À Bobo-Dioulasso, une quinzaine de femmes ont été traduites devant le tribunal correctionnel pour des faits de racolage dans le quartier Petit-Paris. Interpellées lors d’une opération de police fin décembre 2025, elles ont été jugées le 13 janvier 2026 pour des faits jugés attentatoires à la tranquillité des riverains.
Le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso a examiné, le mardi 13 janvier 2026, une affaire de racolage impliquant une quinzaine de femmes interpellées dans le quartier Petit-Paris. Les prévenues, âgées pour la plupart de jeunes adultes, étaient poursuivies pour avoir abordé des passants dans le but de proposer des rapports sexuels contre rémunération, un délit prévu et puni par l’article 533-20 du Code pénal burkinabè.
Les faits remontent à la nuit du 30 décembre 2025, aux environs de 22 heures, lorsqu’une unité de la Police nationale est intervenue dans ce quartier après une plainte collective déposée par des habitants. Ces derniers dénonçaient des nuisances répétées et une présence nocturne jugée envahissante, perçue comme une source d’insécurité morale pour les familles, notamment les femmes et les enfants.
À la barre, les femmes mises en cause ont présenté des versions diverses des faits. Certaines ont reconnu pratiquer le racolage de manière occasionnelle ou régulière, admettant proposer leurs services dans la rue ou aux abords de lieux de divertissement nocturne.
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D’autres ont nié toute activité de prostitution, affirmant se trouver à Petit-Paris pour des raisons personnelles, telles qu’une visite, un rendez-vous ou un déplacement privé.
Les auditions ont révélé des parcours de vie marqués par la précarité. Plusieurs prévenues ont évoqué des situations de vulnérabilité économique, la perte d’un soutien familial ou l’obligation de subvenir seules à leurs besoins.
Certaines ont assumé les faits, parlant de tarifs modestes et de conditions de vie difficiles, tandis que d’autres ont déclaré vouloir mettre fin à cette activité et se tourner vers de petits commerces pour assurer leur subsistance.
Parmi les femmes poursuivies figuraient également une femme mariée, mère de six enfants, qui a contesté les faits reprochés, ainsi qu’une expatriée ayant reconnu louer une chambre à Petit-Paris pour y exercer la prostitution avec d’autres femmes.
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Dans ses réquisitions, le ministère public a souligné la réalité du phénomène du racolage dans certains quartiers de Bobo-Dioulasso et ses répercussions sur l’ordre public. Il a requis la relaxe de trois prévenues au bénéfice du doute et, pour les autres, une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis assortie d’une amende de 250 000 francs CFA, dont 50 000 francs CFA ferme.
Le tribunal a suivi ces réquisitions. Trois femmes ont été relaxées, tandis que douze autres ont été reconnues coupables de racolage et condamnées à trois mois de prison avec sursis et au paiement de l’amende requise.
Source : Sidwaya









