L’aventure des Étalons du Burkina Faso à la Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 s’est brutalement arrêtée en huitième de finale, le 6 janvier dernier, face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire. Une défaite nette et sans appel (3-0), qui laisse derrière elle, un goût amer, aussi bien chez les supporters que chez les observateurs du football burkinabè.
Avant cette rencontre décisive, cette belle affiche de match a fait couler beaucoup d’encre sur les réseaux sociaux. On a parlé, décortiqué les matchs antérieurs entre les deux équipes, imaginé plus d’un scénario de classement dans l’écurie, fait des pronostics. L’espoir était permis car les Étalons, avaient montré un visage combatif lors des matchs précédents, nourrissant l’ambition d’un parcours honorable. Mais face à une solide équipe ivoirienne, la réalité du terrain a été tout autre.
Pour Erwan Compaoré, journaliste au journal Lefaso.net, la déception a été profonde. « Je me sens comme malade, un peu comme si je m’étais fait battre personnellement. La désillusion a été totale du début jusqu’à la fin du match », a-t-il confié avec un air abasourdi.
Un sentiment largement partagé par les supporters. Farida Ouédraogo a avoué être passé de la confiance à la frustration. « Nous étions confiants avant le coup d’envoi. Mais, nous avons terminé la rencontre avec beaucoup de frustrations », a-t-elle lancé.
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Un naufrage collectif
Au-delà du score, c’est surtout la prestation globale de l’équipe qui interpelle. Manque d’envie, absence de caractère, faiblesse tactique.., les critiques convergent. Armand Sankara, supporter des Étalons, est catégorique. « À aucun moment, on n’a senti une équipe qui avait envie de gagner. On avait l’impression qu’ils sont entrés sur le terrain déjà vaincus », a-t-il souligné, déconcerté.
Le journaliste sportif Saydou Ismaël Ganamé va plus loin dans son analyse. « C’était un match fade, insipide, du même acabit que certaines lourdes désillusions passées. J’ai ressenti un sentiment de honte face à cette prestation », a-t-il mentionné.
Selon lui, cette élimination est avant tout, le symptôme d’un problème plus profond : l’absence d’identité de jeu et de construction sur la durée. Contrairement à la Côte d’Ivoire, bâtie méthodiquement autour d’un système clair, le Burkina Faso peine à trouver une cohésion collective.
Des choix tactiques pointés du doigt
Si les joueurs n’échappent pas aux critiques, l’encadrement technique est également mis en cause. Plusieurs intervenants estiment que les choix tactiques opérés n’étaient pas adaptés à l’enjeu du match. Le milieu de terrain, en particulier, a été unanimement pointé comme le maillon faible.
« Une fois la bataille du milieu perdue, c’était déjà mort pour le Burkina Faso », estime Armand Sankara.
Farida Ouédraogo parle quant à elle, d’un milieu « quasi inexistant », incapable de créer du jeu ou de soulager la défense.
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Tous derrière les Étalons
Malgré la déception, certains appellent à la patience et à la reconstruction. L’équipe reste jeune, avec des individualités prometteuses. Mais, le collectif reste à bâtir.
Erwan Compaoré résume l’état d’esprit général. « Individuellement, nos joueurs sont des pépites. Mais collectivement, ils ne se connaissent pas encore. Avec le temps et une vision claire, les automatismes viendront », a-t-il soutenu.
D’autre part, le message est clair. Il faut exiger plus de fierté et d’engagement, sans pour autant tourner le dos à l’équipe nationale. « Chaque Étalon qui porte ce maillot doit se souvenir qu’il porte des millions de Burkinabè sur son dos », a rappellé Armand.
Entre colère et espoir
La CAN Maroc 2025 restera comme une grande désillusion pour le Burkina Faso. Une compétition marquée par des espoirs rapidement éteints. Mais aussi, par une prise de conscience collective : sans projet clair, sans identité de jeu et sans cohésion durable, les ambitions resteront fragiles.
Pour autant, le peuple burkinabè continue de croire en ses Étalons. Car, comme le rappelle Farida Ouédraogo, « Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes. La Patrie ou la Mort, nous vaincrons ».
Fabrice Sandwidi/Queenmafa.net









