, les femmes burkinabè d’Abuja au Nigeria n’ont pas voulu rester en marge de la célébration annuelle de la Journée Internationale de la Femme. C’est l’Ambassade, Mission Permanente du Burkina Faso au Nigéria qui leur a offert le cadre pour commémorer en différé la 159ème édition, le samedi 12 mars 2015, à Abuja. Vêtus de Faso Danfani, comme c’est la consigne cette année, les nombreux participants, hommes, femmes et enfants, ont pris d’assaut la salle des fêtes de la Chancellerie à partir de 12 h, heure locale, pour célébrer cette journée aux accents particuliers.


Placée sous la présidence de son Excellence Monsieur Piabiè Firmin Grégoire N’DO, Ambassadeur, Représentant Permanent du Burkina Faso à Abuja, et sous le parrainage de l’Honorable Jérôme TRAORE, Doyen des juges de la Cour de Justice de la CEDEAO, la célébration de la Journée de la femme à l’Ambassade, a connu un engouement exceptionnel.
Prenant la parole le premier, l’Ambassadeur N’DO a souhaité aux participants, la bienvenue à l’Ambassade et remercié le parrain pour sa contribution financière à l’organisation de cet évènement.Il a ensuite énuméré les actions menées au Burkina Faso en faveur des femmes tout en soulignant la nécessité de les consolider. A cet effet, il a rappelé qu’un des axes du Projet de Société du Président Roch Marc Christian KABORE est la promotion de la femme comme acteur dynamique de développement.
Dans son intervention, le parrain, l’Honorable TRAORE a salué l’initiative d’une telle célébration, loin du pays, qui permet à la Communauté burkinabè au Nigeria de fraterniser d’une part, et d’être en communion avec leurs compatriotes restés au pays, d’autre part. Il a, par ailleurs, loué le rôle positif des femmes dans le processus de développement du Burkina Faso, avant de relever la pertinence du thème de cette année qui traduit bien les grandes ambitions des nouvelles autorités pour la femme burkinabè.
Outre ces deux allocutions, la commémoration de la Journée Internationale de la Femme à Abuja qui se voulait plus studieuse que festive, a été marquée par une Conférence publique sur le thème de la journée : Entrepreneuriat agricole des femmes : obstacles, défis et perspectives. Elle a été animée par Monsieur Alain Sy Traoré, Directeur de l’Agriculture et du développement rural à la Commission de la CEDEAO.
Ce spécialiste des questions agricoles a tenu le public en haleine pendant plus d’une heure, à travers une présentation de la problématique sous plusieurs angles, notamment : la faible performance de l’Agriculture dans les pays africains du fait de la marginalisation des femmes ; les conséquences de ce fossé entre femmes et hommes ; les conséquences positives de l’implication des femmes dans le domaine agricole ; quelques acquis de politiques agricoles en Afrique de l’ouest…
Les nombreuses et riches interventions qui ont suivi, ont permis aux participants de dénoncer les pesanteurs socioculturelles qui continuent d’empêcher les femmes d’émerger dans le secteur agricole, de relever les insuffisances des efforts faits dans ce domaine par les gouvernements successifs dans notre pays et d’interpeller le conférencier sur la contribution de la CEDEAO en matière de promotion des femmes dans le domaine agricole.
La commémoration de la Journée de la femme à Abuja a été un franc succès grâce non seulement, à l’implication directe de l’Ambassade, Mission Permanente du Burkina à Abuja, mais aussi grâce au dynamisme de l’Association Burkina Intègre qui regroupe des Burkinabè exerçant dans la vie libérale à Abuja, et de l’Association Sambissi comprenant les fonctionnaires burkinabè de la CEDEAO.
Signalons que l’Ambassade a saisi cette excellente occasion pour lancer officiellement son site web dont l’adresse est la suivante : www.ambaburkina-ng.org.
La cérémonie a pris fin en toute convivialité par une photo de famille et un repas communautaire.

Ambassade, Mission Permanente du Burkina Faso à Abuja

« La libération de la femme : une exigence du futur »,Thomas Sankara

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A la faveur de la journée internationale de la femme, nous vous  proposons de revenir sur le discours prononcé par le président Thomas Sankara le 8 mars 1987. 29 ans après ce discours révolutionnaire reste  toujours d’actualité. « L’hommes Intègres » était  aussi  un féministe, l’un des plus ardents  défenseurs des femmes que l’Afrique ait connu.


A la faveur de la journée internationale de la femme, nous vous  proposons de revenir sur le discours prononcé par le président Thomas Sankara le 8 mars 1987. 29 ans après ce discours révolutionnaire reste  toujours d’actualité. « L’hommes Intègres » était  aussi  un féministe, l’un des plus ardents  défenseurs des femmes que l’Afrique ait connu.

Il n’est pas courant qu’un homme ait à s’adresser à tant et tant de femmes à la fois. Il n’est pas courant non plus qu’un homme ait à suggérer à tant et tant de femmes à la fois, les nouvelles batailles à engager.

La première timidité de l’homme lui vient dès le moment où il a conscience qu’il regarde une femme. Aussi, camarades militantes, vous comprendrez que malgré la joie et le plaisir que j’ai à m’adresser à vous, je reste quand même un homme qui regarde en chacune de vous, la mère, la sœur ou l’épouse. Je voudrais également que nos sœurs ici présentes, venues du Kadiogo, et qui ne comprennent pas la langue française étrangère dans laquelle je vais prononcer mon discours soient indulgentes à notre égard comme elles l’ont toujours été, elles qui, comme nos mères, ont accepté de nous porter pendant neuf mois sans rechigner. ( Intervention en langue nationale mooré pour assurer les femmes qu’une traduction suivra, d leur intention.)

Camarades, la nuit de 4 août a accouché de l’oeuvre la plus salutaire pour le peuple burkinabè. Elle a donné à notre peuple un nom et à notre pays un horizon.

Irradiés de la sève vivifiante de la liberté, les hommes burkinabè, humiliés et proscrits d’hier, ont reçu le sceau de ce qu’il y a de plus cher au monde : la dignité et l’honneur. Dès lors, le bonheur est devenu accessible et chaque jour nous marchons vers lui, embaumés par les luttes, prémices qui témoignent des grands pas que nous avons déjà réalisés. Mais le bonheur égoïste n’est qu’illusion et nous avons une grande absente : la femme. Elle a été exclue de cette procession heureuse.

Si des hommes sont déjà à l’orée du grand jardin de la révolution, les femmes elles, sont encore confinées dans leur obscurité dépersonnalisante, devisant bruyamment ou sourdement sur les expériences qui ont embrassé le Burkina Faso et qui ne sont chez elles pour l’instant que clameurs.

Les promesses de la révolution sont déjà réalités chez les hommes. Chez les femmes par contre, elles ne sont encore que rumeurs. Et pourtant c’est d’elles que dépendent la vérité et l’avenir de notre révolution : questions vitales, questions essentielles puisque rien de complet, rien de décisif, rien de durable ne pourra se faire dans notre pays tant que cette importante partie de nous-mêmes sera maintenue dans cet assujettissement imposé durant des siècles par les différents systèmes d’exploitation. Les hommes et les femmes du Burkina Faso doivent dorénavant modifier en profondeur l’image qu’ils se font d’eux-mêmes à l’intérieur d’une société qui, non seulement, détermine de nouveaux rapports sociaux mais provoque une mutation culturelle en bouleversant les relations de pouvoir entre hommes et femmes, et en condamnant l’un et l’autre à repenser la nature de chacun. C’est une tâche redoutable mais nécessaire, puisqu’il s’agit de permettre à notre révolution de donner toute sa mesure, de libérer toutes ses possibilités et de révéler son authentique signification dans ces rapports immédiats, naturels, nécessaires, de l’homme et de la femme, qui sont les rapports les plus naturels de l’être humain à l’être humain.

Voici donc jusqu’à quel point le comportement naturel de l’homme est devenu humain et jusqu’à quel point sa nature humaine est devenue sa nature.

Cet être humain, vaste et complexe conglomérat de douleurs et de joies, de solitude dans l’abandon, et cependant berceau créateur de l’immense humanité, cet être de souffrance, de frustration et d’humiliation, et pourtant, source intarissable de félicité pour chacun de nous ; lieu incomparable de toute affection, aiguillon des courages même les plus inattendus ; cet être dit faible mais incroyable force inspiratrice des voies qui mènent à l’honneur ; cet être, vérité chamelle et certitude spirituelle, cet être-là, femmes, c’est vous ! Vous, berceuses et compagnes de notre vie, camarades de notre lutte, et qui de ce fait, en toute justice, devez vous imposer comme partenaires égales dans la convivialité des festins des victoires de la révolution.

C’est sous cet éclairage que tous, hommes et femmes, nous nous devons de définir et d’affirmer le rôle et la place de la femme dans la société.Il s’agit donc de restituer à l’homme sa vraie image en faisant triompher le règne de la liberté par-delà les différenciations naturelles, grâce à la liquidation de tous les systèmes d’hypocrisie qui consolident l’exploitation cynique de la femme.

En d’autres termes, poser la question de la femme dans la société burkinabè d’aujourd’hui, c’est vouloir abolir le système d’esclavage dans lequel elle a été maintenue pendant des millénaires. C’est d’abord vouloir comprendre ce système dans son fonctionnement, en saisir la vraie nature et toutes ses subtilités pour réussir à dégager une action susceptible de conduire à un affranchissement total de la femme.

Autrement dit, pour gagner un combat qui est commun à la femme et à l’homme, il importe de connaître tous les contours de la question féminine tant à l’échelle nationale qu’universelle et de comprendre comment, aujourd’hui, le combat de la femme, burkinabè rejoint le combat universel de toutes les femmes, et au-delà, le combat pour la réhabilitation totale de notre continent.

La condition de la femme est par conséquent le nœud de toute la question humaine, ici, là-bas, partout. Elle a donc un caractère universel.

La lutte de classes et la question de la femme.

Nous devons assurément au matérialisme dialectique d’avoir projeté sur les problèmes de la condition féminine la lumière la plus forte, celle qui nous permet de cerner le problème de l’exploitation de la femme à l’intérieur d’un système généralisé d’exploitation. Celle aussi qui définit la société humaine non plus comme un fait naturel immuable mais comme une antiphysis.

L’humanité ne subit pas passivement la puissance de la nature. Elle la prend à son compte. Cette prise en compte n’est pas une opération intérieure et subjective. Elle s’effectue objectivement dans la pratique, si la femme cesse d’être considérée comme un simple organisme sexué, pour prendre conscience au-delà des données biologiques, de sa valeur dans l’action.

En outre, la conscience que la femme prend d’elle-même n’est pas définie par sa seule sexualité. Elle reflète une situation qui dépend de la structure économique de la société, structure qui traduit le degré de l’évolution technique et des rapports entre classes auquel est parvenue l’humanité.

L’importance du matérialisme dialectique est d’avoir dépassé les limites essentielles de la biologie, d’avoir échappé aux thèses simplistes de l’asservissement à l’espèce, pour introduire tous les faits dans le contexte économique et social. Aussi loin que remonte l’histoire humaine, l’emprise de l’homme sur la nature ne s’est jamais réalisée directement, le corps nu. La main avec son pouce préhensif déjà se prolonge vers l’instrument qui multiplie son pouvoir. Ce ne sont donc pas les seules données physiques, la musculature, la parturition par exemple, qui ont consacré l’inégalité de statut entre l’homme et la femme. Ce n’est pas non plus l’évolution technique en tant que telle qui l’a confirmée. Dans certains cas, et dans certaines parties du globe, la femme a pu annuler la différence physique qui la sépare de l’homme.

C’est le passage d’une forme de société à une autre qui justifie l’institutionnalisation de cette inégalité. Une inégalité sécrétée par l’esprit et par notre intelligence pour réaliser la domination et l’exploitation concrétisées, représentées et vécues désormais par les fonctions et les rôles auxquels nous avons soumis la femme.

La maternité, l’obligation sociale d’être conforme aux canons de ce que les hommes désirent comme élégance, empêchent la femme qui le désirerait de se forger une musculature dite d’homme.

Pendant des millénaires, du paléolithique à l’âge du bronze, les relations entre les sexes furent considérées par les paléontologues les plus qualifiés de complémentarité positive. Ces rapports demeurèrent pendant huit millénaires sous l’angle de la collaboration et de l’interférence, et non sous celui de l’exclusion propre au patriarcat absolu à peu près généralisé à l’époque historique !

Engels a fait l’état de l’évolution des techniques mais aussi de l’asservissement historique de la femme qui naquit avec l’apparition de la propriété privée, à la faveur du passage d’un mode de production à un autre, d’une organisation sociale à une autre.

Avec le travail intensif exigé pour défricher la forêt, faire fructifier les champs, tirer au maximum parti de la nature, intervient la parcellisation des tâches. L’égoïsme, la paresse, la facilité, bref le plus grand profit pour le plus petit effort émergent des profondeurs de l’homme et s’érigent en principes. La tendresse protectrice de la femme à l’égard de la famille et du clan devient le piège qui la livre à la domination du mâle. L’innocence et la générosité sont victimes de la dissimulation et des calculs crapuleux. L’amour est bafoué. La dignité est éclaboussée. Tous les vrais sentiments se transforment en objets de marchandage. Dès lors, le sens de l’hospitalité et du partage des femmes succombe à la ruse des fourbes.

Quoique consciente de cette fourberie qui régit la répartition inégale des tâches, elle, la femme, suit l’homme pour soigner et élever tout ce qu’elle aime. Lui, l’homme, surexploite tant de don de soi. Plus tard, le germe de l’exploitation coupable installe des règles atroces, dépassant les concessions conscientes de la femme historiquement trahie.

L’humanité connaît l’esclavage avec la propriété privée. L’homme maître de ses esclaves et de la terre devient aussi propriétaire de la femme. C’est là la grande défaite historique du sexe féminin. Elle s’explique par le bouleversement survenu dans la division du travail, du fait de nouveaux modes de production et d’une révolution dans les moyens de production.

Alors le droit paternel se substitue au droit maternel ; la transmission du domaine se fait de père en fils et non plus de la femme à son clan. C’est l’apparition de la famille patriarcale fondée sur la propriété personnelle et unique du père, devenu chef de famille. Dans cette famille, la femme est opprimée. Régnant en souverain, l’homme assouvit ses caprices sexuels, s’accouple avec les esclaves ou hétaïres. Les femmes deviennent son butin et ses conquêtes de marché. Il tire profit de leur force de travail et jouit de la diversité du plaisir qu’elles lui procurent.

De son côté dès que les maîtres rendent la réciproque possible, la femme se venge par l’infidélité. Ainsi le mariage se complète naturellement par l’adultère. C’est la seule défense de la femme contre l’esclavage domestique où elle est tenue. L’oppression sociale est ici l’expression de l’oppression économique.

Dans un tel cycle de violence, l’inégalité ne prendra fin qu’avec l’avènement d’une société nouvelle, c’est-à-dire lorsque hommes et femmes jouiront de droits sociaux égaux, issus de bouleversements intervenus dans les moyens de production ainsi que dans tous les rapports sociaux. Aussi le sort de la femme ne s’améliorera-t-il qu’avec la liquidation du système qui l’exploite.

De fait, à travers les âges et partout où triomphait le patriarcat, il y a eu un parallélisme étroit entre l’exploitation des classes et la domination des femmes ; Certes, avec des périodes d’éclaircies où des femmes, prêtresses ou guerrières ont crevé la voûte oppressive. Mais l’essentiel, tant au niveau de la pratique quotidienne que dans la répression intellectuelle et morale, a survécu et s’est consolidé. Détrônée par la propriété privée, expulsée d’elle-même, ravalée au rang de nourrice et de servante, rendue inessentielle par les philosophies Aristote, Pythagore et autres et les religions les plus installées, dévalorisée par les mythes, la femme partageait le sort de l’esclave qui dans la société esclavagiste n’était qu’une bête de somme à face humaine.

Rien d’étonnant alors que, dans sa phase conquérante, le capitalisme, pour lequel les êtres humains n’étaient que des chiffres, ait été le système économique qui a exploité la femme avec le plus de cynisme et le plus de raffinement. C’était le cas, rapporte-t-on, chez ce fabricant de l’époque, qui n’employait que des femmes à ses métiers à tisser mécaniques. Il donnait la préférence aux femmes mariées et parmi elles, à celles qui avaient à la maison de la famille à entretenir, parce qu’elles montraient beaucoup plus d’attention et de docilité que les célibataires. Elles travaillaient jusqu’à l’épuisement de leurs forces pour procurer aux leurs les moyen subsistance indispensables.

C’est ainsi que les qualités propres de la femme sont faussées à son détriment, et tous les éléments moraux et délicats de sa nature deviennent des moyens de l’asservir. Sa tendresse, l’amour de la famille, la méticulosité qu’elle apporte à son oeuvre sont utilisés contre elle, tout en se parant contre les défauts qu’elle peut avoir.

Ainsi, à travers les âges et à travers les types de sociétés, la femme a connu un triste sort : celui de l’inégalité toujours confirmée par rapport à l’homme. Que les manifestations de cette inégalité aient pris des tours et contours divers, cette inégalité n’en est pas moins restée la même.

Dans la société esclavagiste, l’homme esclave était considéré comme un animal, un moyen de production de biens et de services. La femme, quel que fût son rang, était écrasée à l’intérieur de sa propre classe, et hors de cette classe même pour celles qui appartenaient aux classes exploiteuses.

Dans la société féodale, se basant sur la prétendue faiblesse physique ou psychologique des femmes, les hommes les ont confinées dans une dépendance absolue de l’homme. Souvent considérée comme objet de souillure ou principal agent d’indiscrétion, la femme, à de rares exceptions près, était écartée des lieux de culte.

Dans la société capitaliste, la femme, déjà moralement et socialement persécutée, est également économiquement dominée. Entretenue par l’homme lorsqu’elle ne travaille pas, elle l’est encore lorsqu’elle se tue à travailler. On ne saurait jeter assez de lumière vive sur la misère des femmes, démontrer avec assez de force qu’elle est solidaire de celle des prolétaires.

De la spécificité du fait féminin.

Solidaire de l’homme exploité, la femme l’est.

Toutefois, cette solidarité dans l’exploitation sociale dont hommes et femmes sont victimes et qui lie le sort de l’un et de l’autre à l’Histoire, ne doit pas faire perdre de vue le fait spécifique de la condition féminine. La condition de la femme déborde les entités économiques en singularisant l’oppression dont elle est victime. Cette singularité nous interdit d’établir des équations en nous abîmant dans les réductions faciles et infantiles. Sans doute, dans l’exploitation, la femme et l’ouvrier sont-ils tenus au silence. Mais dans le système mis en place, la femme de l’ouvrier doit un autre silence à son ouvrier de mari. En d’autres termes, à l’exploitation de classe qui leur est commune, s’ajoutent pour les femmes, des relations singulières avec l’homme, relations d’opposition et d’agression qui prennent prétexte des différences physiques pour s’imposer.

Il faut admettre que l’asymétrie entre les sexes est ce qui caractérise la société humaine, et que cette asymétrie définit des rapports souverains qui ne nous autorisent pas à voir d’emblée dans la femme, même au sein de la production économique, une simple travailleuse. Rapports privilégiés, rapports périlleux qui font que la questionde la condition de la femme se pose toujours comme un problème.


L’homme prend donc prétexte la complexité de ces rapports pour semer la confusion au sein des femmes et tirer profit de toutes les astuces de l’exploitation de classe pour maintenir sa domination sur les femmes. De cette même façon, ailleurs, des hommes ont dominé d’autres hommes parce qu’ils ont réussi à imposer l’idée selon laquelle au nom de l’origine de la famille et de la naissance, du « droit divin », certains hommes étaient supérieurs à d’autres. D’où le règne féodal. De cette même manière, ailleurs, d’autres hommes ont réussi à asservir des peuples entiers, parce que l’origine et l’explication de la couleur de leur peau ont été une justification qu’ils ont voulue « scientifique » pour dominer ceux qui avaient le malheur d’être d’une autre couleur. C’est le règne colonial. C’est l’apartheid.

Nous ne pouvons pas ne pas être attentifs à cette situation des femmes, car c’est elle qui pousse les meilleures d’entre elles à parler de guerre des sexes alors qu’il s’agit d’une guerre de clans et de classes à mener ensemble dans la complémentarité tout simplement. Mais il faut admettre que c’est bien l’attitude des hommes qui rend possible une telle oblitération des significations et autorise par là toutes les audaces sémantiques du féminisme dont certaines n’ont pas été inutiles dans le combat qu’hommes et femmes mènent contre l’oppression. Un combat que nous pouvons gagner, que nous allons gagner si nous retrouvons notre complémentarité, si nous nous savons nécessaires et complémentaires, si nous savons enfin que nous sommes condamnés à la complémentarité.

Pour l’heure, force est de reconnaître que le comportement masculin, fait de vanités, d’irresponsabilités, d’arrogances et de violences de toutes sortes à l’endroit de la femme, ne peut guère déboucher sur une action coordonnée contre l’oppression de celle-ci. Et que dire de ces attitudes qui vont jusqu’à la bêtise et qui ne sont en réalité qu’exutoires des mâles opprimés espérants, par leurs brutalités contre leur femme, récupérer pour leur seul compte une humanité que le système d’exploitation leur dénie.

La bêtise masculine s’appelle sexisme ou machisme, toute forme d’indigence intellectuelle et morale, voire d’impuissance physique plus ou moins déclarée qui oblige souvent les femmes politiquement conscientes à considérer comme un devoir la nécessité de lutter sur deux fronts.

Pour lutter et vaincre, les femmes doivent s’identifier aux couches et classes sociales opprimées : les ouvriers, les paysans…

Un homme, si opprimé soit-il, trouve un être à opprimer : sa femme. C’est là assurément affirmer une terrible réalité. Lorsque nous parlons de l’ignoble système de l’apartheid, c’est vers les Noirs exploités et opprimés que se tournent et notre pensée et notre émotion. Mais nous oublions hélas la femme noire qui subit son homme, cet homme qui, muni de son passbook (laisser-passer), s’autorise des détours coupables avant d’aller retrouver celle qui l’a attendu dignement, dans la souffrance et dans le dénuement.

Pensons aussi à la femme blanche d’Afrique du Sud, aristocrate, matériellement comblée sûrement, mais malheureusement machine de plaisir de ces hommes blancs lubriques qui n’ont plus pour oublier leurs forfaits contre les Noirs que leur enivrement désordonné et pervers de rapports sexuels bestiaux.

En outre, les exemples ne manquent pas d’hommes pourtant progressistes, vivant allègrement d’adultère, mais qui seraient prêts à assassiner leur femme rien que pour un soupçon d’infidélité. Ils sont nombreux chez nous, ces hommes qui vont chercher des soi-disant consolations dans les bras de prostituées et de courtisanes de toutes sortes ! Sans oublier les maris irresponsables dont les salaires ne servent qu’à entretenir des maîtresses et enrichir des débits de boisson. Et que dire de ces petits hommes eux aussi progressistes qui se retrouvent souvent dans une ambiance lascive pour parler des femmes dont ils ont abusé. Ils croient ainsi se mesurer à leurs semblables hommes, voire les humilier quand ils ravissent des femmes mariées.

En fait, il ne s’agit là que de lamentables mineurs dont nous nous serions même abstenus de parler si leur comportement de délinquants ne mettait en cause et la vertu et la morale de femmes de grande valeur qui auraient été hautement utiles à notre révolution.

Et puis tous ces militants plus ou moins révolutionnaires, beaucoup moins révolutionnaires que plus, qui n’acceptent pas que leurs épouses militent ou ne l’acceptent que pour le militantisme de jour et seulement de jour ; qui battent leurs femmes parce qu’elles se sont absentées pour des réunions ou des manifestations de nuit. Ah ! ces soupçonneux, ces jaloux ! Quelle pauvreté d’esprit et quel engagement conditionnel, limité ! Car n’y aurait-il que la nuit qu’une femme déçue et décidée puisse tromper son mari ? Et quel est cet engagement qui veut que le militantisme s’arrête avec la tombée de la nuit, pour ne reprendre ses droits et ses exigences que seulement au lever du jour !

Et que penser enfin de tous ces propos dans la bouche des militants plus révolutionnaires, les uns que les autres sur les femmes ? Des propos comme « bassement matérialistes, profiteuses, comédiennes, menteuses cancanières, intrigantes, jalouses etc, etc… » Tout cela est peut-être vrai des femmes mais sûrement aussi vrai pour les hommes ! Notre société pourrait-elle pervertir moins que cela lorsque avec méthode, elle accable les femmes, les écarte de tout ce qui est censé être sérieux, déterminant, c’est-à-dire au-dessus des relations subalternes et mesquines !

Lorsque l’on est condamné comme les femmes le sont à attendre son maître de mari pour lui donner à manger, et recevoir de lui l’autorisation de parler et de vivre, on n’a plus, pour s’occuper et se créer une illusion d’utilité ou d’importance, que les regards, les reportages, les papotages, les jeux de ferraille, les regards obliques et envieux suivis de médisance sur la coquetterie des autres et leur vie privée. Les mêmes attitudes se retrouvent chez les mâles placés dans les mêmes conditions.

Des femmes, nous disons également, hélas qu’elles sont oublieuses. On les qualifie même de têtes de linottes. N’oublions jamais cependant qu’accaparée, voire tourmentée par l’époux léger, le mari infidèle et irresponsable, l’enfant et ses problèmes, accablée enfin par l’intendance de toute la famille, la femme, dans ces conditions, ne peut avoir que des yeux hagards qui reflètent l’absence, et la distraction de l’esprit. L’oubli, pour elle, devient un antidote à la peine, une atténuation des rigueurs de l’existence, une protection vitale.

Mais des hommes oublieux, il y en a aussi, et beaucoup ; les uns dans l’alcool et les stupéfiants, les autres dans diverses formes de perversité auxquelles ils s’adonnent dans la course de la vie. Cependant, personne ne dit jamais que ces hommes-là sont oublieux. Quelle vanité, quelles banalités !

Banalités dont ils se gargarisent pour marquer ces infirmités de l’univers masculin. Car l’univers masculin dans une société d’exploitation a besoin de femmes prostituées ; Celles que l’on souille et que l’on sacrifie après usage sur l’autel de la prospérité d’un système de mensonges et de rapines, ne sont que des boucs émissaires.

La prostitution n’est que la quintessence d’une société où l’exploitation est érigée en règle. Elle symbolise le mépris que l’homme a de la femme. De cette femme qui n’est autre que la figure douloureuse de la mère, de la soeur ou de l’épouse d’autres hommes, donc de chacun de nous. C’est en définitive, le mépris inconscient que nous avons de nous-mêmes. Il n’y a de prostituées que là où existent des « prostitueurs » et des proxénètes.

Mais qui donc va chez la prostituée ?

Il y a d’abord des maris qui vouent leurs épouses à la chasteté pour décharger sur la prostituée leur turpitude et leurs désirs de stupres. Cela leur permet d’accorder un respect apparent à leurs épouses tout en révélant leur vraie nature dans le giron de la fille dite de joie. Ainsi sur le plan moral, on fait de la prostitution le symétrique du mariage. On semble s’en accommoder, dans les rites et coutumes, les religions et les morales. C’est ce que les pères de l’Église exprimaient en disant qu « il faut des égouts pour garantir la salubrité des palais ».

Il y a ensuite les jouisseurs impénitents et intempérants qui ont peur d’assumer la responsabilité d’un foyer avec ses turbulences et qui fuient les charges morales et matérielles d’une paternité. Ils exploitent alors l’adresse discrète d’une maison close comme le filon précieux d’une liaison sans conséquences.

Il y a aussi la cohorte de tous ceux qui, publiquement du moins et dans les lieux bien pensants, vouent la femme aux gémonies. Soit par un dépit qu’ils n’ont pas eu le courage de transcender, perdant confiance ainsi en toute femme déclarée alors instrumentum diabolicum, soit également par hypocrisie pour avoir trop souvent et péremptoirement proclamécontre le sexe féminin un mépris qu’ils s’efforcent d’assumer aux yeux de la société dont ils ont extorqué l’admiration par la fausse vertu. Tous nuitamment échouent dans les lupanars de manière répétée jusqu’à ce que parfois leur tartufferie soit découverte.

Il y a encore cette faiblesse de l’homme que l’on retrouve dans sa recherche de situations polyandriques. Loin de nous, toute idée de jugement de valeur sur la polyandrie, cette forme de rapport entre l’homme et la femme que certaines civilisations ont privilégiée. Mais dans les cas que nous dénonçons, retenons ces parcs de gigolos cupides et fainéants qu’entretiennent grassement de riches dames.

Dans ce même système, au plan économique la prostitution peut confondre prostituée et femme mariée « matérialiste ». Entre celle qui vend son corps par la prostitution et celle qui se vend dans le mariage, la seule différence consiste dans le prix et la durée du contrat.

Ainsi en tolérant l’existence de la prostitution, nous ravalons toutes nos femmes au même rang : prostituées ou mariées. La seule différence est que la femme légitime tout en étant opprimée en tant qu’épouse bénéficie au moins du sceau de l’honorabilité que confère le mariage. Quant à la prostituée, il ne reste plus que l’appréciation marchande de son corps, appréciation fluctuant au gré des valeurs des bourses phallocratiques.

N’est-elle qu’un article qui se valorise ou se dévalorise en fonction du degré de flétrissement de ses charmes ? N’est-elle pas régie par la loi de l’offre et de la demande ? La prostitution est un raccourci tragique et douloureux de toutes les formes de l’esclavage féminin. Nous devons par conséquent voir dans chaque prostituée le regard accusateur braqué sur la société tout entière. Chaque proxénète, chaque partenaire de prostituée remue un couteau dans cette plaie purulente et béante qui enlaidit le monde des hommes et le conduit à sa perte. Aussi, en combattant la prostitution, en tendant une main secourable à la prostituée, nous sauvons nos mères, nos soeurs et nos femmes de cette lèpre sociale. Nous nous sauvons nous-mêmes. Nous sauvons le monde.

La condition de la femme au Burkina.

Si dans l’entendement de la société, le garçon qui naît est un « don de Dieu », la naissance d’une fille est accueillie, sinon comme une fatalité, au mieux comme un présent qui servira à produire des aliments et à reproduire le genre humain.

Au petit homme l’on apprendra à vouloir et à obtenir, à dire et être servi, à désirer et prendre, à décider sans appel. A la future femme, la société, comme un seul homme et c’est bien le lieu de le dire assène, inculque des normes sans issue. Des corsets psychiques appelés vertus créent en elle un esprit d’aliénation personnelle, développent dans cette enfant la préoccupation de protection et la prédisposition aux alliances tutélaires et aux tractations matrimoniales. Quelle fraude mentale monstrueuse !

Ainsi, enfant sans enfance, la petite fille, dès l’âge de 3 ans, devra répondre à sa raison d’être : servir, être utile. Pendant que son frère de 4, 5 ou 6 ans jouera jusqu’à l’épuisement ou l’ennui, elle entrera, sans ménagement, dans le processus de production. Elle aura, déjà, un métier : assistante-ménagère. Occupation sans rémunération bien sûr car ne dit-on pas généralement d’une femme à la maison qu’elle « ne fait rien ? ». N’inscrit-on pas sur les documents d’identité des femmes non rémunérées la mention « ménagère » pour dire que celles-ci n’ont pas d’emploi ? Qu’elles « ne travaillent pas ? ».

Les rites et les obligations de soumission aidant, nos soeurs grandissent, de plus en plus dépendantes, de plus en plus dominées, de plus en plus exploitées avec de moins en moins de loisirs et de temps libre.

Alors que le jeune homme trouvera sur son chemin les occasions de s’épanouir et de s’assumer, la camisole de force sociale enserrera davantage la jeune fille, à chaque étape de sa vie. Pour être née fille, elle paiera un lourd tribut, sa vie durant, jusqu’à ce que le poids du labeur et les effets de l’oubli de soi physiquement et mentalement la conduisent au jour du Grand repos. Facteur de production aux côtés de sa mère dès ce moment, plus sa patronne que sa maman elle ne sera jamais assise à ne rien faire, jamais laissée, oubliée à ses jeux et à ses jouets comme lui, son frère.

De quelque côté que l’on se tourne, du Plateau central au Nord-Est où les sociétés à pouvoir fortement centralisé prédominent, à l’Ouest où vivent des communautés villageoises au pouvoir non centralisé ou au Sud-Ouest, terroir des collectivités dites segmentaires, l’organisation sociale traditionnelle présente au moins un point commun : la subordination des femmes. Dans ce domaine, nos 8 000 villages, nos 600 000 concessions et notre million et plus de ménages, observent des comportements identiques ou similaires. Ici et là, l’impératif de la cohésion sociale définie par les hommes est la soumission des femmes et la subordination des cadets.

Notre société, encore par trop primitivement agraire, patriarcale et polygamique, faite de la femme un objet d’exploitation pour sa force de travail et de consommation, pour sa fonction de reproduction biologique.

Comment la femme vit-elle cette curieuse double identité : celle d’être le noeud vital qui soude tous les membres de la famille, qui garantit par sa présence et son attention l’unité fondamentale et celle d’être marginalisée, ignorée ? Une condition hybride s’il en est, dont l’ostracisme imposé n’a d’égal que le stoïcisme de la femme. Pour vivre en harmonie avec la société des hommes, pour se conformer au diktat des hommes, la femme s’enferrera dans une ataraxie avilissante, négativiste, par le don de soi.

Femme-source de vie mais femme-objet. Mère mais servile domestique. Femme-nourricière mais femme-alibi. Taillable aux champs et corvéable au ménage, cependant figurante sans visage et sans voix. Femme-charnière, femme-confluent mais femme en chaînes, femme-ombre à l’ombre masculine.

Pilier du bien-être familial, elle est accoucheuse, laveuse, balayeuse, cuisinière, messagère, matrone, cultivatrice, guérisseuse, maraîchère, pileuse, vendeuse, ouvrière. Elle est une force de travail à l’outil désuet, cumulant des centaines de milliers d’heures pour des rendements désespérants.

Déjà aux quatre fronts du combat contre la maladie, la faim, le dénuement, la dégénérescence, nos soeurs subissent chaque jour la pression des changements sur lesquels elles n’ont point de prise. Lorsque chacun de nos 800 000 émigrants mâles s’en va, une femme assume un surcroît de travail. Ainsi, les deux millions de Burkinabé résidant hors du territoire national ont contribué à aggraver le déséquilibre de la sex-ratio qui, aujourd’hui, fait que les femmes constituent 51,7 pour cent de la population totale. De la population résidante potentiellement active, elles sont 52,1 pour cent.

Trop occupée pour accorder l’attention voulue à ses enfants, trop épuisée pour penser à elle-même, la femme continuera de trimer : roue de fortune, roue de friction, roue motrice, roue de secours, grande roue.

Rouées et brimées, les femmes, nos soeurs et nos épouses, paient pour avoir donné la vie. Socialement reléguées au troisième rang, après l’homme et l’enfant, elles paient pour entretenir la vie. Ici aussi, un Tiers Monde est arbitrairement arrêté pour dominer, pour exploiter.

Dominée et transférée d’une tutelle protectrice exploiteuse à une tutelle dominatrice et davantage exploiteuse, première à la tâche et dernière au repos, première au puits et au bois, au feu du foyer mais dernière à étancher ses soifs, autorisée à manger que seulement quand il en reste ; et après l’homme, clé de voûte de la famille, tenant sur ses épaules, dans ses mains et par son ventre cette famille et la société, la femme est payée en retour d’idéologie nataliste oppressive, de tabous et d’interdits alimentaires, de surcroît de travail, de malnutrition, de grossesses dangereuses, de dépersonnalisation et d’innombrables autres maux qui font de la mortalité maternelle une des tares les plus intolérables, les plus indicibles, les plus honteuses de notre société.

Sur ce substrat aliénant, l’intrusion des rapaces venus de loin a contribué à fermenter la solitude des femmes et à empirer la précarité de leur condition.

L’euphorie de l’indépendance a oublié la femme dans le lit des espoirs châtrés. Ségréguée dans les délibérations, absente des décisions, vulnérable donc victime de choix, elle a continué de subir la famille et la société. Le capital et la bureaucratie ont été de la partie pour maintenir la femme subjuguée. L’impérialisme a fait le reste.

Scolarisées deux fois moins que les hommes, analphabètes à 99 pour cent, peu formées aux métiers, discriminées dans l’emploi, limitées aux fonctions subalternes, harcelées et congédiées les premières, les femmes, sous les poids de cent traditions et de mille excuses ont continué de relever les défis successifs. Elles devaient rester actives, coûte que coûte, pour les enfants, pour la famille et pour la société. Au travers de mille nuits sans aurores.

Le capitalisme avait besoin de coton, de karité, de sésame pour ses industries et c’est la femme, ce sont nos mères qui en plus de ce qu’elles faisaient déjà se sont retrouvées chargées d’en réaliser la cueillette. Dans les villes, là où était censée être la civilisation émancipatrice de la femme, celle-ci s’est retrouvée obligée de décorer les salons de bourgeois, de vendre son corps pour vivre ou de servir d’appât commercial dans les productions publicitaires.

Les femmes de la petite-bourgeoisie des villes vivent sans doute mieux que les femmes de nos campagnes sur le plan matériel. Mais sont-elles plus libres, plus émancipées, plus respectées, plus responsabilisées ? Il y a plus qu’une question à poser, il y a une affirmation à avancer. De nombreux problèmes demeurent, qu’il s’agisse de l’emploi ou de l’accès à l’éducation, qu’il s’agisse du statut de la femme dans les textes législatifs ou dans la vie concrète de tous les jours, la femme burkinabè demeure encore celle qui vient après l’homme et non en même temps.

Les régimes politiques néo-coloniaux qui se sont succédés au Burkina n’ont eu de la question de l’émancipation de la femme que son approche bourgeoise qui n’est que l’illusion de liberté et de dignité. Seules les quelques femmes de la petite-bourgeoisie des villes étaient concernées par la politique à la mode de la « condition féminine » ou plutôt du féminisme primaire qui revendique pour la femme le droit d’être masculine. Ainsi la création du ministère de la Condition féminine, dirigée par une femme fut-elle chantée comme une victoire.

Mais avait-on vraiment conscience de cette condition féminine ? Avait-on conscience que la condition féminine c’est la condition de 52 pour cent de la population burkinabè ? Savait-on que cette condition était déterminée par les structures sociales, politiques, économiques et par les conceptions rétrogrades dominantes et que par conséquent la transformation de cette condition ne saurait incomber à un seul ministère, fût-il dirigé par une femme ?

Cela est si vrai que les femmes du Burkina ont pu constater après plusieurs années d’existence de ce ministère que rien n’avait changé dans leur condition. Et il ne pouvait en être autrement dans la mesure où l’approche de la question de l’émancipation des femmes qui a conduit à la création d’un tel ministère-alibi, refusait de voir et de mettre en évidence afin d’en tenir compte les véritables causes de la domination et de l’exploitation de la femme. Aussi ne doit-on pas s’étonner que malgré l’existence de ce ministère, la prostitution se soit développée, que l’accès des femmes à l’éducation et à l’emploi ne se soit pas amélioré, que les droits civiques et politiques des femmes soient restés ignorés, que les conditions d’existence des femmes en ville comme en campagne ne se soient nullement améliorées.

Femme-bijou, femme-alibi politique au gouvernement, femme-sirène clientéliste aux élections, femme-robot à la cuisine, femme frustrée par la résignation et les inhibitions imposées malgré son ouverture d’esprit ! Quelle que soit sa place dans le spectre de la douleur, quelle que soit sa façon urbaine ou rurale de souffrir, elle souffre toujours.

Mais une seule nuit a porté la femme au coeur de l’essor familial et au centre de la solidarité nationale.

Porteuse de liberté, l’aurore consécutive du 4 août 1983 lui a fait écho pour qu’ensemble, égaux, solidaires et complémentaires, nous marchions côte à côte, en un seul peuple.

La révolution d’août a trouvé la femme burkinabè dans sa condition d’être assujettie et exploité par une société néo-coloniale fortement influencée par l’idéologie des forces rétrogrades. Elle se devait de rompre avec la politique réactionnaire, prônée et suivie jusque-là en matière d’émancipation de la femme, en définissant de façon claire un politique nouveau, juste et révolutionnaire.

Notre révolution et l’émancipation de la femme

Le 2 octobre 1983, le Conseil national de la révolution a clairement énoncé dans son Discours d’orientation politique l’axe principal du combat de libération de la femme. Il s’y est engagé à travailler à la mobilisation, à l’organisation et à l’union de toutes les forces vives de la nation, et de la femme en particulier. Le Discours d’orientation politique précisait à propos de la femme : « Elle sera associée d tous les combats que nous aurons à entreprendre contre les diverses entraves de la société néo-coloniale et pour l’édification d’une société nouvelle. Elle sera associée à tous les niveaux de conception, de décision et d’exécution dans l’organisation de la vie de la nation tout entière ».

Le but de cette grandiose entreprise, c’est de construire une société libre et prospère où la femme sera l’égale de l’homme dans tous les domaines. Il ne peut y avoir de façon plus claire de concevoir et d’énoncer la question de la femme et la lutte émancipatrice qui nous attend.

« La vraie émancipation de la femme c’est celle qui responsabilise la femme, qui l’associe aux activités productrices, aux différents combats auxquels est confronté le peuple. La vraie émancipation de la femme, c’est celle qui force la considération et le respect de l’homme ».


Cela indique clairement, camarades militantes, que le combat pour la libération de la femme est avant tout votre combat pour le renforcement de la Révolution démocratique et populaire. Cette révolution qui vous donne désormais la parole et le pouvoir de dire et d’agir pour l’édification d’une société de justice et d’égalité, où la femme et l’homme ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. La Révolution démocratique et populaire a créé les conditions d’un tel combat libérateur. Il vous appartient désormais d’agir en toute responsabilité pour, d’une part, briser toutes les chaînes et entraves qui asservissent la femme dans les sociétés arriérées comme la nôtre, et pour, d’autre part, assumer la part de responsabilité qui est la vôtre dans la politique d’édification de la société nouvelle au profit de l’Afrique et au profit de toute l’humanité.

Aux premières heures de la Révolution démocratique et populaire, nous le disions déjà : « l’émancipation tout comme la liberté ne s’octroie pas, elle se conquiert. Et il incombe aux femmes elles-mêmes d’avancer leurs revendications et de se mobiliser pour les faire aboutir ». Ainsi notre révolution a non seulement précisé l’objectif à atteindre dans la question de la lutte d’émancipation de la femme, mais elle a également indiqué ta voie à suivre, les moyens à mettre en oeuvre et les principaux acteurs de ce combat. Voilà bientôt quatre ans que nous oeuvrons ensemble, hommes et femmes, pour remporter des victoires et avancer vers l’objectif final.

Il nous faut avoir conscience des batailles livrées, des succès remportés, des échecs subis et des difficultés rencontrées pour davantage préparer et diriger les futurs combats. Quelle oeuvre a été réalisée par la Révolution démocratique et populaire dans l’émancipation de la femme ?

Quels atouts et quels handicaps ?

L’un des principaux acquis de notre révolution dans la lutte pour l’émancipation de la femme a été sans conteste la création de l’Union des femmes du Burkina, (UFB). La création de cette organisation constitue un acquit majeur parce qu’elle a permis de donner aux femmes de notre pays un cadre et des moyens sûrs pour victorieusement mener le combat. La création de l’UFB est une grande victoire parce qu’elle permet le ralliement de l’ensemble des femmes militantes autour d’objectifs précis, justes, pour le combat libérateur sous la direction du Conseil national de la révolution. L’UFB est l’organisation des femmes militantes et responsables, déterminées à travailler pour transformer [la réalité], à se battre pour gagner, à tomber et retomber, mais à se relever chaque fois pour avancer sans reculer.

C’est là une conscience nouvelle qui a germé chez les femmes du Burkina, et nous devons tous en être fiers. Camarades militantes, l’Union des femmes du Burkina est votre organisation de combat. Il vous appartient de l’affûter davantage pour que ses coups soient plus tranchants et vous permettent de remporter toujours et toujours des victoires. Les différentes initiatives que le Gouvernement a pu entreprendre depuis un peu plus de trois ans pour l’émancipation de la femme sont certainement insuffisantes, mais elles ont permis de faire un bout du chemin au point que notre pays peut se présenter aujourd’hui à l’avant-garde du combat libérateur de la femme. Nos femmes participent de plus en plus aux prises de décision, à l’exercice effectif du pouvoir populaire.

Les femmes du Burkina sont partout où se construit le pays, elles sont sur les chantiers : le Sourou (vallée irriguée), le reboisement, la vaccination-commando, les opérations « Villes propres », la bataille du rail, etc. Progressivement, les femmes du Burkina prennent pied et s’imposent, battant ainsi en brèche toutes les conceptions phallocratiques et passéïstes des hommes. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que la femme au Burkina soit partout présente dans le tissu social et professionnel. Notre révolution, durant les trois ans et demi, a oeuvré à l’élimination progressive des pratiques dévalorisantes de la femme, comme la prostitution et les pratiques avoisinantes comme le vagabondage 3t la délinquance des jeunes filles, le mariage forcé, l’excision et les conditions de vie particulièrement difficiles de la femme.

En contribuant à résoudre partout le problème de l’eau, en contribuant aussi à l’installation des moulins dans les villages, en vulgarisant les foyers améliorés, en créant des garderies populaires, en pratiquant la vaccination au quotidien, en incitant à l’alimentation saine, abondante et variée, la révolution contribue sans nul doute à améliorer les conditions de vie de la femme burkinabè.

Aussi, celle-ci doit-elle s’engager davantage dans l’application des mots d’ordre anti-impérialistes, à produire et consommer burkinabè, en s’affirmant toujours comme un agent économique de premier plan, producteur comme consommateur des produits locaux.

La révolution d’août a sans doute beaucoup fait pour l’émancipation de la femme, mais cela est pourtant loin d’être satisfaisant. Il nous reste beaucoup à faire.

Pour mieux réaliser ce qu’il nous reste à faire, il nous faut d’avantage être conscients des difficultés à vaincre. Les obstacles et les difficultés sont nombreux. Et en tout premier lieu l’analphabétisme et le faible niveau de conscience politique, toutes choses accentuées encore par l’influence trop grande des forces rétrogrades dans nos sociétés arriérées.

Ces deux principaux obstacles, nous devons travailler avec persévérance à les vaincre. Car tant que les femmes n’auront pas une conscience claire de la justesse du combat politique à mener et des moyens à mettre en oeuvre, nous risquons de piétiner et finalement de régresser.

C’est pourquoi, l’Union des femmes du Burkina devra pleinement jouer le rôle qui est le sien. Les femmes de l’UFB doivent travailler à surmonter leurs propres insuffisances, à rompre avec les pratiques et le comportement qu’on a toujours dit propres aux femmes et que malheureusement nous pouvons vérifier encore chaque jour par les propos et comportements de nombreuses femmes. Il s’agit de toutes ces mesquineries comme la jalousie, l’exhibitionnisme, les critiques incessantes et gratuites, négatives et sans principes, le dénigrement des unes par les autres, le subjectivisme à fleur de peau, les rivalités, etc… Une femme révolutionnaire doit vaincre de tels comportements qui sont particulièrement accentués chez celles de la petite-bourgeoisie. Ils sont de nature à compromettre tout travail de groupe, alors même que le combat pour la libération de la femme est un travail organiséqui a besoin par conséquent de la contribution de l’ensemble des femmes.

Ensemble nous devons toujours veiller à l’accès de la femme au travail. Ce travail émancipateur et libérateur qui garantira à la femme l’indépendance économique, un plus grand rôle social et une connaissance plus juste et plus complète du monde.

Notre entendement du pouvoir économique de la femme doit se départir de la cupidité vulgaire et de la crasse avidité matérialiste qui font de certaines femmes des bourses de valeurs-spéculatrices, des coffres-forts ambulants. Il s’agit de ces femmes qui perdent toute dignité, tout contrôle et tout principe dès lors que le clinquant des bijoux se manifeste ou que le craquant des billets se fait entendre. De ces femmes, il y en a malheureusement qui conduisent des hommes aux excès d’endettement, voire de concussion, de corruption. Ces femmes sont de dangereuses boues gluantes, fétides, qui nuisent à la flamme révolutionnaire de leurs époux ou compagnons militants. De tristes cas existent où des ardeurs révolutionnaires ont été éteintes et où l’engagement du mari a été détourné de la cause du peuple par une femme égoïste et acariâtre, jalouse et envieuse.

L’éducation et l’émancipation économique, si elles ne sont pas bien comprises e

Queen Mafa

“Soutenir les femmes face au changement climatique”. Un appel lancé à l’occasion de la...

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Soutenir les femmes face au changement climatique. C’est la mission que se sont donnés le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes et les Délégations aux Droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat, en mettant en place la plateforme « Femmes et Climat ».


Soutenir les femmes face au changement climatique. C’est la mission que se sont donnés le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes et les Délégations aux Droits des femmes de l’Assemblée nationale et du Sénat, en mettant en place la plateforme « Femmes et Climat ». Un site sur lequel ils ont lancé un appel au soutien, qui a déjà réuni près de 900 signatures.

Cette initiative, lancée à l’occasion de la COP 21, a pour vocation de protéger notamment les femmes issues des pays en développement. Car, comme l’explique la plateforme, ce sont elles les « premières victimes du dérèglement climatique”. Et ce pour quatre raisons :

Une baisse de leurs revenus

Alors que dans les pays en voie de développement les femmes s’occupent de 60 à 80 % de la production agricole, elles ne touchent cependant que 10 % des revenus. Le réchauffement climatique va entraîner une baisse du nombre de terres cultivables et ainsi une baisse de leurs revenus. Rappelons qu’à l’heure actuelle en Afrique et en Asie, 70% de la population vivant sous le seuil de pauvreté sont des femmes.

Les femmes, premières victimes des catastrophes naturelles

Qui dit dérèglement climatique dit augmentation du nombre de catastrophes naturelles. Une véritable menace, surtout pour les femmes qui, selon un rapport de l’ONU, ont 14 fois plus de chance de mourir face à ce type d’événement. Et ce, parce qu’elles n’ont souvent pas été formées à la survie. Pour preuve, lors du dernier tsunami au Bangladesh en 2007, deux tiers des victimes étaient des femmes.Lire la suite

Queen Mafa

Des décisions majeures ont été prises pour améliorer la gestion de l’eau dans l’espace...

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La 4ème Session du Comité Ministériel de Suivi (CMS) de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Dakar le 27 novembre dernier. Les 15 Ministres en charge des ressources en eau de la CEDEAO ont abordé des sujets d’importance capitale concernant la gestion des ressources naturelles.


La 4ème Session du Comité Ministériel de Suivi (CMS) de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en Afrique de l’Ouest, s’est tenu à Dakar le 27 novembre dernier. Les 15 Ministres en charge des ressources en eau de la CEDEAO ont abordé des sujets d’importance capitale concernant la gestion des ressources naturelles.

La première décision importante a porté sur le renforcement de la coordination des actions de la GIRE en Afrique de l’Ouest et une meilleure protection de la ressource

« L’eau est la ressource des ressources naturelles puisque sans elle il n’y a pas de vie et encore moins de biodiversité. C’est une ressource que se disputent des acteurs de niveaux de culture et d’objectif souvent très diversifiés, voire contradictoires. Elle est plus rare dans les zones arides et semi arides du continent mais elle reste partout, un enjeu vital. » a déclaré Pr. Aimé J. NIANOGO, Directeur régional du programme Afrique Centrale et Occidentale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). De ce fait, l’eau est un facteur incontournable dans tout processus de développement socio-économique. Pour les pays d’Afrique de l’ouest, les enjeux de sa gestion se posent en termes de lutte contre la pauvreté pour la satisfaction des besoins fondamentaux de la population en augmentation croissante d’une part, et en termes de renforcement de l’intégration régionale pour anticiper les crises climatiques et politiques liées à l’eau d’autres parts.

Pour M. Diène FAYE, Secrétaire d’Etan à l’Hydraulique, du Sénégal, il est indispensable que la CEDEAO renforce ses capacités humaines, techniques et financières afin de mieux coordonner l’opérationnalisation de la GIRE au niveau régional.

Pour cette raison, les ministres de l’eau à la CEDEAO ont faits une forte recommandation allant dans le sens du renforcement des capacités humaines et budgétaire du Centre de Coordination des Ressources en Eau (CCRE) afin de lui permettre d’assumer son rôle de leadership dans la mise en œuvre de la GIRE au niveau de la sous-région.

Les infrastructures hydrauliques doivent garantir le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement

Le Conseil a également souligné l’importance d’investir dans les infrastructures naturelles pour une meilleure protection de la ressource en eau. Il a encouragé à cette fin la CEDEAO et l’UICN à poursuivre le processus de promotion de l’approche de gestion intégrée des écosystèmes en Afrique de l’Ouest en vue de l’adoption par les instances politiques de la CEDEAO d’un Mécanisme Régional de Concertation sur la Gestion Intégrée des Ecosystèmes.

La seconde mesure prise par le Comité Ministériel de Suivi de la GIREest l’approbation du projet de directive sur le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest. Un projet qui est l’aboutissement des concertations régionales sur le développement des grands projets d’infrastructures hydrauliques dans l’espace CEDEAO, communément appelé « dialogue barrages ».

Il s’agit d’inscrire le concept de développement durable dans la construction et l’exploitation des infrastructures hydrauliques afin de garantir un partage équitable des bénéfices pour toutes les populations, avec le moins d’impacts négatifs possible sur l’environnement et les performances économiques.

En effet, environ 150 barrages ont été construits en Afrique de l’Ouest et 40 supplémentaires sont en en projet ou en cours de réalisation. Les besoins en énergie et en irrigation pour la sécurité alimentaire, dans un contexte de variabilité climatique, sont les principales raisons de ces projets de développement complexes et coûteux. Cependant, les expériences de la région ont montré que ces projets d’infrastructures hydrauliques doivent et peuvent être améliorés pour contribuer à un développement inclusif et harmonieux entre les États Membres et à l’intégration régionale dans le secteur de l’eau en Afrique de l’Ouest.

Cette 4ème session du Comité Ministériel de Suivi de la GIRE a été précédée, les 24 et 25 novembre, par la 10ème Session du Comité Technique des Experts (CTE) qui a permis de préparer des recommandations à soumettre aux ministres pour adoption. Organisée par le Département chargé de l’Agriculture, l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO, à travers le CCRE, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et l’Institut International pour l’Environnement et le Développement (IIED) dans le cadre des programmes Global Water Initiative (GWI) et le Partenariat pour la gouvernance environnementale en Afrique de l’Ouest (PAGE) ,a été cofinancée par la Commission de la CEDEAO, les coopérations britannique et suédoise (UKAid et Asdi) et la Fondation Howard G. Buffett (HGBF).

Synthèse de Fatouma Ouattara

Pour plus d’informations

Le communiqué final de la 4ème session ordinaire du Comité Ministériel de Suivi (CMS)

Les lignes directrices pour le développement d’infrastructures hydrauliques en Afrique de l’Ouest