Un conjoint qui fuit le lit conjugal, une femme dont le cœur bat à chaque fois qu’elle entend parler de relation sexuelle… C’est évidemment une situation stressante et préoccupante. Au cours du panel sur les 16 jours d’activisme organisé par OL Shop, le 7 décembre 2025 à Ouagadougou, Moussa Sawadogo, communicateur a évoqué quelques cas vécus dans les foyers notamment le viol, l’accouchement et l’excision.
Plusieurs sujets comme l’accouchement ont été abordés par le communicateur. Selon Moussa Sawadogo, certains hommes qui ont assisté à l’accouchement de leurs femmes en sortent choqués et traumatisés face à ce qu’ils ont vu. « Conséquence : ils ne touchent plus leurs femmes après les avoir vues souffrir et c’est fini en matière de relation sexuelle. Ils restent bloqués. », a-t-il déclaré. Cela porte un coup dur à l’harmonie du couple.
Pendant les échanges, une participante a posé une question à savoir si dans le couple, la fille ou la femme doit révéler à son conjoint avoir été victime de viol. « S’il commence à te reprocher certains de tes comportements qui sont liés au traumatisme du viol, je pense que l’idéal serait de lui en parler. S’il t’aime vraiment, il va rester. Mais, s’il part, c’est qu’il ne veut pas accepter qui, tu es réellement », a expliqué le panéliste.
Lire aussi 16 jours d'activisme contre les VBG : OL Shop initie un panel pour briser le silence
Selon ses explications, « Une femme victime de viol ou d’agression sexuelle peut avoir tendance à fuir les hommes quand on lui fait la cour. Elle sera très méfiante car son rapport au sexe peut être problématique. C’est-à-dire qu’elle voit le sexe comme source de problème au lieu d’une source de plaisir ».
Il poursuit : « Si un homme l’approche, elle peut avoir des comportements auxquels l’homme ne s’attend pas ou des comportements qu’il ne comprend pas. Pour la bonne marche de la relation, elle doit lui avouer la vérité même si c’est difficile ».
Prenant le cas d’une femme qui a été excisée, Moussa Sawadogo explique : « Vous savez qu’il y a plusieurs formes d’excision. Il y a des femmes qui ont été excisées de telle sorte qu’à chaque fois qu’elle font l’amour avec un homme, c’est une douleur atroce et incroyable qu’elles ressentent ».
Dans pareille situation, Moussa Sawadogo conseille aux femmes d’en parler avec leurs partenaires, de leur expliquer le mal qu’elles vivent lorsqu’il y a rapport sexuel. Il soutient : « S’il t’aime vraiment, il va t’accompagner. Je connais des hommes qui ont envoyé leurs femmes à des chirurgies réparatrices parce qu’elles avaient subi une excision qui les a mises dans des situations où elles ne vivaient plus leur sexualité de façon épanouie ».
Lire aussi : Baskuy : Le centre de prise en charge de Violences basées sur le Genre (VBG) sollicite de l’accompagnement
Le fait que les hommes soutiennent leurs partenaires qui ont vécu ces genres de traumatisme, contribue à leur remonter le moral et à les aider à guérir. Moussa Sawadogo pense que se taire alors qu’on a des problèmes liés au sexe, tue l’amour à petit feu parce des sujets comme celui-là ne doit plus être un tabou. « C’est entre vous, accompagnez-vous! Mais, si vous vous taisez, alors que cela conditionne votre comportement inconsciemment, ça ne va pas », a-t-il conclu.
Françoise Tougry
Abdoulaye Ouédraogo
Queenmafa.net









